En Février, je remerciais nos amis grecs pour la baisse de l'euro. Certains experts pensent qu'elle ne durera pas, mais c'est déjà ça de pris.
Le deuxième merci (je n'irai pas jusqu'aux mille si connus)c'est pour nous rappeler des vérités oubliées : pour emprunter, il faut un prêteur. On sent bien que les choses pourraient tourner au vinaigre pour la Grèce dès le mois de Mai. Les autorités grecques se rendent bien compte que le poids de la dette et la hausse des taux (un doublement pour eux en 1 an) est insupportable. Oui, mais voilà : il n' y a pas 36 solutions mais DEUX : accepter les fourches caudines du FMI (ce que beaucoup de pays ont fait depuis 20 ans mais quand on est habitué à truander ses statistiques en permanence, le chemin à faire doit sembler beaucoup plus long) ou tenter la voie de la dévaluation / et - ou du défaut. La première est douloureuse mais les résultats certains, la seconde peut sembler plus douce au début pour la population mais l'étau se resserrera années après années.
Une fois le sort de la Grèce scellé (avant la fin du semestre), les marchés se tourneront vers la victime suivante qui pourrait être le Portugal.
En 1939, nous avions tranquillement attendu que tous les petits pays soient avalés par l'ogre allemand avant de nous réveiller virtuellement morts (notre existence ne tenant qu'à la volonté de notre vainqueur). Ferons nous la même chose en ce début de 21ème siècle, à attendre d'être - ce qui arrivera fatalement un jour - le premier de la liste.
Donc, je corrige le titre de ma chronique : un grand merci - à nouveau - à nos amis Grecs. Mais je ne suis pas certain que nous saurons tirer tous les enseignements de leur sacrifice - inévitable.
mercredi 7 avril 2010
vendredi 2 avril 2010
Le Métro
On peut supposer que nos hommes politiques prennent rarement le métro en France et encore moins à l'étranger, lorsqu'ils y vont en voyages officiels !
C'est dommage : ils ratent un moyen facile de se comparer. Ceci dit, les résultats sont tellement en notre défaveur que c'est peut-être mieux pour eux. Cela leur permet de garder leurs illusions sur la supériorité de notre modèle "socio-politico-économique" (quoique, au hasard : 8 millions de "pauvres en France, ai-je entendu ce jour ? + un moral des français en berne qui fait de nous le peuple le moins sûr de son avenir parmi les pays développés ...)
Au Japon et en Allemagne : métros impeccables, pas de tag, systèmes de contrôle à l'entrée limités (voir totalement absents en Allemagne). Pas de trace de chewing-gum sur les sols (et pas de poubelles au Japon). Signalétique sans faille et logique. Pas d'odeur d'urine ni de clochards dans les stations.
Au Japon, la fréquence très élevées des rames permet d'absorber un flux de voyageurs énormes, et l'organisation des files d'attente permet à chacun de monter sans devoir jouer des coudes. Les rames sont chauffées l'hiver et climatisées l'été. Des écrans vidéo multiples vous indiquent la station présente et future, ainsi que les interconnections (avec messages audio en japonais et en anglais). Les rames sont agencées pour le plus grand nombre (sièges sur les cotés en file laissant un vaste espace pour les voyageurs debout). Un personnel permanent sur les quais et en station veille à la sécurité.
Ah oui, j'oubliais, on ne pousse pas son voisin sous les rames.
La France est un beau pays. Chapeau bas aux touristes qui s'y rendent.
Hommes politiques français, faites donc le tour des métros mondiaux avec une petite grille de classement. Les prix de la saleté et de l'insécurité devraient nous revenir assez facilement, pour le reste je pense nous devrions collectionner la place du cancre (j'exclus les actes de terrorisme récents du métro de Moscou car nous aussi avons eu notre dose et nous savons que ça peut revenir à tout moment ...)
C'est dommage : ils ratent un moyen facile de se comparer. Ceci dit, les résultats sont tellement en notre défaveur que c'est peut-être mieux pour eux. Cela leur permet de garder leurs illusions sur la supériorité de notre modèle "socio-politico-économique" (quoique, au hasard : 8 millions de "pauvres en France, ai-je entendu ce jour ? + un moral des français en berne qui fait de nous le peuple le moins sûr de son avenir parmi les pays développés ...)
Au Japon et en Allemagne : métros impeccables, pas de tag, systèmes de contrôle à l'entrée limités (voir totalement absents en Allemagne). Pas de trace de chewing-gum sur les sols (et pas de poubelles au Japon). Signalétique sans faille et logique. Pas d'odeur d'urine ni de clochards dans les stations.
Au Japon, la fréquence très élevées des rames permet d'absorber un flux de voyageurs énormes, et l'organisation des files d'attente permet à chacun de monter sans devoir jouer des coudes. Les rames sont chauffées l'hiver et climatisées l'été. Des écrans vidéo multiples vous indiquent la station présente et future, ainsi que les interconnections (avec messages audio en japonais et en anglais). Les rames sont agencées pour le plus grand nombre (sièges sur les cotés en file laissant un vaste espace pour les voyageurs debout). Un personnel permanent sur les quais et en station veille à la sécurité.
Ah oui, j'oubliais, on ne pousse pas son voisin sous les rames.
La France est un beau pays. Chapeau bas aux touristes qui s'y rendent.
Hommes politiques français, faites donc le tour des métros mondiaux avec une petite grille de classement. Les prix de la saleté et de l'insécurité devraient nous revenir assez facilement, pour le reste je pense nous devrions collectionner la place du cancre (j'exclus les actes de terrorisme récents du métro de Moscou car nous aussi avons eu notre dose et nous savons que ça peut revenir à tout moment ...)
dimanche 14 mars 2010
Le quiproquo historique sur "La Rafle"
Je ne sais pas si "La Rafle" est un bon film, ne l'ayant pas déjà vu. Les critiques sont assez partagés et loin d'être unanimes : certains disent que c'est un film qu'il faut aller voir, d'autres que c'est assez maladroit. Il faut sans doute se faire son propre avis.
Une chose me gêne dans les commentaires sur la rafle du Vél d'Hiv, c'est la conclusion apparue récemment (sous la présidence de Jacques Chirac) qu'elle représente un crime de la France et des Français, qui me semble faire fi du contexte historique exceptionnel dans lequel elle se déroula, à savoir un pays ayant perdu la guerre (une armistice n'est pas la paix) et occupé par son vainqueur et son programme diabolique de domination et d'extermination, un Etat et une administration illégale et non démocratique (ayant profité de la défaite pour renverser l'assemblée nationale - sur laquelle était désormais inscrit en énorme et en allemand : "L'Allemagne vainc sur tous les fronts").
Il faut revoir l'excellent documentaire de Joachim Fest sur Hitler ("Hitler - Une carrière") pour percevoir la lente et résistible montée au pouvoir d'Hitler. Les crimes les plus graves de conséquences furent commis lors de cette époque en Allemagne d'abord, en Europe ensuite : ils avaient pour nom lâcheté, aveuglement et égoïsme. Voilà une vérité assez pénible qu'il vaut mieux oublier. D'où un sentiment de malaise qui nous envahit en revoyant s'étaler notre défaillance vis à vis du monde démocratique que nous défendions à l'époque.
Les nations coupables (Allemagne et Japon) ont gravement payé leurs crimes par la destruction de leurs villes et les morts civils innombrables. Les Anglais et Russes ont gagné la guerre grâce à leur sacrifice et à leur courage. Mais nous Français ? Il faut reconnaître que cette lâche collaboration avec l'Allemagne eut finalement des résultats en épargnant relativement la population française (sauf bombardements alliés inévitables pour la libération), y compris pour les juifs (dont les 2 tiers survécurent, soit un des plus forts taux de survie de l'Europe occupée). C'est en Pologne, occupée sans armistice, que la population juive fut la plus décimée et il est évident que ce sont des raisons politiques et non militaires qui amenèrent Hitler à traiter la France différemment, et on sait que cela pouvait changer à tout moment.
Le général de Gaulle ne s'y est d'ailleurs pas trompé qui, sitôt la victoire obtenue, a voulu tourner la page de la collaboration au plus vite en limitant les procès aux principaux responsables politiques.
On ne peut qu'être ému et révolté par le sort des juifs pendant la seconde guerre mondiale, et par l'attitude des "autorités" de l'époque qui permirent cette rafle, mais pour ma part, et ce n'est pas je pense contradictoire, ma première indignation est pour les signataires des accords de Munich et les dirigeants français et anglais de l'époque qui conduisirent par leur lâcheté aux 65 millions de morts de la guerre.
Une chose me gêne dans les commentaires sur la rafle du Vél d'Hiv, c'est la conclusion apparue récemment (sous la présidence de Jacques Chirac) qu'elle représente un crime de la France et des Français, qui me semble faire fi du contexte historique exceptionnel dans lequel elle se déroula, à savoir un pays ayant perdu la guerre (une armistice n'est pas la paix) et occupé par son vainqueur et son programme diabolique de domination et d'extermination, un Etat et une administration illégale et non démocratique (ayant profité de la défaite pour renverser l'assemblée nationale - sur laquelle était désormais inscrit en énorme et en allemand : "L'Allemagne vainc sur tous les fronts").
Il faut revoir l'excellent documentaire de Joachim Fest sur Hitler ("Hitler - Une carrière") pour percevoir la lente et résistible montée au pouvoir d'Hitler. Les crimes les plus graves de conséquences furent commis lors de cette époque en Allemagne d'abord, en Europe ensuite : ils avaient pour nom lâcheté, aveuglement et égoïsme. Voilà une vérité assez pénible qu'il vaut mieux oublier. D'où un sentiment de malaise qui nous envahit en revoyant s'étaler notre défaillance vis à vis du monde démocratique que nous défendions à l'époque.
Les nations coupables (Allemagne et Japon) ont gravement payé leurs crimes par la destruction de leurs villes et les morts civils innombrables. Les Anglais et Russes ont gagné la guerre grâce à leur sacrifice et à leur courage. Mais nous Français ? Il faut reconnaître que cette lâche collaboration avec l'Allemagne eut finalement des résultats en épargnant relativement la population française (sauf bombardements alliés inévitables pour la libération), y compris pour les juifs (dont les 2 tiers survécurent, soit un des plus forts taux de survie de l'Europe occupée). C'est en Pologne, occupée sans armistice, que la population juive fut la plus décimée et il est évident que ce sont des raisons politiques et non militaires qui amenèrent Hitler à traiter la France différemment, et on sait que cela pouvait changer à tout moment.
Le général de Gaulle ne s'y est d'ailleurs pas trompé qui, sitôt la victoire obtenue, a voulu tourner la page de la collaboration au plus vite en limitant les procès aux principaux responsables politiques.
On ne peut qu'être ému et révolté par le sort des juifs pendant la seconde guerre mondiale, et par l'attitude des "autorités" de l'époque qui permirent cette rafle, mais pour ma part, et ce n'est pas je pense contradictoire, ma première indignation est pour les signataires des accords de Munich et les dirigeants français et anglais de l'époque qui conduisirent par leur lâcheté aux 65 millions de morts de la guerre.
lundi 8 mars 2010
La Grèce, Tchécoslovaquie d'antan ?
En 1940, après avoir tout fait pour y échapper, dont sacrifier ses alliés, la France déclara une guerre qu'elle ne voulait pas faire et finit par accepter de la faire comme son ennemi le souhaitait. On connaît la suite. En feuilletant le livre de Max Gallo : "1940 : de l'abîme à l'espérance", qui vient de sortir aux éditions XO, je tombe par hasard sur une phrase prémonitoire du Général de Gaulle disant avant le début de l'offensive allemande : "cette bataille, nous l'avons déjà perdue".
Nous savons tous que certaines batailles se perdent avant d'être livrées. Je crains que la Grèce et autres Portugal et consorts ne jouent le rôle de la Tchécoslovaquie en 1938, sacrifiés pour nous faire gagner un peu de temps !
François Fillon qui a dit il y a quelques années qu'il était à la tête d'un pays en faillite a du se dédire, non parce qu'il avait dit une contre-vérité mais parce que le pays n'était soi-disant pas prêt à entendre la vérité.
Comme le rappelle si bien Marc de Scitivaux ("Les cahiers verts de l'économie"), et il n'est pas le seul : le déficit public devrait être affiché par rapport aux recettes publiques et non par rapport au PIB qui n'appartient pas - dieu merci - en totalité à l'Etat. Les déficits avoisineraient alors des chiffres de 40% faisant ressortir l'énormité de l'impasse budgétaire.
Au moins cette fois-ci, Sarkozy n'a pas eu à serrer la main du diable ! Les marchés financiers sont plus discrets. Nous ne doutons cependant pas de leur cruauté.
Nous savons tous que certaines batailles se perdent avant d'être livrées. Je crains que la Grèce et autres Portugal et consorts ne jouent le rôle de la Tchécoslovaquie en 1938, sacrifiés pour nous faire gagner un peu de temps !
François Fillon qui a dit il y a quelques années qu'il était à la tête d'un pays en faillite a du se dédire, non parce qu'il avait dit une contre-vérité mais parce que le pays n'était soi-disant pas prêt à entendre la vérité.
Comme le rappelle si bien Marc de Scitivaux ("Les cahiers verts de l'économie"), et il n'est pas le seul : le déficit public devrait être affiché par rapport aux recettes publiques et non par rapport au PIB qui n'appartient pas - dieu merci - en totalité à l'Etat. Les déficits avoisineraient alors des chiffres de 40% faisant ressortir l'énormité de l'impasse budgétaire.
Au moins cette fois-ci, Sarkozy n'a pas eu à serrer la main du diable ! Les marchés financiers sont plus discrets. Nous ne doutons cependant pas de leur cruauté.
dimanche 28 février 2010
Le syndrome Manstein
Réflexions suite à la lecture du livre de Benoît Lemay : "Erich Von Manstein, le stratège de Hitler" aux éditions Perrin (2006)
Résumé (très rapide ...) : Erich Von Manstein fut le concepteur du fameux "coup de faucille" (attaque par Sedan) qui détruisit l'armée française en mai 1940. Concepteur seulement car Hitler, bien qu'enthousiaste par la présentation de son plan (contre l'avis de sa hiérarchie !) préféra le mettre en oeuvre lui-même. Sa réalisation approximative permit le fameux "miracle de Dunkerque" et c'est surtout l'audace et la ténacité de Guderian - chef opérationnel des Panzers - qui permit sa réalisation alors qu'Hitler affolé par le succès voulut tout arrêter en plein milieu.
Von Manstein se fit ensuite connaître par la prise en juillet 1942 de la forteresse de Sebastopol en Crimée qui était alors réputée imprenable. Il fut nommé par Hitler Feld-Maréchal, le grade le plus élevé de l'armée de terre et prit le commandement du groupe A (Armée du Caucase) et fut chargé,après la contre-offensive russe sur Stalingrad, de dégager la 6ème Armée. Il n'y arriva pas mais les experts militaires sont aujourd'hui d'accord qu'il sauva, par ce sacrifice certes significatif - 200 000 hommes, le reste des armées du Sud (plus d'un million d'hommes) dont la perte aurait sans doute signifié la fin de la guerre pour l'Allemagne.
Au printemps 1943, il réussit une série de batailles "défensives" qui se traduisirent par des contre-attaques réussies très coûteuses pour les Russes.
Hitler lui imputa l'échec de la bataille de Koursk en été 1943, mais la vrai raison de sa disgrâce survenue début 1944 (soit 1 an et demi avant la fin la guerre !) était ailleurs : Hitler ne supporta pas les demandes répétées de Von Manstein d'obtenir l'autorité sur la conduite du front de l'Est afin de pouvoir quand nécessaire replier ses troupes pour mieux contre-attaquer ensuite.
Au même moment, le "Times" titrait sa une sur Von Manstein en le qualifiant de meilleur maréchal de l'armée allemande !
Tous les experts militaires s'accordent sur le fait que c'est justement cette double volonté d'Hitler de commander lui même ses armées tout en ne leur accordant jamais le droit de retraite qui engendra l'effondrement si rapide du front Est à partir de la mi-1944. En fait, ce qui ne plaisait pas à Hitler c'était que Von Manstein connaissait parfaitement les limites du possible d'une armée, et essayait toujours de vérifier l'adéquation entre l'objectif, les moyens et le terrain. La force de ce dernier tenait en la combinaison de la théorie (il était officier de métier) et de la pratique (notamment les visites quotidiennes sur le front qu'il s'imposait en toutes circonstances).
A partir de mi 1944, donc, Hitler continua de couvrir Von Manstein d'honneurs et de récompenses diverses, tout en acceptant de plus en plus difficilement d'écouter ses récriminations et suppliques, mais refusera jusqu'à la fin de lui redonner le moindre commandement, au plus grand désespoir des autres généraux qui voyaient en celui-ci le seul capable de sauver l'Allemagne.
On voit bien là une différence fondamentale avec l'attitude de Staline qui laissa, à partir de fin 1942, la conduite des opérations à ses maréchaux. L'attitude d'Hitler ne peut se comprendre que par sa conviction absolue d'être dans le vrai et son refus non moins absolu de se confronter aux résultats de sa stratégie et à tous ceux qui en doutaient.
Revenons au monde du business, où la compétition pour en être différente n'en est pas moins cruciale. Le patron mégalo-maniaque et sûr de son talent, qui ne délègue pas et qui se sépare de tous les talents susceptibles de lui faire de l'ombre, et qui entraîne sa société dans un gouffre, c'est quand même assez répandu (Tchuruk et Messier me viennent à l'esprit, mais il y en a pas mal d'autres ...)
Comment cela est-il possible ? une réussite initiale qui donne crédibilité au top-manager et lui fait croire à son infaillibilité, une pratique autoritaire et clanique du pouvoir qui fait taire les contradictions et les débats, et ensuite une total cécité face aux premiers échecs de sa politique.
Il serait intéressant de retrouver tous les Manstein de Vivendi et Alcatel, virés pour la plus grande perte des groupes auquels ils appartenaient, et de savoir ce qu'ils sont devenues (car dans le Business il peut y avoir une 2ème chance !)
Résumé (très rapide ...) : Erich Von Manstein fut le concepteur du fameux "coup de faucille" (attaque par Sedan) qui détruisit l'armée française en mai 1940. Concepteur seulement car Hitler, bien qu'enthousiaste par la présentation de son plan (contre l'avis de sa hiérarchie !) préféra le mettre en oeuvre lui-même. Sa réalisation approximative permit le fameux "miracle de Dunkerque" et c'est surtout l'audace et la ténacité de Guderian - chef opérationnel des Panzers - qui permit sa réalisation alors qu'Hitler affolé par le succès voulut tout arrêter en plein milieu.
Von Manstein se fit ensuite connaître par la prise en juillet 1942 de la forteresse de Sebastopol en Crimée qui était alors réputée imprenable. Il fut nommé par Hitler Feld-Maréchal, le grade le plus élevé de l'armée de terre et prit le commandement du groupe A (Armée du Caucase) et fut chargé,après la contre-offensive russe sur Stalingrad, de dégager la 6ème Armée. Il n'y arriva pas mais les experts militaires sont aujourd'hui d'accord qu'il sauva, par ce sacrifice certes significatif - 200 000 hommes, le reste des armées du Sud (plus d'un million d'hommes) dont la perte aurait sans doute signifié la fin de la guerre pour l'Allemagne.
Au printemps 1943, il réussit une série de batailles "défensives" qui se traduisirent par des contre-attaques réussies très coûteuses pour les Russes.
Hitler lui imputa l'échec de la bataille de Koursk en été 1943, mais la vrai raison de sa disgrâce survenue début 1944 (soit 1 an et demi avant la fin la guerre !) était ailleurs : Hitler ne supporta pas les demandes répétées de Von Manstein d'obtenir l'autorité sur la conduite du front de l'Est afin de pouvoir quand nécessaire replier ses troupes pour mieux contre-attaquer ensuite.
Au même moment, le "Times" titrait sa une sur Von Manstein en le qualifiant de meilleur maréchal de l'armée allemande !
Tous les experts militaires s'accordent sur le fait que c'est justement cette double volonté d'Hitler de commander lui même ses armées tout en ne leur accordant jamais le droit de retraite qui engendra l'effondrement si rapide du front Est à partir de la mi-1944. En fait, ce qui ne plaisait pas à Hitler c'était que Von Manstein connaissait parfaitement les limites du possible d'une armée, et essayait toujours de vérifier l'adéquation entre l'objectif, les moyens et le terrain. La force de ce dernier tenait en la combinaison de la théorie (il était officier de métier) et de la pratique (notamment les visites quotidiennes sur le front qu'il s'imposait en toutes circonstances).
A partir de mi 1944, donc, Hitler continua de couvrir Von Manstein d'honneurs et de récompenses diverses, tout en acceptant de plus en plus difficilement d'écouter ses récriminations et suppliques, mais refusera jusqu'à la fin de lui redonner le moindre commandement, au plus grand désespoir des autres généraux qui voyaient en celui-ci le seul capable de sauver l'Allemagne.
On voit bien là une différence fondamentale avec l'attitude de Staline qui laissa, à partir de fin 1942, la conduite des opérations à ses maréchaux. L'attitude d'Hitler ne peut se comprendre que par sa conviction absolue d'être dans le vrai et son refus non moins absolu de se confronter aux résultats de sa stratégie et à tous ceux qui en doutaient.
Revenons au monde du business, où la compétition pour en être différente n'en est pas moins cruciale. Le patron mégalo-maniaque et sûr de son talent, qui ne délègue pas et qui se sépare de tous les talents susceptibles de lui faire de l'ombre, et qui entraîne sa société dans un gouffre, c'est quand même assez répandu (Tchuruk et Messier me viennent à l'esprit, mais il y en a pas mal d'autres ...)
Comment cela est-il possible ? une réussite initiale qui donne crédibilité au top-manager et lui fait croire à son infaillibilité, une pratique autoritaire et clanique du pouvoir qui fait taire les contradictions et les débats, et ensuite une total cécité face aux premiers échecs de sa politique.
Il serait intéressant de retrouver tous les Manstein de Vivendi et Alcatel, virés pour la plus grande perte des groupes auquels ils appartenaient, et de savoir ce qu'ils sont devenues (car dans le Business il peut y avoir une 2ème chance !)
lundi 15 février 2010
Automobile, chômage et usine à gaz
Quel rapport entre l'automobile et le chômage ?
Aux Etats-Unis, le prix des voitures américaines étaient depuis longtemps grevé du coût des retraites des salariés américains. En France (et dans la majeure partie des pays européens), le coût d'usage d'une auto est fortement grevé de taxes diverses. Résultat : chute des ventes, compensée plus ou moins par des incentives gouvernementales à l'achat qui font un peu penser à la politique HP ou Nespresso : achetez mon imprimante ou ma cafetière à bon prix, et ensuite devenez mes assujettis.
Malgré tout, la tendance semble assez irréversible : l'utilisation de la voiture dans la ville recule nettement et les ventes d'essence connaissent depuis quelques années une décroissance en France.
Ayant fait son sort à l'auto, qu'en est-il de l'emploi ?
L'emploi en France (mais pas seulement) supporte depuis quelques décennies le coût de l'explosion des dépenses de santé et des retraites. Résultat, sa compétitivité s'est fortement détérioré, notamment vis à vis des pays neufs qui ne connaissent pas ce type de handicap.
Alors ? Et si baisse du poids de l'auto et hausse du chômage dans les pays développés étaient 2 tendances lourdes générées par l'avidité de l'État ayant chargé inconsidérément la barque depuis quelques décennies ? La présidente du Medef vient de proposer l'exonération de charge totale sur les embauches des chômeurs en fin de droit. On reste dans la logique des incentives et des usines à gaz.
A quand un impôt unique et égal pour tous remplaçant tous ces systèmes ineptes et contre-productifs ? Une TVA à 25% par exemple en échange d'une suppression des taxes sur l'automobile et sur les salaires. L'apparente injustice pour les revenus modestes serait compensée par la pérénisation d'un système de redistribution aujourd'hui à bout de souffle en raison de l'asséchement des capacités productrices dans notre pays.
En période de guerre, les gouvernements donnent toujours priorité à l'approvisionnement du front par rapport à l'arrière. Il est vrai que dans une guerre économique, qui plus est avec le parapluie factice et temporaire de l'euro, la répartition efficace des ressources est plus longue à être décidée car l'urgence et les conséquences ne sont pas présentes au plus grand nombre immédiatement.
Qu'on y songe : rien n'empêche un salarié de quitter son pays s'il estime pouvoir avoir une meilleure rétribution ailleurs. Les Irlandais et les Italiens ont fait les Etats-Unis au siècle dernier. En France, la part des jeunes diplômés qui trouvent leur premier job à l'étranger devient impressionnante. comment seront payées nos retraites dans ces conditions ?
Alors : usines à gaz pour soutenir l'automobile et régler le problème des retraites ou retour au bon sens et à la simplicité ? Pour l'instant, je ne vois rien de vraiment engageant dans les réflexions. Le problème des usines à gaz, c'est qu'il faut sans arrêt les complexifier pour réparer les défauts permanents révélés par l'exploitation !
Aux Etats-Unis, le prix des voitures américaines étaient depuis longtemps grevé du coût des retraites des salariés américains. En France (et dans la majeure partie des pays européens), le coût d'usage d'une auto est fortement grevé de taxes diverses. Résultat : chute des ventes, compensée plus ou moins par des incentives gouvernementales à l'achat qui font un peu penser à la politique HP ou Nespresso : achetez mon imprimante ou ma cafetière à bon prix, et ensuite devenez mes assujettis.
Malgré tout, la tendance semble assez irréversible : l'utilisation de la voiture dans la ville recule nettement et les ventes d'essence connaissent depuis quelques années une décroissance en France.
Ayant fait son sort à l'auto, qu'en est-il de l'emploi ?
L'emploi en France (mais pas seulement) supporte depuis quelques décennies le coût de l'explosion des dépenses de santé et des retraites. Résultat, sa compétitivité s'est fortement détérioré, notamment vis à vis des pays neufs qui ne connaissent pas ce type de handicap.
Alors ? Et si baisse du poids de l'auto et hausse du chômage dans les pays développés étaient 2 tendances lourdes générées par l'avidité de l'État ayant chargé inconsidérément la barque depuis quelques décennies ? La présidente du Medef vient de proposer l'exonération de charge totale sur les embauches des chômeurs en fin de droit. On reste dans la logique des incentives et des usines à gaz.
A quand un impôt unique et égal pour tous remplaçant tous ces systèmes ineptes et contre-productifs ? Une TVA à 25% par exemple en échange d'une suppression des taxes sur l'automobile et sur les salaires. L'apparente injustice pour les revenus modestes serait compensée par la pérénisation d'un système de redistribution aujourd'hui à bout de souffle en raison de l'asséchement des capacités productrices dans notre pays.
En période de guerre, les gouvernements donnent toujours priorité à l'approvisionnement du front par rapport à l'arrière. Il est vrai que dans une guerre économique, qui plus est avec le parapluie factice et temporaire de l'euro, la répartition efficace des ressources est plus longue à être décidée car l'urgence et les conséquences ne sont pas présentes au plus grand nombre immédiatement.
Qu'on y songe : rien n'empêche un salarié de quitter son pays s'il estime pouvoir avoir une meilleure rétribution ailleurs. Les Irlandais et les Italiens ont fait les Etats-Unis au siècle dernier. En France, la part des jeunes diplômés qui trouvent leur premier job à l'étranger devient impressionnante. comment seront payées nos retraites dans ces conditions ?
Alors : usines à gaz pour soutenir l'automobile et régler le problème des retraites ou retour au bon sens et à la simplicité ? Pour l'instant, je ne vois rien de vraiment engageant dans les réflexions. Le problème des usines à gaz, c'est qu'il faut sans arrêt les complexifier pour réparer les défauts permanents révélés par l'exploitation !
mercredi 10 février 2010
Un grand merci à nos amis grecs !
Un grand merci à nos amis grecs !
Ils viennent de réussir en 15 jours quelque chose d'indispensable mais qu'on n'avait pas réussi à faire depuis 4 ans, à savoir initier un net mouvement de baisse de l'euro (je mets de coté la hausse du dollar liée à la crise de septembre 2008). On peut être également certain quand on voit l'ineptie du programme de réduction des dépenses publiques grecs que la baisse n'en est qu'à son début, si les marchés attendent des résultats pour changer d'avis ...
Vraiment, je ne veux pas insulter nos amis grecs mais il semble évident que l'euro s'apparente pour eux à la pierre attachée au prisonnier jeté dans le lac. Arriveront-ils à s'en dépêtrer avant la noyade ? Je le leur souhaite, mais je n'en suis pas certain.
Revenons à l'euro. J'ai toujours pensé qu'il n'y avait aucune raison qu'un euro vaille plus qu'un dollar. Bien sûr, le combat euro dollar s'apparente à la lutte de l'aveugle et du paralytique : l'issue est incertaine. Le dollar a mille raison de plonger et de nous laisser avec le problème d'un euro sur-évalué.
Devant admettre que sur les évolutions des taux de change, bien malin celui qui peut prédire l'avenir, je souhaite développer rapidement non pas mes certitudes sur la baisse de l'euro mais pourquoi je pense que ce serait une bonne chose si elle pouvait se poursuivre.
2 raisons à cela : d'une part, la baisse matérialise l'appauvrissement relatif de la zone euro dans un monde qui progresse. Bien sûr, je préférerai le contraire mais je pense malgré tout qu'il est sain qu'une monnaie reflète fidèlement l'évolution de l'économie. D'autre part, un euro qui baisse signifie plus d'inflation et pénalise ceux qui ne peuvent ajuster leurs revenus au détriment des entreprises et des salariés des entreprises privées qui ont besoin aujourd'hui de ce coup de pouce lié à la chute de l'euro.
Donc, merci aux grecs, en attendant que les autres membres du club des "PIGS" fassent parler d'eux, tout en sachant que nous sommes en France encore moins vertueux qu'eux, mais la vertu n'est heureusement pas le baromètre des marchés financiers ...
Ils viennent de réussir en 15 jours quelque chose d'indispensable mais qu'on n'avait pas réussi à faire depuis 4 ans, à savoir initier un net mouvement de baisse de l'euro (je mets de coté la hausse du dollar liée à la crise de septembre 2008). On peut être également certain quand on voit l'ineptie du programme de réduction des dépenses publiques grecs que la baisse n'en est qu'à son début, si les marchés attendent des résultats pour changer d'avis ...
Vraiment, je ne veux pas insulter nos amis grecs mais il semble évident que l'euro s'apparente pour eux à la pierre attachée au prisonnier jeté dans le lac. Arriveront-ils à s'en dépêtrer avant la noyade ? Je le leur souhaite, mais je n'en suis pas certain.
Revenons à l'euro. J'ai toujours pensé qu'il n'y avait aucune raison qu'un euro vaille plus qu'un dollar. Bien sûr, le combat euro dollar s'apparente à la lutte de l'aveugle et du paralytique : l'issue est incertaine. Le dollar a mille raison de plonger et de nous laisser avec le problème d'un euro sur-évalué.
Devant admettre que sur les évolutions des taux de change, bien malin celui qui peut prédire l'avenir, je souhaite développer rapidement non pas mes certitudes sur la baisse de l'euro mais pourquoi je pense que ce serait une bonne chose si elle pouvait se poursuivre.
2 raisons à cela : d'une part, la baisse matérialise l'appauvrissement relatif de la zone euro dans un monde qui progresse. Bien sûr, je préférerai le contraire mais je pense malgré tout qu'il est sain qu'une monnaie reflète fidèlement l'évolution de l'économie. D'autre part, un euro qui baisse signifie plus d'inflation et pénalise ceux qui ne peuvent ajuster leurs revenus au détriment des entreprises et des salariés des entreprises privées qui ont besoin aujourd'hui de ce coup de pouce lié à la chute de l'euro.
Donc, merci aux grecs, en attendant que les autres membres du club des "PIGS" fassent parler d'eux, tout en sachant que nous sommes en France encore moins vertueux qu'eux, mais la vertu n'est heureusement pas le baromètre des marchés financiers ...
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