jeudi 4 février 2010

Où va l'économie ?

Il est de coutume d'attribuer au mois de janvier des vertus particulières pour la prédiction de l'année entière : il en va ainsi pour la météo comme pour la bourse. Le moins qu'on puisse dire, c'est que janvier (ainsi que début février) aura été marqué par une tendance heurtée. A la petite euphorie des vœux et du changement d'année succède le découragement et la lassitude ....

Alors, où va l'économie ? Je ne suis ni devin ni économiste, simplement je souhaite partager quelques réflexions de bon sens. Le cadre général, que nous connaissons tous, peut être résumé ainsi : pour ce qui concerne l'économie, des doutes sur la réalité de la reprise (cf l'emploi) et de grandes inquiétudes sur la dette publique. Pour la bourse, les pessimistes pensent que les problèmes économiques entraîneront tôt ou tard les marchés à la baisse. Les optimistes rappellent que les actions ne sont pas chères actuellement et que les hausses se font toujours dans la crainte et la peur ....

On sait tous que l'emploi est le dernier indicateur à s'améliorer après une récession, et, cette crise ayant été exceptionnelle, il n'est pas étonnant que l'amélioration tarde à venir. Dans cette querelle entre les anciens et les modernes, on peut quand même, me semble-t-il, faire ressortir quelques faits incontestables :

1) La croissance se fait depuis quelques années en Chine, Inde, Asie du Sud-Est et Brésil. Ces 4 blocs qui représentent presque la moitié de la population mondiale sont en très forte croissance depuis quelques années. La Chine sera sous peu la 1ère puissance économique mondiale (elle l'est d'ailleurs déjà par son actif net !). Cette croissance a été à peine impactée par la crise et tout laisse à penser (démographie, productivité, investissements ...) qu'elle va encore s'accélérer. L'interrogation sur la reprise concerne un monde en train de devenir minoritaire : le nôtre (les pays dits développés).

2) Nos grandes entreprises, pour la plupart cotées en bourse, bénéficient et bénéficieront à plein de cette croissance dans les prochaines années. On a été surpris par leur capacité de résistance à la crise, mais une des raisons était sans doute là.

3) L'emploi chez nous ne redémarrera que très doucement : les entreprises ont profité de la crise pour ajuster drastiquement leurs effectifs et les gains de productivités futurs leur permettront de remettre à plus tard les recrutements, en dehors de ceux rendus nécessaires par la croissance de l'activité.

4) Les états dits développés (cette formulation devrait d'ailleurs nous alerter car si on parlait d'un individu, à force de développement, le cimetière n'est plus très loin ....) vont devoir tailler dans leurs dépenses pour réduire leur déficit, la hausse des impôts étant illusoire. Cette réduction des dépenses sera plus facile qu'on le pense habituellement en France en raison d'une part du niveau de sur-investissement des dernières années (routes, carrefours, écoles, équipements sportifs par les mairies, conseils généraux et régions ...) et des progrès possibles dans l'efficacité de la dépense. Aux Etats-Unis, un départ de l'Irak et de l'Afghanistan réduirait pas mal les dépenses ...

En conclusion : mon pronostic est le suivant : une croissance modeste en Europe et aux Etats-Unis qui ne permettra pas d'obtenir des résultats sur les fronts de l'emploi et du déficit, la solution se trouvant dans la durée et dans la douleur par un ajustement des prix et des salaires, reflétant notre position désormais secondaire sur l'échiquier mondial. Face à nous, une zone de croissance absorbant de plus en plus les produits et services des grands groupes mondiaux tirant leur épingle du jeu. D'où un paradoxe qui n'est qu'apparent : un chômage qui ne baisse pas mais des résultats en hausse pour les grandes entreprises européennes et américaines.

C'est finalement le consensus qui se dégage des professionnels de la bourse, qui, sans exclure une poursuite temporaire de la chute actuelle, voient les marchés terminer sur une hausse à 2 chiffres en 2010. Soit de loin le meilleur placement possible.

mardi 26 janvier 2010

L'importance du symbolisme dans le nazisme justifie le questionnement sur Wolfsburg

Dans mes posts précédents, j'ai développé étonnement et malaise devant le choix surprenant fait pour renommer après la guerre la ville créée par Hitler pour accueillir l'usine Volkswagen : Wolfsburg - du nom de l'animal qui l'a symbolisé toute sa vie (très nombreuses références développées : la plus forte étant sans doute le nom de son QG en Prusse Orientale où il passa la quasi totalité de ses 2 dernières années : la tanière du loup). Ainsi c'est une évidence rappelée dans la plupart des ouvrages sérieux : Hitler s'assimilait en tout point à un loup.

J'ai également répondu à une question : n'est-ce pas là un détail, malheureux certes, mais qui ne vaudrait pas qu'on s'y attarde davantage ? Je comprends qu'on pense cela, mais m'étant replongé dans des ouvrages racontant l'expérience absolument terrifiante que fut le nazisme, je ne le pense pas, et je souhaiterais développer ce dernier aspect - non évoqué dans mes précédents posts - qui expliquera la motivation des actions ultérieures nécessaires (auprès de Volkswagen, de l'État allemand et de la ville de Wolfsburg), et dont je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

Sur la force du symbole du loup : je cite un extrait du blog de Françoise Delvaux : La symbolique du loup – extraits : "Un de ses plus terribles avatars modernes nous parvint par le biais du nazisme. Quand nous associons nazis et loups, nous obéissons en fait à une volonté délibérée des nazis eux-mêmes. Pour éviter les références judéo-chrétiennes, le Reich et ses mystiques ont abondamment puisé aux mythologies germaniques, au sein desquelles loups, loups-garous et autres hommes-bêtes occupent une place de choix. En Bavière par exemple, région-berceau du Parti par excellence, les croyances en la Horde Sauvage ont toujours été vivaces). Les photos et documents filmés de l'époque hitlérienne nous montrent des loups stylisés ornant quantité d'oriflammes et de tambours, mais plus intéressant encore est d'apprendre qu'un commando chargé, à la fin de la guerre, de dépister et massacrer les traîtres au Führer prit pour nom Werwolf Oberbayern : le Loup-garou de Haute-Bavière, revivifiant ainsi le mythe de la plus horrible façon".

En effet, un aspect qui frappe quand on replonge dans les livres traitant du système nazi et qu'on oublie forcément car on n'a plus ce type d'exemple devant nos yeux, fort heureusement, c'était l'accent absolu mis sur le symbolique. Plusieurs exemples me viennent à l'esprit : l'obligation du salut nazi en toute circonstances et pour tous (les réfractaires étant passibles des camps ...), le symbole de la croix gammée (rappelons qu'elle reprenait un symbole indien de la roue de la vie, mais en inversant le sens afin de symboliser le chaos). L'omniprésence des SA d'abord puis des SS ensuite dans la vie civile. Les cérémonies de Nuremberg filmées par Leni Riefenthal montrent 500 000 personnes assistant au froissement de chaque drapeau nazi - plusieurs dizaine de milliers - avec les 16 drapeaux "sacrés" représentant les 16 morts du putsch raté de Munich pour communiquer leur force. On pourrait multiplier les exemples à l'infini (rôle du serment, ....).

Le symbolisme n'était pas accessoire au système Nazi mais essentiel : c'est justement grâce à ces symboles très forts que Hitler et le parti Nazi ont pu prendre le contrôle total d'un des peuples les plus civilisés au monde pour l'entraîner dans un projet inédit par son amoralisme et sa violence. August von Kageneck, dans son livre : "Lieutenant de Panzers, j'avais dix-huit ans quand je pénétrai en Russie comme lieutenant de Panzers" - depuis marié à une française écrit : "au départ, je voulais écrire ce livre pour rendre impossible le retour d'une pareille tragédie, puis voyant la rapidité de la réconciliation franco-allemande, je l'ai écrit pour faire comprendre comment et pourquoi l'Allemagne est devenue 12 ans durant la honte du genre humain .... Il montre, dans une famille de noble plutôt méfiants sur Hitler, le rôle de l'endoctrinement non par la pensée ou les idées mais simplement par les défilés incessants où sont "invités" les enfants dans des tenue para- militaires. Il est évidemment très difficile de résister longtemps sous peine d'arrestation. Après plusieurs années de lavage de cerveau, les jeunes étaient prêts à mourir pour leur Führer. Écoutons ce qu'il dit sur le fait qu'il reproche aux SS d'avoir copié la tête de mort des Panzers : "Étrange attraction que celle qu'ont toujours exercée la mort et ses symboles sur les Allemands. Les Germains portaient la tête de mort sur leur étendards ... C'est par les hussards à la tête de mort ... que nous est venu ce symbole ... strictement réservé aux équipages de chars ... Orgueil de classe ... certainement ... Dans un régime qui poussait le culte de l'élite à outrance ... On avait le droit de partir le premier à l'attaque ... L'insigne de notre arme signifiait moins la mort que nous voulions porter que celle que nous étions prêts à recevoir". Étonnant !

August von Kageneck perdit 2 de ses frères durant la guerre. Il compare l'expérience du nazisme à une expérience très en vogue après la guerre dans l'Allemagne détruite : le Rotor. Les gens rentraient dans des rotors géants et se faisaient "lessiver" et sortaient du rotor titubant. Il compare l'expérience du nazisme au rotor, le symbolisme ayant servi à faire entrer les gens dedans avant la vitesses explosive d'anéantissement.

Un dernier point moins connu sur Hitler : on connait tous la naissance de son sentiment raciste pan-germanique dans un empire austro-hongrois multi-ethnique où l'allemand n'était pas la seule langue. Quel paradoxe étonnant quand on se souvient qu'un an avant d'être nommé Chancelier, Hitler était apatride (il avait renoncé à la nationalité autrichienne pour ne pas être expulsé suite à des arrestations et condamnations multiples). On sait tous également que son chemin de l'anonymat absolu (début des années 20) vers Chancelier du Reich (un peu plus de 10 ans plus tard) fut semé de meurtres, crimes, intimidations et complots de toute sorte.

Une question demeure : certes, mais comment un tel parcours fut-il possible ? bien sûr, ses talents d'orateur, sa mémoire extraordinaire, une grande intelligence et compréhension de ses adversaires l'a grandement servi. Le contexte aussi. En 1928, il n'avait aucune chance. En 1931, avec 8 millions de chômeurs en plus et un discours démagogique, les choses étaient très différentes. Mais là n'est pas l'essentiel. Il est de notoriété publique que c'est l'adhésion d'Hitler à la société de Thulé (sorte de franc maçonnerie allemande - cf ouvrage de Philippe Valode : Hitler et les sociétés secrètes) qui lui conféra soutien de toute sorte - lui évitant de trop lourdes condamnations et lui donnant les informations nécessaires pour faire chanter Von Papen et l'amener à le nommer Chancelier. Cette confrérie prônant la supériorité de l'être Aryen convenait parfaitement aux idées racistes d'Hitler, décuplées par son échec à l'école des beaux arts de Vienne (jury autrichien et juif);

Le 3ième Reich n'a pas été qu'un empire - éphémère certes - classique. Cela a été un exemple quasi-unique à ce point d'expérience quasi mystique et démoniaque. Et au coeur de ce symbolisme, un homme : Hitler s'assimilant à un animal : Le Loup.
Voici pourquoi je fais le choix - discutable, j'en conviens, mais réfléchi de poser cette coïncidence (et les nombreuses autres - cf mes précédents posts), sur la table de l'histoire.

lundi 4 janvier 2010

Rebaptiser Wolfsburg (VW) ?



Plusieurs livres traitent, comme d'une évidence connue de tous à l'époque de la guerre, du surnom d'Hitler ("Wolf"). D'où mon étonnement qu'on ait pu renommer la ville nouvelle créée par ce dernier, du nom du château voisin : "Wolfsburg" ! cf mes posts précédents. Volontairement ou pas ? Comment personne n'a-t-il fait le rapport et si oui que sont devenus les réticences ? l'enquête reste à mener.

Je cite 2 livres intéressants sur le sujet :

le 1er : "AU RAVIN DU LOUP - Hitler en Belgique et en France, mai-juin 1940" par René Mathot aux éditions Racine. René Mathot, résistant et historien se livre à une minutieuse enquête auprès de témoins directs de l'époque sur le séjour d'Hitler au QG de la Wolfschluct (gorge ou ravin du loup).

page 83 : "Hitler, alors qu'il n'était qu'un agitateur politique dans les années 20, se faisait appeler "Wolf" par ses amis. Le général Engel (*), ancien aide de camp de Hitler, m'a dit - témoignage inédit - que Hitler lui avait confié que son père l'appelait "Wolf" lorsqu'il était enfant. Réminiscence filiale qui expliquerait l'appellation des QG commençant ou finissant par "Wolf". On connait les tensions qui ont existé entre Hitler et son père ... pourtant, dans la lettre adressée par Hitler .... de sa prison ... on trouve la signature "Wolf"."

(*)Entretien du 7 octobre 73

page 239 : Gerda Daranowski, secrétaire personnelle de Hitler : Nous avons pris nos repas au Kasino (Wolfpalast - cf photo) ... Amiral Karl-Jesko, aide de camp : je ne peux vous dire ce qu'était le Wolfpalast. Comme il faisait partie de l'auberge, il devait vraisemblablement servir de réfectoire pour les troupes."

Le second : "Le dossier Hitler" : dossier secret commandé par Staline au NKVD - services secrets - à partir de l'interrogatoire de 2 témoins directs, entre 1945 et 1949, et dont les procès-verbaux ont été retrouvés par un jeune historien allemand Matthias Uhl. Éditions Presse de la Cité.

page 57 : "Le thème cher à Wagner de l'antiquité germanique s'accordait bien avec les idées perverses de Hitler sur la pureté de la race germanique. C'est la raison pour laquelle il s'était lié d'amitié avec la famille de Wagner. La belle fille de celui-ci, Winifred, l'appelait "Wolf". Cela plaisait beaucoup à Hitler ; le fait d'être comparé avec cette bête assoiffée de sang l'impressionnait."

page 257 : "début avril 45, l'heureux événement attendu se produisit : Blondi (le berger allemand de Hitler - nb) eut 8 petits. 3 survécurent. Hitler offrit son propre nom au plus vigoureux d'entre eux : Wolf. pendant le mois d'avril, il restait parfois des heures dans un fauteuil dans le couloir du bunker, à jouer avec son Wolf chéri."

page 301 : "Au matin du 20 avril (nb : soit 10 jours avant son suicide) Hitler joua jusqu'au déjeuner avec Wolf, son chiot préféré."

Enfin, pour l'anecdote (mais en est-ce vraiment une ?) : Traudl Junge : "Dans la Tanière du loup", Les confessions de la secrétaire d'Hitler, aux éditions JC Lattès.
page 101 : "Sur le terrain du Berghof, Hitler conduisait une Volkswagen. C'était un cabriolet, une fabrication hors série, laquée de noir, avec des sièges en cuir."

Pour conclure, avant la phase d'enquête proprement dite sur les conditions de la dénomination "Wolfsburg", un rappel sur son utilité même. Et là, je cite le livre de Heinrich Breloer, "Speer et Hitler, l'architecte du diable" aux éditions Canal+ Editions. En exergue : "Les Hitler et les Himmler, on pourra s'en débarrasser. Les Speer demeurent parmi nous" de Sebastian Haffner - 1944. Puis en page 14, l'auteur rapporte une conversation entre Simon Wiesenthal et Speer : "si l'on avait su ce que nous savons aujourd'hui, vous auriez été pendu à Nuremberg en 1946. Et Speer de rester silencieux, et Wiesenthal de conclure que Speer savait qu'il avait raison. Rappelons que Speer fut ministre de l'armement à partir de 1942 et qu'il eut progressivement sous sa responsabilité directe l'ensemble de l'outil de production allemand, civil et militaire, soit 14 millions d'ouvriers.

vendredi 1 janvier 2010

Technologie et Masse

Où va le monde et où va notre monde occidental ? C'est une question que nous nous posons tous, après plus de 2 ans d'une des plus graves crises financières et économiques que le monde ait connues.

J'ai toujours été passionné par l'histoire et 2 événements récents ont remis sur le devant de la scène la Seconde guerre mondiale : l'excellent documentaire d'Isabelle Clarke : "Apocalypse" diffusé sur FR2 et la série hebdomadaire du Figaro.

Un aspect passionnant, selon moi, c'est l'interaction entre l'évolution des technologies et des armements dans des périodes si courtes. Quand on plonge dans le détail, on est étonné par le niveau de l'accélération des connaissances et des pratiques : guerre entre radars et avions, cryptages et décryptages, sous-marins et lutte anti-sous-marine, techniques de bombardements .... Il est évident que la nécessité de gagner la guerre pousse chacun à donner le meilleur tout de suite et cela change tout par rapport aux temps de paix.

Il y a un consensus sur l'avance technologique des Allemands qui développèrent les meilleurs systèmes d'armes, à l'exception notable de la bombe atomique (Hitler n'y croyait pas, les savants juifs dont Einstein avaient émigré et l'eau lourde indispensable fut détruite par la résistance).

Pour ce qui concerne les chars, le Tigre allemand sema la terreur chez ses adversaires, chars T34 russes et Sherman américain : il fallait en moyenne 10 chars pour abattre un Tigre. Certains commandants revendiquèrent plus de 150 victoires. Le Tigre avait la meilleure technologie, le meilleur blindage et le meilleur canon (canon anti-aérien de 88 mn tirant une cible quasi certaine à 2700 m en 4 secondes, autant dire que quand le char ennemi voyait la fumée c'était souvent déjà trop tard pour réagir). Lors de son premier engagement en 1942 sur le front russe, le Tigre essuya tout type de tirs tout en continuant le combat.

L'Allemagne perdit la guerre dans les conditions qu'on connait, alors me direz vous ? En fait, j'ai oublié un élément essentiel : le nombre. Jamais une arme n'inspira à l'ennemi une telle peur malgré le déséquilibre du nombre : 1500 chars Tigre construits pour près de 50 000 T34 et 40 000 Sherman. Le ratio de 1 pour 10 était donc suffisant pour terrifier tout équipage ennemi qui voyait un Tigre dans son viseur mais totalement insuffisant pour gagner la guerre. Le char Tigre ne fut utilisé en nombre qu'à la bataille de Koursk (150 pour 3000 chars engagés au total dans chaque camp) où il fut vite noyé sous la masse.

Quand on revient aux productions, il saute aux yeux que le rapport de 1 pour 70 ne représentait en rien la puissance respective des appareils de production de chaque camp. Le potentiel allemand était bien supérieur à ce ratio. Le problème venait d'un choix stratégique : Américains et Russes, sans concertation, décidèrent tous deux de privilégier un matériel simple, robuste et facile à produire. Les Allemands, qui avaient conçu le Tigre dès 1937 optèrent pour la technologie à tout prix. Ce faisant, ils construisirent le meilleur char du moment, mais très difficile à produire (et soi-dit en passant à transporter : il fallait lui enlever ses chenilles pour le mettre sur un wagon tellement il était large). Sa masse (56 T dont 14 pour la seule tourelle) exigeait des prouesses techniques (choix des alliages, usinage au micron, absence de frottements ...) qui empêcheront toute augmentation de la cadence de production initiale tellement les outils de production étaient sophistiqués.

Pour en revenir à ma question initiale : où va le monde ? je me demande si nous, pays occidentaux, ne sommes pas un peu comme ces généraux allemands qui en 1941 découvrirent les premiers prototypes roulants du Tigre : un peu trop confiants dans notre avance technologique !

La déconvenue de la perte du marché des centrales nucléaires à Abu Dhabi est là pour nous le rappeler. C'est parfois la technologie la plus fruste qui gagne sur la plus sophistiquée. Pareil pour l'industrie automobile, où d'ailleurs en toute logique nos amis Allemands rejouent la même partition de la technologie à tout prix alors que les Chinois et les Coréens avancent avec des voitures plus standards construites en masse.

Il est de tradition de porter des vœux en début d'année et je ne peux que nous souhaiter le meilleur, à nous Occidentaux, sur le plan économique. Mais je crains quand même qu'on ait dépassé - sans s'en rendre compte - le point de non-retour où la masse "asiatique" (car c'est quand même de ce dont il s'agit si on y inclut l'Inde par une légère approximation géographique ....) a déjà pris le dessus sur la technologie occidentale.

D'où bien sûr 2 réponses à l'opposé à mes 2 questions initiales : où va le monde : il avance, où va le monde occidental : il recule. Un peu comme dans une guerre où lorsqu'un front bouge, une armée avance et l'autre recule, ce qui change la perception des choses bien sûr, selon le camp auquel on appartient ! Alors, la solution : revenir à des choix plus simples, moins sophistiqués ? Ou le juste compromis ? par exemple, pour revenir au Tigre, un char gagnant à 3 contre 1 et produit à 15 000 exemplaires aurait sans doute été plus utile aux Allemands.

mardi 29 décembre 2009

WOLFSBURG : Fin de l'enquête "web"



Mon enquête se termine avec ces derniers compléments d'information :

Sur le symbole LOUP : le dessin animé de Tex Avery où Hitler apparaît en loup (les 3 petits cochons). 10 mn sur Dailymotion. Page 84 du tome 6 "La France dans la débâcle" : "Les loups sont entrés dans Paris" (troupes allemandes).

Sur le Château : Le destin funeste du propriétaire des terres sur lesquelles fut construite l'usine : obligé d'accepter cette installation, il fut pendu par les nazis pour avoir participé au complot contre Hitler (attentat du 22 juin 1944).
Le terrain était vaste et près du "Mitteland Kanal", ce qui facilitait le transport. Je note quand même que ce canal faisait plus de 300 km et qu'il y avait sans doute d'autres endroits pour installer l'usine, mais aucun autre qui portait ce nom :
Wolfsburg n'est pas un nom si fréquent en Allemagne : il n'y a qu'une dizaine de villes qui ont le mot loup dans leur nom, et peu qui sont aussi symboliques qu'un château fort (par exemple, des forêts, des chemins, des maisons ....)
Le blason de la ville montrant le loup date de 1952. Il a été inventé pour faire référence au château.

Sur VW : Les 200 000 allemands ayant payé la voiture n'ont évidemment jamais été livrés, l'usine a fait appel à 200 SS pour faire les tests d'endurance avant la guerre. Ferdinand Porsche a copié un constructeur tchécoslovaque, Tatra, qui a porté plainte (action en justice stoppée par l'invasion du pays). L'inauguration en grande pompe de l'usine en 1938 a donné lieu à la distribution de 500 modèles réduits de VW donnés aux personnalités présentes -aujourd'hui très recherchés par les collectionneurs, et le club des coccinelles de Wolfsburg a fêté en grande pompe cet anniversaire en 2008 ! (cf photo)

Reste à savoir :

1) Le nom du château de Wolfsburg a-t-il joué dans le choix de l'emplacement de l'usine (cf archives)
2) Quels ont été exactement les raisons du choix du nom de Wolfsburg pour la ville ? Qui l'a proposé ? Pourquoi n'y a-t-il pas eu de réticences vu le symbole ? (cf archives)
3) Volkswagen est une marque automobile création directe d'Hitler, pourquoi n'a-t-elle pas été rebaptisée également après-guerre ? y a-t-il eu discussions sur ce sujet ?
4) Le groupe VAG a-t-il également fêté en 2008 les 70 ans de l'usine ?
5) Quelle est la genèse du nom GOLF et la ressemblance phonétique ADOLF - WOLF - GOLF est-elle vraiment fortuite ? Ce point sera sans nul doute le plus difficile à investiguer.

Pour continuer, j'aurai besoin de l'aide de journalistes et historiens. Pourquoi pas aussi du groupe VAG ?

lundi 28 décembre 2009

ADOLF - WOLF - GOLF ...

ADOLF : Saint Adolphe (ou Adolf) vécut au 13 ème siècle en Basse Saxe. Le prénom veut dire "noble loup" : contraction de Adal : Noble et Wulf : le loup en vieux dialecte germain. Le prénom, autrefois populaire, a quasiment disparu pour la raison qu'on sait.

WOLF : le loup. Symbole de référence d'Hitler. Toute sa vie, ce nom eut une importance majeure : nom d'espion, surnom nazi, nom donné à sa soeur pour qu'elle se cache, nom de ses principaux QG de campagnes, noms donnés aux SS (qu'il appelait sa meute de loups)

WOLFSBURG : siège social de VOLKSWAGEN en basse-saxe (!). On ne peut exclure qu'Hitler ait choisi de construire l'usine et la ville en raison de la proximité avec un chateau qui portait ce nom. Nom donné à la ville après la guerre sans trop d'attention au symbole (ou le contraire ?). Le blason de la ville montre un loup sur un chateau qui regarde en arrière (c'est la seule direction qui lui soit possible, certainement). A noter que le chateau de Wolfsburg était situé sur la commune de Fallesleben qui a été intégrée, comme bien d'autres, dans la ville de Wolfsburg au fur et à mesure de sa croissance.

WERWOLF : unité de guérilla rassemblant des civils et des membres de la HitlerJugend, créée par Goebbels fin 1944 et commandée par le général SS Prutzmann, spécialiste de la répression anti-partisan sur le front de l'Est. La Werfolf tua le maire d'Aix La Chapelle après la reddition de la ville et un général américain juif. La répression fut féroce : tout allemand civil pris l'arme à la main par les américains était soupçonné de faire partie de la Werwolf et souvent exécuté sur place. De son coté, la Werfolf exécutait tout allemand voulant se rendre et plusieurs mouvements de guérillas continuèrent après la guerre dans les forêts allemandes.

GOLF : best-seller de la production de Volkswagen. A une lettre près, le loup ! (WOLF). Certains ont du bien s'amuser à Wolfsburg en choisissant ce nom !

VOLKSWAGEN : marque créée à la demande d'Hitler (par qui exactement, à vérifier) pour son projet

LOGO : logo VW créé au même moment (en 1938). Pratiquement inchangé depuis !

VLF WOLFSBURG : Club de Football de la ville de Wolfsburg, champion d'Allemagne 2008-2009. Le symbole du Club est le W. Il serait intéressant de savoir ce que les supporters pensent de ce symbole.

samedi 26 décembre 2009

Le sens d'un questionnement (Wolfsburg)

Tout d'abord, je souhaite de bonnes fêtes de fin d'année à tous et notamment à mes amis allemands, et je précise que selon moi l'amitié franco-allemande est certainement une des meilleures choses qui soit arrivée. De Gaulle, qui refusa toujours de parler anglais lorsqu'il était à Londres et qui s'adressa aux allemands dans un allemand qu'il maîtrisait parfaitement (désolé pour notre président actuel ...) en a été l'initiateur. Merci à lui et à Adenauer.

Alors, quel mouche me pique me direz vous ?

Je suis passionné d'histoire, mais ça vous l'avez compris. Je pense aussi que l'oubli vient vite et que le devoir de mémoire s'impose à tous, s'agissant d'une des plus grandes tragédies humaines (même si ce n'est pas la seule - cf mon post sur le livre de Rochus Misch).

Voici donc ma position, la plus simplement exprimée :

1) Il est de notoriété publique que les propriétaires des entreprises allemandes ont massivement soutenu Hitler et l'effort de guerre (sauf Thyssen qui partit en exil). Ferdinand Porsche fut le premier d'entre eux. On sait moins que la qualité de l'outil industriel de l'Allemagne nazie - beaucoup moins détruit par les bombardements qu'imaginé - fut la vraie origine du "miracle allemand" d'après-guerre. Un seul exemple : au début 45 le rythme mensuel de production de chars et d'avions était au plus haut depuis le début de la guerre, cela était dû au sens de l'organisation d'Albert Speer (ministre de l'industrie du Reich à partir de 1942) et à l'exploitation massive de prisonniers et déportés dont un nombre énorme mourut sur place.

Alors, fallait-il démanteler cette industrie coupable après la guerre ? Certes pas, mais il n'était pas interdit d'être très vigilant sur les symboles et cette affaire me semble justement choquante car elle touche au premier d'entre eux.

Je rappelle que le mot Volkswagen qui nous fait penser aujourd'hui à voiture populaire avait un tout autre sens pour son créateur. Quand Hitler parle de "Volksgemeinschaft", littéralement la "communauté nationale", on voit bien quel sens il donne à sa "Volkswagen" : la voiture du peuple allemand (et pas des autres !).

Alors, que faire ? On ne peut débaptiser ni le Groupe ni la ville de Wolfsburg. Changer le logo ? Poser le problème ne risque-t-il pas de relancer certains nostalgiques ?

Pour ma part, je pense qu'une solution serait que le groupe VAG, qui a déjà accepté de se pencher sur son passé douloureux (quoique partiellement) accepte de financer les recherches sur les 2 questions posées dans mes précédents posts et trouve une solution symbolique de compensation vis à vis des victimes de son passé.

Au moment où le groupe VAG accueille en son sein la marque Porsche, création du chef du projet "Volkswagen" choisit par Hitler en 1938, Ferdinand Porsche, cela me semble la moindre des choses.


Une précision pour conclure le sujet : pourquoi, le loup étant si important pour lui, Hitler n'a-t-il pas fait appeler la ville nouvelle "Wolfsburg" lors de sa création en 1938 ?
Mon analyse est la suivante : cela faisait référence à cette époque de "paix" à une face cachée qu'il ne voulait pas révéler si facilement (il demande à sa soeur de se cacher sous ce nom !). Le nom bureaucratique "Stadt des Kdf wagens" cachait le symbole que lui connaissait (c'est mon interprétation reposant sur le fait que la ville nouvelle qui pouvait être construite partout en Allemagne l'a justement été à coté du château du loup le plus imposant du pays). Il a fallu attendre la guerre et son isolement progressif dans ses Q.G pour trouver une référence ouverte à son symbole préféré (Ravin du Loup, Loup-Garou et surtout la Tanière du Loup).