dimanche 2 juillet 2017

Le match France Angleterre

Le match France Angleterre ? En rugby c'est plié : ce sont les anglais qui gagnent. Depuis longtemps, trop longtemps.

Pour le reste ? En apparence, la France revient dans le match : Macron vs Theresa May, Brexit vs no Frexit, l'Euro vs Pound, même les attentats terroristes semblent avoir "choisis" leur camp : tentatives échouées en France et massacres en Angleterre.

Pauvres anglais ! Vraiment ?

Je n'en suis pas si certain : regardons les choses en face sous l'angle de l'anecdote (ou de la vraie vie) et sous l'angle économique (micro et macro).

L'anecdote d'abord : observations facilitées par le fait qu'une de mes filles fait actuellement ses études en Angleterre : l'université anglaise : chère, sélective, avec d'énormes moyens, mais accessible à toutes les bourses avec un système de prêt de l’État. Une organisation impeccable. Pour un candidat français, la mention bien au bac est le minimum. coté français : gratuité, absence de sélection, engorgement, informatique et tirage au sort à la rescousse, profs et élèves absentéistes ... Ensuite, voyons le premier emploi : en Angleterre,  aucun problème pour recruter des jeunes diplômés : on en recrute chaque année et on garde à la fin de l'année les meilleurs (50%). Les autres iront tenter leur chance ailleurs. Dur mais motivant, tout le monde a sa chance. En France, c'est tellement difficile de licencier qu'on ne prend au départ que les "meilleurs supposés", tant pis pour les autres ...

Le métro : à Londres, tranquillité totale pendant le trajet : aucun mendiant, sans-abri ou migrants, ni dans les stations ni dans les trains. A Paris, c'est le harcèlement continu, sans compter les odeurs permanentes, le métro s'étant transformé en une gigantesque toilette publique ...

On pourrait multiplier les exemples à l'infini, bien sûr cela n'empêche pas les erreurs ou les drames (exemple : l'incendie de la Grenfell Tower ...).

En économie, alors ? Charles Gave sur son site de l'Institut des libertés démontre la force du système britannique fondé sur l'individu par rapport à l'étatisme français. L'appauvrissement relatif de la France et des français est flagrant. En écho, Xerfi dans ses excellentes video économiques met en lumière la disparition en France de l'excédent de la balance des services après celle de l'industrie.

Le problème de la France est simple : le poids de l’État est tel que la croissance des acteurs privés est bridée. Pour la faire repartir, il faut le baisser. Mais cela passe par des économies qui semblent aujourd'hui impossibles (transferts sociaux et allocations permettent à une partie des banlieues de survivre, et dépenses publiques à des millions de fonctionnaires inutiles de vivre). Il n'y aura pas d'amélioration jusqu'à la crise de la dette qui pourrait venir plus tôt qu'on ne le pense, en fait dès que les banques centrales arrêteront la folie de l'hyper création monétaire actuelle.

France Angleterre ? Je parie sur l'Angleterre à 10 ans, malgré le Brexit ou Theresa May



samedi 29 avril 2017

Le Front National à 40%

Le Front National à 40% dimanche soir ? C'est ce que prédisent les sondages et ce serait une vraie victoire pour Marine Le Pen qui pourrait se targuer d'avoir rassemblé plus de 10 millions d’électeurs sur son nom

40 % : pourquoi et quelles conséquences ?

Pourquoi ? En raison bien sûr de l'échec des gouvernements depuis 30 ans à favoriser la croissance économique et à lutter contre le chômage. C'est la raison principale à la montée du Front National qui est aujourd'hui en tête au premier tour dans des milliers de communes rurales. La deuxième, c'est la montée de l'insécurité (souvent vécue le plus durement par les mêmes : cf les 570 zones de non-droit recensées en France) et l'explosion du terrorisme. Le vote FN est le thermomètre qui donne la fièvre d'un malade : la France.

Quelles conséquences ? Le Front National a un passé qui permet - à une grande partie des intellectuels - de le ranger dans la catégorie des partis anti-démocratique. La "dédiabolisation" engagée par Marine Le Pen depuis son accession à la tête du parti et ses succès répétés aux élections créé un phénomène hystérique : ceux qui votent "pour" se voyant au porte du pouvoir et ne supportant pas de ne pas y accéder, et ceux qui sont persuadés du caractère anti-démocratique du parti sont à la fois inquiets et indignés que tant de leur compatriotes ne les suivent pas : "Comment peut-on s'abstenir de voter Macron ?" est la première source d'indignation de 60% des électeurs et de 95% des élites. Une deuxième conséquence tient à la coupure en 2 de la France qui n'a jamais été aussi forte : 40% ce n'est pas 40% partout : c'est 20% dans les grandes villes et zones urbaines et 60% dans les zones rurales. C'est 70% chez les ouvriers, les employés, les forces de police, les chômeurs, les désespérés de la vie. 

Alors ? Comme à chaque élection, le gagnant dira que le résultat du FN l'oblige. Sauf que sans changer son logiciel il risque fort d'échouer comme ses prédécesseurs. Une conséquence nouvelle cette fois-ci, et c'est sans doute l'objectif réel de l'alliance de Nicolas Dupont-Aignan avec Marine Le Pen, la possibilité de créer un vrai groupe à l'assemblée nationale pour le FN rendra plus incertaine encore la stabilité parlementaire (on a vu comment la scission des "frondeurs" a fortement pénalisé l'action de François Hollande)

Une dernière réflexion sur la campagne elle-même qui prend le tour qu'on sait pour les raisons que je viens de rappeler avant : je serais Emmanuel Macron (ce qu'à dieu ne plaise car je ne voudrais vraiment pas être à sa place ....), je demanderais à mes soutiens d'arrêter d'inonder les médias de leurs oukases et anathèmes, et aux médias eux-même de faire preuve d'un semblant d'impartialité car je craindrais que le français moyen (le "beauf" de Cabu) ne finisse par s’énerver. Allez, 2 pistes de "taquineries" par exemple : l'exonération de 80% des français de la taxe d'habitation n'est-elle pas une mesure démagogique qui va lourdement pénaliser le budget de l’État et des communes ? Proposer aux travailleurs indépendants de pouvoir bénéficier du chômage à l'instar des intermittents du spectacle, est-ce bien raisonnable ?




lundi 24 avril 2017

Fin de parcours pour la droite

J'avais commencé un article sur Macron mais je me suis ravisé. J'aurai sans doute 5 années pour disséquer les failles du personnage. Disons juste que je ne lui donne pas plus de chance que Hollande pour réussir !

Parlons des partants : le PS fait une fausse sortie, de plus pour un parti au pouvoir c'est plutôt normal. Certes, le parti semble en lambeau mais l'idée de gauche n'a jamais été aussi prégnante en France : communisme, trotskysme, anti-capitalisme, écologisme, gauche, extrême gauche ....

Pour la droite, c'est une vrai sortie. C'est la première fois qu'un parti de gouvernement ne récupère pas la Présidence après avoir été dans l'opposition (Mitterrand et Chirac ayant été réélus en période de cohabitation)

Quel bilan pour la droite depuis 40 ans ? Cela nous ramène à 1977 : les législatives de 1978 sont gagnées de justesse par la droite après la rigueur du plan Barre. C'est la dernière vrai victoire. Depuis, c'est division, trahison des personnes et des idées, et impuissance (Chirac président 2 fois pour rien). La droite a essayé en 1988 de défendre un bon bilan économique (Chirac Balladur) mais les français ont préféré "Tonton". Depuis, la France a été abonnée aux échecs économiques, nouveaux impôts et redistribution à gogo par la gauche sans jamais que la droite ne remette cela en cause. Bien entendu, au plan économique le Front National n'est pas une alternative au programme classique de la droite et sa présence au 2ème tour n'est en rien une consolation.

L'idée que Fillon puisse faire mieux que Barre ou Balladur, 2 "brillants" premiers ministres apôtres de la rigueur m'avait dés le résultat des primaires de la droite paru douteux tant je sais les français prompts à écouter les démagogues pour éviter tout effort, pour eux, sinon pour les autres (dans les autres comprendre les riches ...)

J'ai déjà eu l'occasion de le dire : c'est le syndrome de mai 1940. Nous savons qu'il y a des efforts à faire mais nous les refusons et l'effondrement vient brutalement. Je prédis depuis longtemps que c'est par une crise sur notre dette que viendra notre nouvel effondrement. Il viendra brutalement, sans prévenir, et en quelques mois. Quand ? C'est la question. Pour l'instant c'est plutôt calme sur le front de la dette (comme pendant l'hiver 39-40).

lundi 17 avril 2017

Une analyse politique à J-6

L'élection présidentielle s'annonce incertaine. Selon les sondages, 4 candidats peuvent prétendre au 2ème tour.

Examinons la situation sous ses différents angles : au plan politique, d'abord : les candidats vont de l’extrême gauche à l'extrême droite en passant par le centre et la droite classique. Jusque là rien que de très banal, sauf que c'est la première fois que l'extrême gauche peut prétendre au 2 ème tour, que la gauche classique - le PS - est quasiment éliminée, que le centre (autrefois Bayrou) a sa chance et que la droite classique est si faible (les avanies personnelles de Fillon). Une chose est certaine, quelque soit le résultat de la présidentielle, les législatives s'annoncent aussi incertaines.

Sous l'angle de la personnalité des candidats, nous avons un tribun castriste (Jean-Luc Mélanchon) qui harangue des foules de plus en plus nombreuses (mais cela ne fait pas un résultat à la présidentielle). Un jeune homme bien sous tout rapport : Emmanuel Macron, qui s'excuse à tout bout de chant ("pardon de vous dire"). Une Marine Le Pen plus à l'aise en meeting qu'en débat (être femme en talon, c'est difficile ...). Un François Fillon provocateur et droit dans ses bottes(n'est-ce pas Juppé ?)

Au plan économique maintenant, angle non négligeable pour un pays surendetté et au bord du gouffre. Est-il nécessaire de perdre du temps à commenter le programme de Jean-Luc Mélanchon ? Les résultats de la désormais fameuse alliance bolivarienne se suffisent à eux-mêmes. Le programme de François Fillon est celui d'une droite classique tel qu'il a peut-être été tenté seulement par les premiers ministres Barre et Balladur, avec de bons résultats économiques mais sans suite. Les 2 programmes les plus intéressants à commenter me semble-t-il car incertains sont ceux de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Ce dernier va dans la mauvaise direction sur 3 points fondamentaux : la hausse de la CSG vs TVA, l'exonération de la taxe d'habitation et la nationalisation de l'Assedic. Une taxe et 2 nouvelles dépenses susceptibles de renforcer l’asphyxie de l'économie française. Quand au programme du Front National, il mélange le meilleur et le pire. Le pire, les dépenses sociales en hausse financées par le déficit, le meilleur le retour à la souveraineté nationale avant que nous soyons chassés de la zone euro par nos partenaires (le fameux "femmes et schnap" du ministre des finance néerlandais).




mercredi 22 mars 2017

La faute de Macron

Emmanuel Macron a récemment sorti de son chapeau une mesure totalement démagogique et inquiétante : l'exonération de la taxe d'habitation de 80% des contribuables (!). A elle seule, cette idée le discrédite au plan économique à moins qu'elle ne reflète sa vision ultime de la société française idéale : 20% des français payant pour les 80% restants.

D'abord, au plan politique, il faut convenir que si cela pouvait fonctionner, ce serait l'assurance d'être réélu ad vitam, car même si un certain pourcentage des 80% pouvait être déçus par d'autres aspects des programmes, on peut imaginer que le socle des satisfaits serait suffisant pour être toujours réélu.

Bien sûr, c'est une chimère, car cela ne peut pas fonctionner au plan économique. Il n'y a aucune raison que 20% de la population accepte de subventionner les 80% restants. Toutes les expériences entreprises ont montré que le niveau de production et de création de richesse baisse et que les stratégies d'échappement à l'impôt finissent par créer une telle pauvreté que le système meure de lui-même.

Parmi les expériences : l'Angleterre travailliste des années 70, l'Union soviétique et les pays de l'Est, Cuba ou le Venezuela. Dans tous ces pays, la production privée -étouffée sous les taxes où l’Étatisme - a tout simplement renoncé et il a fallu repartir à zéro.

Revenons à notre ami christique ("Emmanuel") : il a trouvé la pierre philosophale : commencer son quinquennat en réduisant les impôts de la moitié des français (en fait une partie des 80% est déjà exonéré mais ce n'est pas grave cela lui permet de faire du buzz ...). L’État compensera nous dit-il. L’État, ce sont les impôts des français de moins en moins nombreux qui en payent.

Comment cela sera-t-il compensé ? Par une forte hausse de la CSG. Entre la hausse de la dette et des taux d'intérêts, les nombreuses mini bombes à retardement laissé par Hollande, le début du quinquennat risquerait d'être vraiment difficile avec ce genre de mesure. Notons que lors du premier débat, les autres candidats - comme incrédules face à une telle proposition - n'ont curieusement fait aucune surenchère dans ce domaine.

En tout cas, cette sortie fiscale curieuse, dangereuse et emblématique confirme la dangerosité de confier le sort du pays à un jeune néophyte illuminé et impulsif comme Macron. Reste qui ?





mercredi 8 mars 2017

L'état de la France

Aux États-Unis, l'état de l'union est présenté chaque début d'année au Congrès par le Président.

Faisons le nôtre

Les indicateurs économiques sont tous au rouge : dette publique qui atteint 2200 milliards d'€, déficit commercial en janvier au plus haut historique à -8  milliards d'€. Déficit budgétaire (hors comptes spéciaux) en forte hausse en janvier sous le poids des dépenses de personnel (+3% !) et de la charge de la dette. La croissance 2016 est finalement nettement moindre que prévue et que l'an dernier, et plus faible que dans la moyenne de l'UE.

Le climat en banlieue est explosif : l'affaire Théo en étant la mèche allumée devant un baril de poudre. Un Lycée a failli être incendié avec ses élèves dedans par d'autres mineurs dont 8 viennent d'être déférés devant la justice.

L'agriculture française est aux abois, coincée entre l'embargo russe et la crise répétée de la grippe aviaire.

Les 3 candidats en tête des sondages sont éclaboussés par des scandales et compromissions qui dégoute une grosse partie des français. Les scandales touchant le candidat Macron, favori des médias, sont pour l'instant savamment occultés, mais jusqu’à quand ?

Si on continue comme ça, on n'aura même pas besoin de sortir de l'Euro pour être en faillite.

lundi 13 février 2017

La triple impasse

Il ne peut échapper à tout observateur lucide que la France est dans une triple impasse : économique, politique et sécuritaire.

Impasse économique d'abord : pas un indicateur qui ne soit en dégradation absolue ou relative (c'est à dire en comparaison de l'Allemagne, notre principal voisin et concurrent). Dettes, déficit budgétaire, déficit des régimes sociaux et du chômage, emploi et commerce extérieur. Sur tous ces plans, les résultats sont catastrophiques. Seule la faiblesse des taux d'intérêts nous permet de tenir, mais pour combien de temps. Un système ou tout passe par la case impôts et cotisations pour être déversé d'une façon égalitaire sur des gens qui ne travaillent pas ou en profitent ne fonctionne pas. Tous les pays qui ont essayé sont allés vers la faillite.

Impasse politique ensuite : l'affaire Fillon achève de jeter le discrédit sur la classe politique française. Des indicateurs simple comme l'évolution des budgets de l'Assemblée Nationale et du Sénat depuis 40 ans sont édifiants : les hommes politiques se sont servis et plus les résultats - droite et gauche confondue - étaient médiocres, plus ils s'augmentaient.

Impasse sécuritaire enfin : on voit l'état de nos banlieues. Sur ce plan, j'aurai une simple suggestion : qu'on arrête de faire semblant. Les contrôles d'identités - impossibles en Grande-Bretagne puisque la carte d'identité n'existe pas - doivent être supprimés : seules les arrestations pour flagrance doivent être autorisées. Le canabis doit être légalisé et encadré comme aux Pays-Bas, pays où on peut d'ailleurs choisir - à ses risques et périls - de conduire un scooter sans casque.

Depuis plus de 40 ans - je situerai avec Giscard - les hommes politiques veulent se mêler de tout. Le problème étant qu'en confondant les causes et les conséquences, à chaque fois qu'ils s'attaquent à un problème ils ne font que l'aggraver. En ce sens - et sans que j'en sois aucunement un partisan - l'idée d'Emmanuel Macron de refuser d'avoir un programme est plutôt novatrice. Problème, c'était une bonne idée il y a 40 ans. Aujourd'hui que nous sommes dans l'impasse, il faudrait peut-être essayer d'en sortir

jeudi 2 février 2017

L'affaire Fillon

Pitoyables avait dit Clinton des électeurs tentés par le vote Trump alors qu'elle était elle-même empêtrée dans de nombreux scandales d'état, on connait le résultat

L'affaire Fillon est à la fois caricaturale et emblématique. L'anathème contre les médias et la gauche est également lancé (les électeurs sont quand même épargnés).

Bien sûr, dans quelques jours, quelques semaines, ou un mois ou deux, François Fillon renoncera à la course présidentielle. Plus tard cela se produira, moins la droite classique aura de chance de le remplacer avec succès.

L'affaire est caricaturale : une personne qui clame partout qu'elle est sans activité aura finalement été payée plus en 10 ans d'inactivité qu'un salarié moyen dans toute sa carrière (2000 € net par mois x 12 x 35 ans = 840 000€). L'absence de transparence se transforme en mensonge familial répété et multiple. Dans beaucoup de pays, ce seul fait vaudrait exclusion immédiate et définitive de la vie publique. Pas en France !

L'affaire est également emblématique, et c'est là qu'elle devient intéressante.

Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs facteurs, d'abord, depuis 40 ans les élus n'ont cessé de se servir : à ce titre, l'analyse des budgets du Sénat et de l'Assemblée Nationale est édifiante. Ce sont de véritables explosions de dépenses. Il est certain que dans ce contexte, on s'habitue à tout.

La jalousie ensuite : beaucoup d'énarques ont des amis qui sont allés dans le privé et "gagnent dix fois plus". Dans ce contexte, on n'en n'a jamais assez. 10 000€ par mois pour quelqu'un sans expérience et qui ne maîtrise même pas le français ne semble pas poser de problème.

Le sentiment d'impunité ensuite : les lois limitant le népotisme sont rares, il n'est pas interdit d'employer des membres de sa famille. Ce que beaucoup de mairie font à petite dose, les députés et sénateurs le pratiquent à haute dose.

Heureusement, il y a encore des journalistes pour sortir ses affaires que les électeurs supportent de moins en moins. A l'inverse, je ne serais pas fier d'avoir signé la tribune du Figaro de ce jour, qui n'honore pas non plus le journal. Gageons que dans peu de temps certains signataires se mordront les doigts d'avoir pris cette initiative. En tout cas, l'histoire des élections présidentielles nous apprend que s'il y a parfois des remontés tardives dans les sondages, les chutes sont toujours irrémédiables et se prolongent dans le temps jusqu'à l'élection.

François Fillon n'a plus aucune chance de gagner l'élection, tant sa chute dans les sondages depuis 2 mois est prononcée. Puisse son affaire permettre de faire progresser la loi et la pratique de l'assistance parlementaire, comme l'affaire Cahuzac avait fait progresser la loi sur la transparence financière des politiques.


mercredi 12 octobre 2016

Pitoyables !

Pitoyables ! C'était le jugement sans appel de Hillary Clinton sur les électeurs de Donald Trump.

Bien sûr, elle pouvait rajouter les vantardises sexistes de Trump dans le lot (Kennedy faisait la même chose avec des starlettes, mais à l'époque les enregistreurs vidéo étaient plus gros et donc plus difficile à utiliser en cachette ...). Et elle aussi, entre l'abandon de l'ambassadeur américain en Libye tué par Daech, les milliers d'e-mail confidentiels échangés sur sa messagerie privée et les mails actuellement sortis par Wikileaks qui achèvent de dresser un portrait particulièrement cynique de la dame ("j'ai 2 avis, un pour le public et un pour Wall Street", entre autre ...). Le pauvre Bernie (Sanders) doit se retourner dans sa tombe (politique).

Assez parlé de nos amis américains. Et nos pitoyables à nous ? Remontons un peu l'histoire et dressons notre Nobel des pitoyables.

Commençons par Giscard et Chirac dont les comportements et combats d'égo ont amené Mitterrand au pouvoir en 81. Ensuite, ce dernier qui baisse l'âge de la retraite et démarre une longue période de démagogie consistant à distribuer de l'argent qu'on n'a pas (mais il se reprendra un peu avec la "rigueur" et le maintien dans l'Europe). Plus près de nous, Jospin et sa dame Aubry avec les 35 heures comme cadeau de noce aux allemands pour fêter l'euro (ils en ont bien profité les bougres), et tout près Hollande avec sa fausse rigueur (surtout que je t'augmente les impôts et les dépenses).

Ah ils sont beaux nos pitoyables, et ils nous coûtent cher en plus même quand ils ont fini de sévir (merci quand même à Hollande qui dans un éclair de clairvoyance en a réduit le coût juste avant de quitte la scène).


vendredi 19 août 2016

Pas de bol !

J'ai pas eu de bol ....

J'ai augmenté les impôts et ça a pesé sur la croissance.

J'ai multiplié les lois anti-entreprises et le chômage a augmenté

J'ai ciblé les classes moyennes par les impôts et la mise sous condition de revenus des allocations familiales et je les ai découragé

J'ai fait arrêté le programme de construction de prisons et nommé ministre de la justice une femme politique révolutionnaire anti répression et j'ai vu exploser la délinquance

J'ai repris les recrutements de fonctionnaires, repris les augmentations générales des fonctionnaires et vu les dépenses de personnel ré-augmenter

J'ai décrété la formation de masse de 700 000 chômeurs pour faire baisser artificiellement le chômage mais je n'avais pas imaginé que les chômeurs seraient attentifs à la qualité de la formation proposée et que cela prendrait autant de temps à mettre en œuvre

Ma ministre de la santé a décrété la CMU pour de plus en plus, la nationalisation de la médecine libérale et l'explosion du reste à charge en limitant les remboursements des mutuelles pour les cochons de payants

J'ai décrété la guerre totale à Daesh sans prendre aucune mesure de protection de la population et je m'étonne de la multiplication des attentats sur le sol français qui fait fuir les touristes. Je n'ose même plus organiser les hommages nationaux qui me remontaient le moral.

J'ai pas eu de bol avec le climat : inondations terribles et récoltes de blé en baisse historique. Cela n'arrange pas l'affaire de mes paysans que j'avais déjà ruiné avec l'embargo russe.

J'ai pas eu de bol, je me suis fait piqué à ma première escapade incognito en scooter pour aller voir ma douce Julie.

Qu'est ce que j'ai fait au bon dieu ? Ah, le mariage pour tous, oui c'est vrai mais c'est y a si longtemps. Et puis je suis quand même retourné voir le Pape depuis !

Pas de bol que ça s'arrête, la place était quand même pas mauvaise. Oui, j'ai pris du poids c'est vrai. Faudra que je le perde.

samedi 16 juillet 2016

300 morts plus tard ....

Dès le jour de l'attentat de Charlie-Hebdo j'étais convaincu que cet attentat qui faisait suite à ceux de Merah et Menouche signerait le début d'une longue série si des mesures drastiques n'étaient pas prises.

Elles ne l'ont pas été, et un an et demi plus tard, on se retrouve avec 300 victimes comme au pire moment de l'OAS.

Je pense  qu'on va monter dans l'horreur, tant nous sommes vulnérables et nos ennemis d'une imagination et de moyens sans limite.

Même s'il est toujours impossible d'assurer une sécurité totale, on peut tenter de lister les mesures qui finiront bien par être prises lorsque l'opinion publique ne supportera plus cette accumulation de victimes ou aura trop peur pour soi-même.

La première, c'est la fin de Schengen et la reprise d'un vrai contrôle des frontières. C'est certainement la raison du Brexit et ce sera celle du Frexit si rien n'est fait. Attention, il devra s'agir d'un vrai contrôle à la japonaise ou à la Singapour, pas un semblant de contrôle. Cela coûtera très cher et remettra complètement en cause nos habitudes.

La seconde c'est la tolérance zéro pour l'immigration clandestine et les migrants officiels : les migrants clandestins doivent pouvoir être envoyés chez eux sans intervention de la justice, et tout migrant officiel (notre chauffeur-livreur tunisien) doit être renvoyé dans son pays dès la première condamnation par la justice.

La troisième, c'est la neutralisation préventive de tous les radicalisés : un camp militaire de type Guantanamo doit être construit d'urgence en Guyane avec une capacité de 5000 places, et tous les individus convaincus de radicalisme doivent y être exilés et emprisonnés à vie.

Les bonnes âmes diront, c'est impossible !

Pas de soucis, alors, déposez des fleurs, allumez des bougies et créez des "hashtag". Mais gardez votre énergie sur le long-terme car vous aurez vraiment besoin. Combien de morts êtes vous prêts à accepter ? 1000 ? 10000 ?  Et si dans les dix prochaines années un attentat chimique ou nucléaire pouvait être évité grâce à une des mesures cités, seriez vous toujours d'accord pour vous y opposer ?


vendredi 15 juillet 2016

La France nage dans le sang et dans le déni

Le sang : les 84 morts et 50 blessés en urgence absolu de l'attentat de Nice. Une pensée pour les victimes, qui n'avaient pour seul tort que d'être au mauvais endroit et au mauvais moment.

Le déni (ou délire ) :

Le premier :  la qualification toujours hésitante d'attentat par certains médias. Le terroriste aurait arrêté le ramadan, ce ne serait pas un bon musulman .... La belle affaire ! Évidemment se posera la question importante des complicités ou de l'aide éventuelle qu'il a reçu. Mais quand bien même aurait-il agit tout seul, comment peut-on imaginer qualifier cet acte d'autre chose que d'acte terroriste. La préméditation ne fait pas de doute, l'attentat a malheureusement été exécuté avec sang-froid, quant au questionnement sur les armes factices, pourquoi pas s'il n'avait rien d'autre. Ce questionnement est une insulte aux victimes et s'il devait perdurer serait pris pour un camouflage pitoyable.

Le second : la nationalité du terroriste. Il semble acquis qu'il s'agisse d'un tunisien ayant un permis de séjour et ayant eu affaire à plusieurs reprises à la justice française. Le questionnement de savoir ce qu'il faisait en France ne semble pas avoir dépassé les réseaux sociaux. Pour régler le problème, la moitié des médias le qualifie de Franco-tunisien, semblant mélanger adresse et nationalité ! C'est dire

Le troisième enfin : sécuritaire : on peut s'interroger sur les mesures prises - ou non - pour sécuriser les rassemblements de masse. Il est certain que le seul moyen d'éviter un camion fou dans une foule c'est un système de filtrage bien en amont et avec des équipements spécifiques (herses). Ce n'est pas forcément très beau à voir mais c'est la seule chose efficace.

Le dernier enfin : la fin de Daesh ne signifiera pas la fin du terrorisme islamiste. Daesh a succédé à Al Quaida et une autre organisation succèdera à Daesh. Sommes nous prêt à lutter efficacement contre le terrorisme islamiste en France. Pour l'instant, la réponse semble être, c'est inutile puisque les jours de Daesh sont comptés. Le réveil sera cruel pour nous.


dimanche 3 juillet 2016

L'aveuglement (à l'occasion du décès de Michel Rocard)

Avouons le, dans la série des hommes politiques, Rocard faisait plutôt figure de sympa. Éternel "looser" et souffreteux face au rusé Mitterand, maire de Conflans-Sainte-Honorine (ça ne s'invente pas pour un homme de gauche), bref sympa. Depuis hier soir, c'est un déferlement de louanges qui s'abat sur le créateur du RMI et de la CSG.

Hier, avant la nouvelle, je regardais par hasard la courbe vertigineuse de la dette publique. Rocard n'y aura pas été pour rien. Il aura fait coup double en fait, puisqu'il y a 2 façon d'y contribuer : créer une dépense qui ne sera que partiellement financée (le RMI) et créer une nouvelle taxe qui fera croire aux successeurs qu'ils ont une marge de manoeuvre pour à nouveau augmenter les dépenses (la CSG)

RMI plus CSG c'était un fameux coup double, les 2 jambes de la dépense publique ! L'avalanche de louanges et l'absence totale d'esprit critique montre trop bien l’avachissement sans espoir dans lequel nous sommes tombés. Ensuite les 35 heures et maintenant le compte pénibilité dont la (fausse) bécasse qui nous tient de ministre de la santé s'émerveille sans se poser plus de question qu'une fois de plus la France est le seul pays à mettre en place de telles mesures.

Les livres d'histoire qui auront à traiter de la faillite de la France et de la longue période de fuite en avant qui l'aura précédée auront vraiment beaucoup de travail pour essayer de comprendre cette étonnante et longue période d'aveuglement et de léthargie qui a saisi un peuple ayant de nombreux atouts.



vendredi 24 juin 2016

Brexit (finalement)

Le Brexit sanctionne l'échec de l'union européenne. Tous les européens censés savent que l'explosion du chômage, du terrorisme et de l'immigration en Europe sont avant tout la conséquence de l'ineptie des politiques communautaires et de nos gouvernants.

Les anglais n'ont pas dit non à Hitler pour accepter d'être noyés sous la vase générée par la médiocrité bureaucratique de Bruxelles. Que vont-ils devenir maintenant ? Ils souffriront dans un premier temps, s'adapteront à la nouvelle donne et rebondiront. Ils resteront un partenaire de choix des autres pays européens. D'ores et déjà on peut noter que 3 économies performantes : Suisse, Royaume-Uni (ou Angleterre si on met de coté l’Écosse qui excite tant les commentateurs qui oublient qu'elle a toujours été du coté des vaincus ...) et Norvège ne font pas partie de l'union européenne.

Que les anglais ne s'inquiètent pas trop par ailleurs, le camp des "out" risque de s'agrandir lors des prochaines années : difficile de dire quel pays est le plus susceptible de les rejoindre dans les prochaines années. Enfin, entendre notre président parler d'harmonie fiscale veut tout dire. Il est absolument sidérant de constater la bonne conscience de nos gouvernants qui ont pris la parole aujourd’hui et s'imaginent vraiment porteurs de solutions.

A ceux-là, je conseille d'analyser l'évolution de la production par habitant sur les 30 dernières années en France (expérience socialiste ou socialisante selon les gouvernements en place), et de la comparer à celle des Pays-Bas, du Royaume-Uni, et de l'Allemagne. Ils seront bien obligé de constater l'appauvrissement relatif considérable de notre pays.

Mais qui voudra, en Europe, de nos remèdes et de nos solutions ?




dimanche 19 juin 2016

Brexit ou pas : aucune importance pour l'avenir de l'Europe

A court terme, le Brexit aurait sans doute des conséquences sur les marchés financiers mondiaux. A moyen-terme, il en aurait aussi sur l'économie et sur la vie politique du Royaume-Uni : instabilité économique et politique, et remise sur la table de l'indépendance de l'Ecosse, très europhile. A long-terme, les anglais s'en sortiront toujours : ils ont déjà eu de maintes occasions de prouver leur endurance et leur capacité de résistance face à des circonstances adverses.

Mais quelles conséquences pour l'Europe ? 2 scénarios s'opposent : dans le premier, d'autres pays suivraient l'exemple du Royaume-Uni et le Brexit pourrait jouer le rôle du détonateur. Dans l'autre scénario, au contraire, l'expulsion du mauvais joueur renforcerait la solidarité et l'efficacité de l'Europe.

Je risque un pronostic tout à fait différent : le Brexit ou non n'a aucune importance car il masque les maux qui rongent l'Europe et qui la feront exploser de toute façon dans les 10 prochaines années : immigration incontrôlée, incapacité à se défendre contre le terrorisme, échec de la politique de convergence avec les 2 principales économies européennes : l'Allemagne et la France qui suivent des routes opposées, essor des partis extrémistes ou europhobes. La France est clairement l'enfant malade de l'Europe avec un endettement toujours aussi incontrôlé et une incapacité à réformer qui augure - dans le contexte des prochaines élections présidentielles - de grandes difficultés. Souvenons nous que c'est un changement de majorité en Grèce qui a fait exploser la crédibilité du pays et a amené son quasi-défaut de paiement. Pourquoi pas en France ?

Le Brexit, c'est un des bons élèves de la classe qui se demande s'il va continuer à aller en cours ou réviser chez lui. Sa décision n'a aucun impact sur les cancres qui eux vont en cours pour chahuter. Ni en bien ni en mal (nb : les rêves journalistiques selon lesquels la place de Paris pourraient profiter fortement d'un Brexit me semblent à cet égard totalement irréalistes)

dimanche 29 mai 2016

L'état de la France en mai

Rien de nouveau sous le soleil (ou les orages) du mois de mai : en dépit des apparences, l'état de la France est stationnaire :

Le gouvernement vient de mettre en ligne sur son excellent site "Le forum de la performance" dont le nom est à lui seul un programme, la certification par la cour des comptes des chiffres 2015 concernant la situation financière de la France. En résumé, si on va plus loin que le satisfecit de nos (gros) ministres concernés, Sapin et Eckert, et qu'on va naviguer dans les 75 pages du rapport de la cour des comptes, on y découvre (mais cela n'étonnera personne) qu'en gros l'état ne contrôle rien et que la cour des comptes est bien incapable de vérifier quoi que ce soit. Le bilan et le compte de résultat de la France (je ne savais qu'il y en avait un) affichent cependant des chiffres qui signifieraient la faillite pour n'importe quelle entreprise.

Juste 2 exemples, alors que le déficit est annoncé en forte baisse à 70 Mrds d'€ (pas mal quand même), le résultat comptable 2015 ressort à -82 Mrd d'€ presque stable p/r à 2014. Allez comprendre. J'ai lu également que le trésor profite de la forte baisse des taux d'intérêts pour prolonger les maturités de ses emprunts sur 20 ans et récupérer en échange du cash qui vient réduire - artificiellement - le coût de la dette sur l'année.

"Ça va mieux" nous dit Hollande, et sa ministre du travail met le pays à feu et à sang avec sa loi travail dont tous les économistes sérieux s'accordent sur le pronostic qu'elle n'aura qu'un impact limité sur l'emploi - avec par ailleurs l'aide très efficace de la CGT. Le secteur du tourisme est désespéré et on ne peut que s'interroger sur le hasard que constitue la répétition à la SNCF de graves pannes paralysant le trafic depuis quelques jours. L'Euro va bientôt démarrer en France dans les pires conditions possibles et la DGSI s'inquiète de l'imminence de graves attentats islamistes remettant en cause l'apparent calme sur le front des mouvements nationalistes islamophobes (termes pris dans le sens de la propagande officielle).

Pendant ce temps, les marchés financiers continuent imperturbablement de financer la France à moins de 1% à 10 ans, avec la bénédiction de la BCE et au plus grand dam des épargnants allemands.

Alors, pourquoi changer ce qui ne fonctionne pas mais dont le prix à payer est reporté sur les générations futures ? Nos créanciers nous rendent vraiment un très mauvais service.  Ça va mieux ? Non ça va pareil !




vendredi 6 mai 2016

François Hollande est un mauvais homme sans doute

Bien sûr les lecteurs auront compris : je fais mienne la sentence de notre premier ministre (Donald Trump est un mauvais homme sans doute) et je l'applique à notre Président !

Passons sur le danger qu'il y a pour un homme politique de prendre parti dans une élection qui se déroule dans un pays étranger. Bien sûr, courageusement Manuel Valls fait le pari que Trump perdra les élections et que son avis lui vaudra une reconnaissance de son adversaire. Mais s'il gagnait ? Passons également sur le coté révélateur du terme "mauvais" qui s'oppose à "bon". Il aurait pu dire - sans forcément se tromper totalement - qu'il était populiste et manquait parfois d'élégance. Non, il est mauvais, tout simplement. On a compris dans l'idée d'un premier ministre socialiste qui sont les bons et les mauvais en France, pas besoin de faire un dessin.

Alors, 4 ans après "bon homme" ou "mauvais homme" François Hollande ?

Bonhomme (faussement), certainement. Mais guère plus.

Très mauvais homme en fait celui qui a eu l'idée inouïe en arrivant au pouvoir d'augmenter les impôts dans un pays déjà champion du monde des impôts. Je note que cette perspective - annoncée et attendue dès début 2012 avec les premiers sondages donnant Sarkozy perdant et le fameux discours du Bourget (la Finance mon ennemi) - a cassé la croissance qui redémarrait en France depuis 2009 avec un point haut en 2011. Très mauvais homme également celui qui a eu l'idée non moins folle d'augmenter les dépenses sociales à tout va (retraite, allocations, emplois aidés, hausse des effectifs de la fonction publique, hausse des salaires, suppression de la journée de carence, RSA pour les jeunes annoncé, hausse du point d'indice des fonctionnaires annoncée ....).

Alors ? certes la chance a joué en faveur de notre mauvais homme (il a la "baraka", c'est la crainte de ceux qui cauchemardent de sa réélection) : des taux d'intérêts très bas liés à la politique des banques centrales sur lesquelles nous n'avons aucune prise et des rentrées d'argent exceptionnelles liées aux régularisation de fraudes fiscales dues à l'action contre les paradis fiscaux et à des fuites sur les bénéficiaires de comptes bancaires ont permis de sauver la mise, pour un effet très temporaire. Mais, lorsque l'hiver sera venu (fin des taux d'intérêt bas et des régularisations), que dira la fourmi allemande à la cigale hollandaise (pas des Pays-bas vous aviez compris) "Vous chantiez ? J'en suis fort aise. Et bien, dansez maintenant".

François Hollande : Un mauvais homme sans doute, un homme imprévoyant certainement.


mercredi 27 avril 2016

De la pénalisation des clients des prostituées en France

Plusieurs réflexions sur la loi qui vient d'être votée en France après 2 années de polémiques et allers retours législatifs.

D'abord, un rappel historique : le terme "le plus vieux métier du monde" est certes éculé mais pas totalement faux. Rappelons simplement qu'à Rome les praticiens avaient une épouse pour les enfants et des prostituées pour le sexe, le plaisir et l'amour. A la fin du 19ème siècle et notamment au second Empire, de nombreux hôtels particuliers luxueux seront offerts à des "simili-actrices" par leurs riches amoureux, milliardaires ou banquiers. Pendant la seconde guerre mondiale, Paris sera transformé en vaste lupanar pour les soldats allemands, ce qui vaudra aux maisons-close d'être fermées après la guerre. Aujourd'hui, Cuba et la Thailande sont de véritables bordels à ciels ouverts.

La prostitution sera interdite en France, elle ne l'est pas dans la plupart de ses pays voisins : Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Belgique et Pays-Bas. La loi n'étant pas applicable hors du pays, les clients ayant les moyens et n'ayant pas envie de prendre le moindre "risque" (on reviendra là-dessus) n'auront que l'embarras du choix.

La loi sera-t elle respectée ? Bien sûr que non : la France est le pays n°1 pour la consommation du cannabis en Europe loin devant les Pays-Bas où elle est légalisée. Certes, cependant, une amende de 5ème catégorie (équivalent à une agression à coup de couteau), 1500 €, l'inscription dans le casier judiciaire, sa compagne ou sa femme au courant, l'estampillage "pervers sexuel" devrait en faire réfléchir plus d'un. Les hôtels de luxe parisien ont du souci à se faire quand on sait le nombre de chambres louées par des Escorts de luxe russes ou des pays de l'est. Notons par ailleurs que pour ce qui concerne la prostitution haut de gamme liée au Business, pas de soucis à se faire, la Suisse et ses bordels sont déjà très accueillants; après, il suffit d'organiser un séminaire à Bangkok ou à Cuba et le tour est joué. Imagine-t-on un grand contrat sans du champagne et des filles ?

Au plan législatif, la chose sera intéressante ; ce sera la première fois qu'une offre (la prostituée) sera tout à fait légale mais que la demande (le client) sera interdite. Est-ce vraiment constitutionnel ? Il sera intéressant d'avoir l'avis du conseil constitutionnel sur ce sujet, tout comme de savoir si le principe de libre disposition de son corps n'est pas un peu raboté quand le "disposeur" risque une lourde amende ?

La prostitution masculine vers les femmes sera-t-elle également dans le viseur ? On imagine la délectation des féministes et députées ayant voté la loi lorsque le premier client - la queue basse certainement -sera amené au poste et "cuisiné". Mais une femme ayant payé un homme - et il y en a - pourrait-elle subir le même sort ?

Sur le plan de la condition des prostituées, et pour prendre l'exemple de la Suède que l'on cite beaucoup, il semble que beaucoup s'accordent pour dire que la prostitution s'est déplacée en Suède mais n'a pas du tout disparue : très clandestine pour le client sans moyen et sur des bateaux bordels aux limites des eaux territoriales suédoises pour les autres, où les prostituées vivent dans des conditions très pénibles.

La dignité de la femme ? Et la pornographie - faut-il l'interdire ainsi que les affiches provocantes en haut des kiosques ? Et les femmes qui se font massacrer pour une jupe ou un refus du port du foulard (mais ce sont des putes justement dira-t-on ...). La censure des sites internet proposant des Escorts sera intéressante à suivre, cela nous mettra dans le camps des pays censurant internet (Chine et pays islamiques ou communistes), est-ce possible techniquement, légalement ? Concernant, les viols : près de 100 000 viols par an en France, la plupart impunis. Doit-on en parler moins sous prétexte que certains assimilent la prostitution à un viol (ce qui a été tenté mais abandonné car sinon il fallait poursuivre aux assises chaque client ....). Au vu des viols impunis on espère simplement que la chasse aux clients ne se fera pas au détriment de celle des violeurs.

Au plan de la sécurité intérieure enfin, et dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, on sait ce que la police en pense, outrée que la chasse au client puisse également détourner des moyens et des effectifs à bout de souffle ...

Sur le plan moral, notons que les sites incitant ouvertement à l’adultère sont autorisés (dont certains spécialisés pour les femmes) alors que cela reste un motif de divorce. La drague sur internet est bien sûr parfaitement morale et légale, on peut imaginer qu'après la promulgation de la loi (si tant est qu'elle le soit), un certain mélange des genres se fera. Attention à la confusion entre "cadeau d'amoureux ou de gentleman" et "rémunération prohibée d'une relation tournant finalement à la prostitution", compliqué .....

Quand au client marié qui voyait de temps en temps une prostituée ou une Escort, pas de problème : il lui suffira de s'inscrire sur un site de rencontre. Évidemment, les risques sont certainement plus grands (notamment par désir parfois de se mettre en couple), mais cela permettra de rester dans la légalité.

Quand à la prostitution étudiante, notons que des pays comme la Chine, la Corée et le Japon ont développé le "concept" de la jeune maîtresse officielle : jeune étudiante "aidée" par un riche homme d'affaires ou homme politique sur toute la durée de ses études. De telles pratiques pourraient-elles malgré tout se développer et seraient-elles contraires à la loi ?


Un dernier point de vue : la France est un pays qui adore les principes, les concepts et les lois mais qui ne se soucie pas vraiment de leur respect et de leur conséquence. En ce sens, cette loi sur la pénalisation des clients des prostituées n'est pas étonnante. Passons sur le fait qu'elle pénalisera autant (sinon plus) les prostituées que les clients. On n'osera pas penser par ailleurs - sous peine d'être accusé de racisme - qu'elle préfigure une sorte de charia islamique mais il serait intéressant d'analyser l'essor de la prostitution à Dubaï, formellement interdite et en même temps extrêmement développée. France-Dubaï même combat ou situation antagoniste ? L'avenir le dira.



 




dimanche 10 avril 2016

Les 2 cancers de la France

Sully, ministre du roi Henri IV disait que labourage et paturage étaient les 2 mamelles de la France.

Aujourd'hui, la France n'a plus de quoi nourrir ses enfants car elle a 2 cancers dont il est difficile de prévoir lequel sera le premier fatal.

cancer économique d'abord : 2 100 milliards de dette publique, en augmentation de 1 000 milliards en un peu plus de 10 ans. Résultat d'une politique économique centrée sur la subvention du non-travail et son corollaire : l'hyper-taxation du travail. Politique économique guère pratiquée qu'au Venezuela, à Cuba et en Corée du Nord dont nous nous masquons les effets en raison de la richesse - supposée - des ménages surtout détenteurs d'un patrimoine immobilier et d'assurances-vie véritables créances sur un failli. Tous les experts indépendants le disent : ce n'est pas tenable, à la prochaine hausse - inévitable - des taux d’intérêts, le système explose. A ce sujet, le discours faussement naïf mais véritablement insultant d'un ministre de l'économie sur le soi-disant redressement des comptes publics ne fait qu'ajouter l'insulte à la douleur.

Le cancer sociétal ensuite : j'aurai pu l'appeler social mais cela aurait été réducteur. Il y a dans tout pays des contraintes et des crises sociales. Aux Etats-Unis par exemple, la réduction de la classe moyenne et l'augmentation des inégalités constitue certainement une crise sociale mais qui n'a rien de sociétale. Sans être un spécialiste de ce pays, on sent bien que cet excès et cette crise peut certainement être corrigée un jour sans qu'elle ne remette en cause la pérennité du pays. En France, les choses me semblent très différentes. Il me semble que les forces centripètes ont largement pris le dessus sur les forces centrifuges. Cela a déjà été le cas dans notre passé récent, dans les années 30 où l’ennemi n'étant pas tant la montée du nazisme (allemand) et du communisme (soviétique) que l'autre, le voisin de palier ou l'habitant de l'autre quartier. C'était certainement dans cet état d'esprit qu'à résidé la cause profonde de notre effondrement de mai 40 qui amena 5 années de malheur dans le monde et 60 millions de morts dont nous ne somme certes qu'indirectement responsable.

Aujourd'hui, les forces centripètes sont à nouveau à l’œuvre : en favorisant d'abord le secteur public sur le secteur privé et en créant des inégalités sur la retraite notamment qui apparaîtront un jour insupportables à la majorité de nos concitoyens (pour autant que l'explosion du système par l'économique n'ait pas déjà eu lieu !). En laissant mourir nos paysans et nos ouvriers premières victimes d'une mondialisation acceptée sans en jouer la règle de la compétitivité. Sait-on qu'aujourd'hui les Pays-bas - petit pays - sont passés devant la France en terme d'exportation agricole et que la république Tchèque va bientôt dépasser la France en matière de production automobile (l'ancienne "Tchécoslovaquie" serait déjà bien devant nous !).

Je ne parle pas des manifestations contre la loi travail qui me semblent la routine d'une très faible extrême gauche "juvénile et boboisée". Reste un dernier point d'importance, l'acceptation passive de la montée de l'Islam dans notre pays et le refus de toute analyse et toute réflexion contradictoire au motif de "pas d'amalagme". A ce sujet je ne peux que conseiller le livre de Zineb El Rhazoui, rescapée emblématique des attentats de Charlie Hebdo : "13 - Zineb raconte l'enfer du 13 novembre " aux éditions Ring. En toute petite confirmation : j'ai vu la semaine dernière une femme voilée du niqab entrer à la BNF comme si de rien n'était

Pour terminer, car mieux qu'un long discours, je cite l'exergue de la préface du livre de Zineb : " Combattez ceux qui ne croient ni en Allah, ni au jour dernier, qui n'interdisent pas ce qu'Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de Vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation de leurs propres mains, en état d'humiliation. 
Verset 29, sourate de la Tawba - Le repentir.

Lequel des 2 cancers nous tuera le premier ?



vendredi 29 janvier 2016

La France décroche

La France décroche.....

C'est le seul grand pays d'Europe où le chômage s’aggrave alors que l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie ont créé de nombreux emplois.

La croissance y est nettement plus faible que la moyenne de l'OCDE

Les déficits publics en 2016 seront les plus élevés d'Europe.

Les régimes sociaux, d'indemnisation du chômage sont en hyper-déficit alors que ceux de l'Allemagne sont excédentaires.

Dans quelques années, la dette française exprimé en pib dépassera de 40% celle de l'Allemagne.

L'agriculture y est massivement en crise, la crise des taxis y est réglée avec une violence inégalée dans le monde,  un simple aéroport à Notre Dame des Landes met tout le pays en ébullition. Et nous sommes en guerre avec nous-même presque aussi violemment qu'avec Daesh et ses légions étrangères qui ne nous sont pas si inconnues.

Il ne faut pas se leurrer, le soi-disant retour de la croissance payée à coup de dettes, de transferts sociaux et d'appauvrissement des actifs n'est qu'une illusion.

Dans quelques années viendra l'heure de vérité et des choix face au mur de la dette et à l'impossibilité de continuer à financer nos déficits. Quel sera notre choix comme pays ? Reconnaître nos erreurs et travailler ensemble à les corriger ou s'enfoncer dans la démagogie de l'égalitarisme et de la chasse aux derniers riches, à l'image de Cuba ou du Venezuela.

Rien n'est écrit et il est difficile d'avoir des certitudes tant notre pays est traversé de forces contraires.

Une fois de plus les années 40 disent tout : la force brutale et démoniaque de l'Allemagne qu'on retrouve dans certains scandales planétaires, la tranquille résolution et le courage du peuple britannique, la veulerie, la division et l'abandon du peuple français. Comment ne pas s'étonner que le seul peuple des grands pays de l'OCDE qui s'accroche à ses vieilles lunes et qui refuse de voir la réalité en face soit le peuple français ? A Nadine Morano qui s'inquiète de ce que devient la France, je dis de ne pas s'inquiéter : malgré toutes les évolutions nombreuses du peuple français nous sommes bien les dignes héritiers de nos politiciens véreux des années 30, des soldats et des civils sans courage fuyant l'envahisseur allemand, et de la foule acclamant Pétain à Paris en 1944.

La collaboration à la démagogie a de beaux jours devant elle en France.