dimanche 25 novembre 2012

Dogmes ?

La jeune (mais est-ce une excuse ?) porte-parole du gouvernement se vante qu'avec sa politique fiscale le gouvernement a refusé le dogme selon lequel "si vous taxez la richesse, elle fuira le pays" (ou à peu près : je cite de mémoire !).

C'est idiot bien sûr car il n'y a rien de plus vérifié (et donc est-ce encore un dogme ?) : 600 milliards d'euro de richesse délocalisée depuis la création de l'ISF en 1981, 600 redevables à l'ISF ont quitté le pays en 2009 (dernières statistiques disponibles ?). L’hebdomadaire "Challenges" vient de faire sa une sur les contribuables les plus célèbres qui viennent de quitter la France.  En disant cela, c'est sans doute à la courbe de Laffer ("trop d'impôt tue l'impôt") qu'elle pensait, et on comprend que le gouvernement veuille, par la méthode Coué, se rassurer car si cette théorie est vraie, alors le pays est dans de beaux draps ! Réponse dans quelques mois, par exemple lorsque sera connu le chiffre de la croissance du 1er trimestre 2013.

Dogmes ? vous avez dit dogme ? S'il y a bien un pays qui étouffe sous les dogmes, c'est bien la France : avec dans le désordre "la réduction du temps de travail", "le logement social", "le CDI", "la justice sociale", "la défense du locataire", "la juste taxation des plus-values", etc, etc ... Résultats bien réels et donc non mis entre parenthèses dans le texte : le chômage, le CDD comme standard de recrutement, la bulle immobilière, la difficulté à se loger, le gel du marché immobilier, bref des résultats contraires au but recherché.

Dans 6 mois, il vous faudra, je le crains, débloquer votre logiciel interne après avoir appuyé sur la touche "reset".  Alors, il sera peut-être temps de refuser tous les dogmes.

mardi 6 novembre 2012

De retour d'Allemagne

Quelques jours pour le week-end de la Toussaint en Allemagne : Aix La Chapelle, Dusseldorf et Cologne.

L’Allemagne est un pays qui fonctionne bien : y conduire est agréable et moins coûteux qu'en France : Essence moins chère, autoroutes gratuites (et donc sans les bouchons des péages), vitesse libre (quand c'est possible, et limitée en fonction du danger), conducteurs (trices) respectueux des autres et attentifs en raison des bolides assez fréquents. Les restaurants sont beaucoup moins chers qu'à Paris et les selfs-services des grands magasins (type Galeria Kaufhof) sont excellents. Le sentiment de sécurité dans les villes y est bien supérieur à celui qu'on peut éprouver en France. Le commerce, quoi qu'on en dise (la consommation serait le dernier atout de la France ?) semble très bien se porter. C'est vrai, cette région n'est sans doute pas la moins riche d'Allemagne mais quand même.

Le succès de l'Allemagne, avec un chômage au plus bas depuis la réunification, est indéniable et incontesté. Les ingrédients sont connus : forte productivité du travail par un contrôle des dépenses publiques permettant des taux de charges sociales contenus, baisse du salaire minimum permettant l'essor du travail non qualifié, flexibilité du travail par des accords intra-entreprises (cf accord chez BMW permettant de faire face à une baisse de la demande), des entreprises rentables et bénéficiant de l'image du "made in Germany" et de forts niveaux d' investissements. La moindre intervention de l’État et de l'administration dans la vie des entreprises est certainement l'atout majeur de l'Allemagne (les allemands il est vrai ont payé le prix fort et savent de quoi il en retourne ...)

Les allemands ne sont pas tendres avec les errements du gouvernement français et Schroder en particulier (dont une socialiste a rappelé que même s'il avait peut être sauvé l'Allemagne, il avait quand même fait perdre son parti, exprimant tout haut son ordre des priorités ...)

La supplique de Schroder pour que la France échappe au destin de la Grèce : Fin immédiate des 35 heures, baisse immédiate des dépenses publiques et des charges sociales ... On en est très loin avec le plan lointain et compliqué annoncé hier. On nage en pleine politique politicienne .... Louis Gallois et Laurence Parisot sont heureux et je le suis pour eux, mais pas plus.

Rendez-vous dans 6 mois : le juge de paix sera le niveau des taux d’intérêt sur la dette française. Mon pronostic reste inchangé : la France ne peut pas s'en sortir avec cette politique et nous n'arriverons pas sain et sauf à l'échéance 2014 (de la baisse des charges). Il faut que je me remette à l'allemand !




lundi 1 octobre 2012

Haro sur les indépendants !

En Mai, quand Hollande a été élu, j'ai écouté son discours le soir même et j'ai coupé le son au bout de 3 minutes. Non, le Saint-Esprit ou une potion magique ne lui était pas tombé dessus par miracle ! Ridicule et démagogique il avait été pendant la campagne, ridicule et démagogique il serait pendant son quinquennat.

Depuis, cela m'arrive vraiment très rarement de l'écouter - ni ses ministres d'ailleurs - car c'est trop pénible. Partant de là, je me suis dit que je commenterai peu les décisions prises car convaincu qu'elles iraient dans le mauvais sens, c'est un peu comme enfoncer une porte ouverte ou se battre contre des moulins à vent en Espagne. Assez inutile. Et puis BFM Business - qui reprend la lamentation de nos économistes et chefs d'entreprise le fait si bien (récession et marasme au bout du chemin).

Mais là, devant le massacre des indépendants en ce jour de Saint Barthélemy fiscale, les bras m'en tombent ou plutôt mes doigts tombent sur le clavier comme un noyé qui se débattrait avant de boire la dernière tasse. 

Si j'ai bien compris les mesures annoncées, les indépendants (artisans, commerçants et professions libérales) vont voir leurs cotisations sociales augmenter ainsi que leurs impôts sur le revenu (par l'arrêt de la réduction de 10% pour frais professionnels). Mesures de double peine s'ajoutant à la potion amère largement commentée du budget 2013 sur laquelle je ne reviens pas.

Bien sûr, ces mesures sont injustes car elles ciblent une catégorie qui ne bénéficie d'aucune sécurité d'emploi ni de statut. Le discours justificateur (moralisateur ?) qu'il faut égaliser par le haut les cotisations de tous ne sera entendu que par les fonctionnaires qui ne savent pas ce qu'incertitude sur son chiffre d'affaires ou ses revenus veut dire. Par ailleurs, ces mesures envoient un message fort de mépris et de dédain qui sera retenu par des décideurs et des gens avec qui il faut compter, enfin elles seront inefficaces s'agissant de contribuables qui peuvent (par lassitude, par calcul ou par représailles) décider de moins travailler, de moins facturer ou de moins se verser de salaire. Sans parler du travail au noir ...

Dans mon cas personnel par exemple, le gouvernement me dit : tu vas payer plus d'impôt sur ton épargne, tu cotiseras plus et tu ne déduiras plus tes frais professionnels. Ma réponse : je dois donc renoncer à remplacer ma voiture, l'an prochain je me verserai moins de revenus et je travaillerai moins, et dès que mes derniers enfants seront grands, je partirai en Belgique pour y établir ma société.

Les experts fiscaux du gouvernement ne connaissent manifestement pas la fable de la grenouille (trempez là dans l'eau froide et chauffez l'eau progressivement, elle s'y habitue, et meurt. Jetez la grenouille dans l'eau chaude et elle s'en échappera par réflexe).





samedi 29 septembre 2012

Quand les ingénieurs plantent des salades

J'écoutai hier nos ministres présenter leur budget de combat (!). Ils me faisaient vraiment penser à cette bande dessinée des années d'après-guerre "Les pieds nickelés" où on voyait des héros stupides faire bêtise sur bêtise sans comprendre ce qui leur arrivait ensuite ....

Un point amusant ou triste, c'est l'idée que rien d'imprévu ne peut arriver, et disant cela je pense à l'effondrement soudain du pays, au plan financier. Leur discours était millimétré et leur suffisance immense : un vrai discours de la méthode (à base de comité Théodule et autres âneries ...). A milles lieux de la vie d'une entreprise qui doit se battre pour trouver des clients et les garder ensuite ...

Il y a quelques jours, je regardai une série passionnante sur la chaîne Histoire sur le cable consacrée à la chute de l'empire soviétique, des premiers soubresauts de Walesa et Jean-Paul 2 en passant par l'émancipation des pays baltes dans la douleur, puis le lâchage de l'Allemagne de l'Est d'Honecker, au putsch raté des généraux du KGB jusqu'à la montée en puissance d'Eltsine et enfin le hara-kiri télévisuel de Gorbachev annonçant en direct la fin de l'Union Soviétique, que sa politique de la Perestroika et de la Glasnost n'avait pas pu sauver. Tout cela se finissant par des centaines de milliers d'ingénieurs réduits soudainement à planter des salades et des légumes pour survivre, leur salaire n'étant plus versé du jour au lendemain.

En 10 ans, quelque chose d'invraisemblable s'était produit : la désintégration de la deuxième puissance mondiale.

Quand on voit le succès de la politique de la Suède où le nombre de fonctionnaires a été réduit drastiquement, les impôts baissés, et l'éducation nationale rendue aux directeurs des écoles et l'aveuglement avec lequel le gouvernement français poursuit une politique du nombre et de l'augmentation des impôts on ne peut pas ne pas penser à ce qui s'est passé en Union Soviétique.

Bien sûr, cela n'empêche pas les bonnes paroles et les bons sentiments, mais quand on visite le musée de la RDA à Berlin sur la Spree, on est également frappé de comment un système bon en apparence pronant l'égalité des sexes, la libération de la femme, l'avortement gratuit ... a finalement sombré dans un régime où l'économie était à l'arrêt et où seule l'activité d'espionnage du voisin fonctionnait (la fameuse Stasi).

Oh bien sur, nous sommes dans une démocratie et la comparaison avec ces régimes ne vaut dans mon sens que par l'absurdité des voies engagés et le résultat qu'il y a à en attendre, mais ce que je me dis, et je ne suis pas le seul, c'est que cet effondrement peut être très rapide. Imaginons, et c'est possible, que d'une part l'Italie réussisse ses réformes de structures et que d'autre part la France s'enfonce dans la crise. Les marchés financiers nous ferons basculer du jour au lendemain dans le camps des pays du sud et vu l'énormité de nos besoins de financements (bien supérieurs à ceux de l'Espagne), l'Allemagne ou l'Europe ne pourront nous sauver.

Et les fonctionnaires planteront des salades ?

samedi 8 septembre 2012

Qui insulte notre pays ?

Karine Berger, jeune (?) député socialiste accuse Bernard Arnault d'insulter notre pays !

Pitoyable !

Et ceux qui ont mis en place l'impôt sur la fortune et les 35 heures, 2 mesures fiscales et économiques abandonnéees ou jamais mises en place dans aucun autre pays développé, qu'ont-ils fait ?

Démagogie, facilité, refus de voir la réalité en face, dogmatisme, hypocrisie ...

Tous les experts savent que l'ISF, en faisant fuir environ 600 milliards d'€ du pays coûte en perte sur les droits de succession bien plus qu'il ne rapporte ! Quand aux 35 heures, le patronat allemand (qui vient de rappeler que la France devrait payer des taux d'intérêts beaucoup plus chers), il se félicite tous les jours de l' impact favorable sur sa propre industrie.

Alors, qui insulte la France et qui insulte l’intelligence des français depuis des années ?







mardi 4 septembre 2012

De retour de congés

avec une forte laryngite : plus facile d'écrire que de parler.

Un passage en Suisse et en Allemagne nous a confirmé une fois de plus que ces 2 pays fonctionnent bien mieux que la France (même s'ils n'échappent pas à la crise) : sécurité, efficacité, propreté, services publics, ambiance générale, qualité des politiques, des émissions de télévisions ... tout y est de meilleure qualité. Mais ce n'est pas vraiment une nouvelle : y-a-t-il encore quelqu'un qui en doute ?

On retrouve notre gouvernement comme on l'a laissé : lâche et pitoyable. Il nous promet la croissance en prenant des décisions qui vont à contre-courant du bon sens et de ce qu'impose la situation de la dette. Faut-il souhaiter que ce soient les marchés financiers (nos prêteurs) qui sifflent la fin de la récréation ?

Mario Draghi a été le rayon de soleil des marchés financiers avant le vrai retour du beau temps. 2 questions cependant : l'explosion du bilan de la BCE (en valeur absolue et en pourcentage du pib) depuis 2 ans, de presque zéro à 4000 milliards d'€ peut-il se poursuivre longtemps ? Quelle est la légalité de ses derniers projets de rachat de dette souveraine et l'Allemagne va-t-elle laisser faire ?

Article intéressant dans "Finyear" sur la Suisse (8 millions d'habitants) dont les réserves de change - exclusivement en € - pourraient un jour dépasser en valeur absolue celles de la Chine. Est-ce raisonnable de vouloir à tout prix maintenir une parité fixe avec l'€ ?

Une sensation en ce début de rentrée que les choses ne tournent pas rond et que ce calme est trompeur ...

PS : info de dernière minute : le président de la fédération de l'industrie allemande (BDI) critique sévèrement  la politique économique française et notamment son interventionnisme inefficace. Cf mon post sur Albert Speer et son rôle dans la libéralisation de l'industrie allemande (tout nazi invétéré qu'il ait pu être). S'il a pu le faire dans des conditions si difficiles, on doit pouvoir y arriver aussi.





dimanche 1 juillet 2012

Marre de cette équipe de France

Pour changer, un billet sur le foot à l'occasion du départ de Laurent Blanc qui une fois de plus nous démontre avec ce choix que c'est quelqu'un d'intelligent !

D'abord, une précision : on appartient à une génération, et il est impossible de s'en détacher. Pour moi, le foot c'est Saint-Etienne en coupe d'Europe : la finale perdu avec les poteaux carrés, malgré Rocheteau l'ange vert. Ensuite, Platini et ses coups-francs, la qualification pour la coupe du monde, un premier échec injuste en Argentine, puis la consécration avec la demi-finale perdue injustement contre l'Allemagne, et l'agonie 4 ans plus tard avec celle perdue au Mexique contre la même équipe. La victoire en finale du championnat d'Europe passant pour une juste mais mince consolation.

Alors, bien sûr il y a 1998 et 2000.Ce qu'en j'en pense, tout simplement ceci : qu'après tant de malheur avec une belle équipe (celle de Platini), ce n'était que justice de gagner enfin avec une équipe si moche (celle de Zidane). Car enfin, je ne me souviens pas d'un seul beau match qu'on ait gagné ! La coupe du monde 1998 a franchement tenue du miracle, que ce soit contre l'Uruguay, l'Italie ou la Croatie. 2004 en Corée sera la fin de l'histoire puisqu'enfin on pouvait mal jouer et perdre ! 2006 restera pour moi l'occasion manquée de réaliser un véritable hold-up avec une finale tout à fait à notre portée et perdue dans les conditions qu'on sait.

Je me souviens au lendemain de la défaite, en achetant mon journal dans un kiosque de la réflexion idiote du vendeur me disant que ce serait pour la prochaine fois, et moi lui répondant qu'il manquait un peu de recul et de culture footballistique sinon il saurait que nous ne sommes pas un grand pays de foot, et je rajoutais que même une demi-finale nous ne la verrions peut-être plus de notre vivant !

Maintenant, nous y sommes : l'équipe de France est revenue à sa place d'équipe médiocre et seul le souvenir des victoires passées nous fait refuser ce constat facile à faire ! Mais le problème n'est pas là.

Le véritable sujet de ras-le bol c'est combien l'équipe de France avec ses joueurs égoistes, mal élevés et malpolis sont devenus le symbole de notre pays et de notre jeunesse. J'espère simplement qu'on ne se qualifiera pas pour la prochaine coupe du monde au Brésil, ainsi cela évitera au moins de voir ces jeunes impolis se répandre dans la presse !

Forza Italia (ou Arriba Espana)