samedi 26 décembre 2009

La tanière du loup (suite)

Quelques images glanées sur le site automobile.challenge.fr :

1) Les premières publicités nazi pour la VW : (je dis nazi car elles émanaient d'une organisation : Kraft durch Feud qui dépendait du parti nazi)

2) Le logo VW a coté de l'aigle nazi :

3) Le loup de VW (Wolfsburg) :







vendredi 25 décembre 2009

Wolfsburg : un nom qui passe mal !

Je résume pour ceux qui tombent sur mon blog : comment a-t-on pu donner, juste après la guerre, à une ville entièrement conçue par Hitler son surnom ("Wolf") sans que personne n'y trouve à redire ?

Bien sûr, il y a une explication facile : l'usine était au voisinage d'un château du moyen-age appelé "Wolfsburg" (littéralement : le château fortifié du loup).

Mais on ne peut pas exclure qu'Hitler ait décidé de la construire à cet endroit pour cette raison. En effet tout chez lui ramène au loup : son nom de code comme espion et à ses débuts nazi, ses Q.G : le château du loup, le ravin du loup, le loup-garou, et la tanière du loup. Son animal préféré était le chien-loup et son assistante la plus fidèle (durant 20 ans) s'appela Johanna Wolf. Il appelait les SS "sa meute de loup". Il demanda même à sa soeur, restée à Vienne de changer de nom et de se faire appeler Paula Wolf, nom qu'elle garda jusqu'à sa mort.

Il aurait été tellement justifié le 25 mai 1945 de trouver un autre nom à cette ville nouvelle bâtie à la campagne. Ce qui est choquant, c'est que cette usine fut le projet civil favori d'Hitler (son 2ème projet : la reconstruction de Berlin a été interrompue par la guerre).

Le groupe Volkswagen a accepté il y a une dizaine d'année d'aider 2 journalistes allemands à enquêter sur le sujet de son passé. Un livre de 1000 pages a été publié aux éditions Econ Verlag : "Das Volkswagenwerke und seine Arbeiter im Dritten Reich" de Hans Mommsen et Manfred Grieger. Frédéric F. Clairmont, journaliste au "Monde Diplomatique" en a fait un résumé facilement accessible sur le site web du journal.

Je ne sais pas si ce sujet du nom de la ville (et donc du siège social) a été traité. Il serait intéressant de connaître les raisons qui ont amené Hitler à choisir ce lieu en Basse-Saxe pour construire la ville "Stadt des Kdf Wagens" (son nom initial) et les circonstances qui ont amené les autorités anglaises à la renommer "Wolfsburg".

C'est dérangeant de savoir qu'un groupe automobile a conservé un nom et une marque inventée par Hitler (Volkswagen), a son siège social dans une ville rebaptisée de son animal symbole. Avec le rachat de Porsche, créateur du "Tigre" allemand et chef du projet de la Volkswagen d'Hitler, la boucle est vraiment bouclée !

jeudi 24 décembre 2009

Wolfsburg - suite

Je résume les faits suivants (pour le détail mon post précédent)

1) Il est établi que "Wolf" était le surnom d'Hitler

2) Hitler a décidé la construction d'une usine et d'une ville nouvelle qu'il a appelé "Stadt des KdF-Wagen" (Ville de la voiture KdF)

3) Cette ville nouvelle est effectivement à coté d'un château "Wolfsburg" auquel s'accolent quelques maisons (comme toujours au moyen age) qui constituent "Altdorf Wolfsburg".

4) Cette ville nouvelle est à coté de plusieurs villages beaucoup plus grands : Hesslingen, Reislingen.

QUESTIONS pour les historiens :

a) Peut on savoir si Hitler a choisi cet emplacement à cause du nom du chateau avoisinant ou si c'est un hasard ? (remarque : le QG "Wolfsschlucht2" en France, qui n'a été utilisé qu'une seule fois par Hitler après le débarquement allié, a nécessité 3 ans de travaux et plus de 30 000 ouvriers / prisonniers sur le chantier, donc pour lui tout était possible ...)

b) Quand bien même cela serait un hasard, n'aurait il pas été préférable d'éviter toute suspicion et appeler la ville du nom d'un des nombreux autres villages environnants, et éviter un nom qui rappelle autant Hitler, créateur et concepteur de l'usine qui servit finalement à fabriquer les V1 (3500)

c) Le nom de Wolfsburg a été décidé le 25 mai 1945, il doit être possible de savoir exactement qui en a décidé ainsi et pourquoi ?

mercredi 23 décembre 2009

Wolfsburg : questionnement sur le nom de la nouvelle capitale mondiale de l'automobile

Je lis actuellement le livre de Rochus Misch : "J'étais garde du corps d'Hitler" 1940 - 1945. On croit tout savoir de l'ennemi n°1 de l'humanité (quoique Staline, Mao, Pol-Pot et pas mal d'autres ne lui arrivent pas loin), on y apprend pourtant des choses étonnantes.

Ce livre est raconté d'un ton neutre (trop selon l'interviewer Nicolas Bourcier qui se fend d'une préface accusatrice). Qui était Rochus Misch ? il avait 20 ans lorsque la guerre éclata et n'a jamais adhéré au parti Nazi (ce qui était plutôt rare à l'époque). Il a été gravement blessé sur le front polonais où il servait de traducteur et ne pouvant plus retourner sur le front a été affecté à la chancellerie.

On peut penser que Rochus Misch présente sa version de l'histoire et considérer son récit comme suspect. Je vous en livre néanmoins certains faits étonnants : l'appartement d'Hitler à la chancellerie n'était gardé que par un garde la nuit, et le dispositif ne sera jamais renforcé. La politique était proscrite, le salut nazi interdit et les adhésions au parti jamais demandé. Au plus fort de la défaite, l'ambiance était neutre, et feutrée à l'extérieur des conférences militaires. En 1942, Hitler reçoit un Rabin. Il écoute fréquemment des compositeurs juifs. Lorsqu'il prenait son train blindé "Amerika", Hitler demandait que les convois civils aient priorité sur le sien pour ne pas générer de retard dans le trafic. Au début de la guerre, Hitler recevait à diner des personnalités prises un peu au hasard, et il avait vite donné une consigne assez étrange : ne jamais inviter 2 personnes de même profession car il avait remarqué qu'ils se disputaient souvent alors pour attirer son attention, ce qui l'horripilait.

Vraiment surprenant, vous allez me dire (encore qu'en paraphrasant Alain on pourrait dire qu'il n'y a pas de monstre pour son valet de chambre). Mais ce livre m'a amené à une découverte bien plus étonnante encore.

Volkswagen / Porsche est aujourd'hui sur le point de devenir le n°1 de l'automobile mondiale et tout le monde sait le rôle déterminant que prit Ferdinand Porsche, le concepteur du char Tigre, dans l'effort de guerre allemand. Le nom même de Volkswagen a été choisi par Hitler en 1936 (rappelons qu'ayant construit des autoroutes pour faire passer ses chars, il s'était dit qu'après la guerre il serait pas mal d'y faire rouler des voitures !)

La voiture devait s'appeler Kdf (Kraft durch Freud : "la force par la joie")et la ville nouvelle à coté de l'usine s'appela "Stadt des Kdf-Wagens" (littéralement la ville de la voiture Kdf). Or, il est sidérant que les anglais aient décidé (ou accepté ?) en mai 1945 de la rebaptiser "Wolfsburg", du nom d'un château avoisinant, quand on sait que "Wolf" était le nom d'emprunt d'Hitler en 1919-1920 lorsqu'il était espion de la Reichswehr. C'était aussi le nom de code que prirent les nazis pour réserver des hôtels au début des années 30, ayant essuyé des refus d'hôteliers allemands lorsqu'ils demandaient des réservations au nom d'Hitler

Ayant trouvé l'idée "amusante", Hitler nommera ainsi tous ses QG : "Wolfsschlucht 1" (le ravin du loup)en Belgique pendant la campagne de France,"Wolfsschlucht 2" à Margival, en France pour la bataille de Normandie, "Werwolf" (le loup-garou)en Ukraine et "Wolfsschanze" (la tanière du loup) en Prusse orientale (Pologne désormais). Le terme de "Wolf" était tellement accolé à Hitler qu'une de ses assistantes, Winifred Wagner, n'hésitait pas à l'appeler parfois "Wolfi" en petit comité selon Rochus Misch.

Sans en être totalement sûr, on peut imaginer qu'Hitler ait choisi d'installer l'usine à coté d'un chateau ayant son surnom ! Une dernière précision : Hitler avait une soeur à Vienne, qui a changé de nom à la fin de la guerre. Devinez celui qu'elle a pris ? Paula Wolf.

Wolfsburg, capitale de l'automobile mondiale ! Dérangeant triomphe posthume due à la complaisance ou à la désinvolture des armées alliées. Les allemands savaient tous à quoi était accolé le mot "Wolf", il y avait peut être un autre moyen d'appeler cette ville nouvelle ?

Reste à connaître les conditions exactes dans lesquelles le nom de Wolfsburg a été choisi.

vendredi 18 décembre 2009

Revoir "La chute de l'empire Romain"

Il faut revoir "La Chute de l'empire Romain" d'Anthony Mann qui raconte la mort du sage empereur Marc-Aurèle et le règne de terreur de son fils Commode, annonciateur du déclin de Rome.

C'est d'abord un magnifique film de près de 3 heures alliant scènes grandioses et de batailles à des intrigues psychologiques et à une lutte entre le bien et le mal.

Le bien : l'empereur Marc-Aurèle (Alec Guinness) qui guerroie en hiver aux frontières du Danube, pour sécuriser les frontières de l'Empire, tout en essayant de capturer vivant le roi de la principale tribu afin de s'en faire un allié.

Las : le mal rode en la personne de Commode, son fils. Marc-Aurèle, voyant sa mort venir, souhaite déshériter ce dernier et confier le trône à Livius, Général d'armée fidèle et incarnant ses valeurs. Il mourra avant, empoisonné par des serviteurs de Commode (qui ignore le crime).

Livius n'ayant pas d'écrit prouvant la volonté de Marc-Aurèle, ne souhaite pas la guerre civile et proclame son allégeance à Commode. Arrive ce qui doit arriver : Livius - nommé en remerciement général en chef des armées romaines - vole de victoire en victoire pendant que Commode corrompt Rome. A la fin du film, Livius - à qui Commode ordonne de tuer les ennemis vaincus et de piller leurs villes, choisit de marcher sur Rome.

Les armées de Livius sont à leur tour corrompus par l'or de Commode et Livius doit rentrer seul dans Rome pour sauver Lucilla, la fille de Marc-Aurèle, l'amour impossible de sa vie et les barbares pacifiés par Lucius et condamnés à mort par Commode.
Après un duel entre Livius et Commode, qui comme gladiateur avait trouvé là le seul adversaire valable - les gladiateurs préférant mourir contre leur empereur, Livius victorieux ne peut sauver des flammes que Lucilla, les barbares maudissant Rome en brulant.

Livius part avec Lucilla en refusant le trône, et laisse les conseillers et généraux se lancer des sommes d'argent à la figure pour se corrompre les uns les autres et se proposer le trône. Quelques années plus tard, Rome sera détruite et incendiée à plusieurs reprises par les barbares.

Il faut voir ce film qui change des navets actuels, peut être que la chute de Rome ne s'est pas passée tout à fait ainsi, mais on ne peut s'empêcher de penser à la période actuelle. Y a t -il un empire en train de chuter ? Sa Rome brûle t - elle ? Peut-être pas actuellement, mais comme le rappelle le film : la chute de l'empire Romain s'est étalée sur 300 ans, soit plus que la durée de vie de pas mal d'autres empires ....

Ouf, on a encore un peu de temps. Oui, mais notre déclin a commencé quand ?

Allez, à vos DVD.

jeudi 17 décembre 2009

Lire le billet d'entrée de Simone Wapler dans Moneyweek

Dans l'hebdo "Moneyweek" du 17 au 23 décembre, Simone Wapler fait dans l'humour noir grinçant : se moquant de la pré-science négative de notre Président et de son gouvernement qui voient exploser en plein vol leurs idées sur la dette, à chaque fois peu de temps après leur lancement.

Lors de la campagne présidentielle, rappelle-t-elle, Sarkozy voulait développer l'usage du prêt hypothécaire comme cela ce pratique aux US (no comment !). 2 ans après, c'est notre ministre de l'économie qui veut développer la finance islamique. Quatre mois après, éclate la crise Dubaï.

En 2010, c'est le grand emprunt. Simone Wapler de conclure (un peu hypocritement à mon avis ...), et je cite mot pour mot : "Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais je me demande si le gouvernement français n'est pas un bon indicateur avancé de l'éclatement de bulle. Auquel cas le krach obligataire se préciserait dès 2010".

Voyons Simone, que diable ! un peu de retenue.

Sérieusement : vous avez bien raison ! La France a toujours été en retard d'une guerre (la ligne Maginot en 39, les pantalons rouges en 14, les chevaux des dragons en 70 .... ). alors, pourquoi pas le dernier "grand emprunt" dans le monde ?

mercredi 2 décembre 2009

Où va l'économie ?

De l'excellent blog de mon camarade d'école, Pierre Gonzva, je comprends qu'il n'est pas illogique que marchés obligataires et marchés actions progressent de concert, tant que la reprise n'apparaîtra pas évidente et tant que les banques centrales resteront accommodantes (les 2 allant sans doute de pair). Si j'ai bien compris ...
Mais où va l'économie ? Vers une reprise en V, en L, ou pire encore en W.
En fait, au risque de perdre mon lecteur en cours de route (mais je suis honnête) : je n'en ai aucune idée !

Je suis passionné d'histoire, et j'ai eu l'occasion de me replonger dans l'histoire de la seconde guerre mondiale à l'occasion de l'excellent documentaire de FR2 "Apocalypse" et du lancement de la série hebdomadaire du Figaro. Quel rapport avec l'économie ? Bien sûr on peut parler de guerre économique, mais rien à voir avec la guerre, non. Plus simplement, les guerres sont des périodes, sans doute plus que d'autres, ou je suppose (ne l'ayant - heureusement - jamais vécu directement) les individus se projettent de toute leur force : militaires ou civils. Il en va non seulement de leur emploi et de leur survie, mais de leur vie, de leur mode de vie, de leur liberté.

Or donc, à la question : où va-t-on ? on peut imaginer que 95% des personnes auraient répondu une victoire de l'Allemagne jusqu'à ?? 1942 - 1943 ... (hors Churchill, de Gaulle et quelques autres évidemment ...). Autre exemple : l'expansion du communisme. Que n'a t on dit sur son caractère inéluctable ? avec notamment l'idée qu'une victoire du Nord-Vietnam serait dramatique pour la suprématie des US dans le monde ? Ah bon ? alors, c'est le Sud-Vietnam qui a gagné la guerre ? Puisque le communisme a quasiment disparu de la planète et que les US restent le leader mondial.

Nous avons tous en tête le dicton selon lequel la prévision est un art difficile, s'agissant du futur. Une autre comparaison entre économie et guerre : des forces s'affrontent, mouvantes et changeantes, dont il est difficile sur le moment de jauger qui va prendre le dessus. Pour l'économie en 2010 : parmi les forces positives : la croissance de l'Asie (Chine, Inde et tout le Sud Est Asiatique), le soutien (complaisance ?) des banques centrales et des Etats .... , l'effet d'entraînement du rebond technique, le fait que tous les organismes officiels qui ont sous estimés la crise préfèrent aujourd'hui pêcher par pessimisme ...
Parmi les forces négatives, le poids de la dette publique, l'endettement des ménages dans les pays occidentaux et notamment aux US. Les doutes sur le modèle actuel (les US consomment, la Chine produit, et l'Europe passe son tour ...). Notons que 4 pays industrialisés ont fait un hara-kiri démographique et sont en état de mort annoncée : Allemagne, Japon, Italie et Espagne (Histoire, quand tu nous tiens).

Allez, au final, un pronostic : 50% de chance que la reprise s'affirme, 50% de risque de rechute. Ca vous va ? Vous avez mieux ? Qui peut savoir : ceux qui n'ont pas vu venir la crise ? (90% ...)

Une dernière comparaison historique : certains ont pas mal critiqué les plans de relance. Avec les questions suivantes :comment va t on résorber l'endettement public ? Est ce raisonnable d'avoir autant soutenu l'activité. A ceux qui doutent, une relecture rapide de la crise de 1929 : (il y a eu d'excellents reportages qui sont repassés à la télévision dans le cadre du 70ème anniversaire ...) : l'effondrement économique total des US a exporté la crise en Allemagne, qui a amené Hitler au pouvoir. Certes, on pourra dire que la guerre a finalement résolu la crise. Y avait-il un autre scénario possible ? Il est difficile de refaire l'histoire, mais il est dangereux de l'oublier également.