La violence et l'étendue des manifestations d'indignation en Inde suite au martyre de la jeune indienne dont le père à révélé ce jour le nom à la presse britannique peut surprendre celui qui ne connait pas bien l'Inde : manifestations violentes contre la corruption du système ayant causé la mort de plusieurs manifestants et policiers, appels au boycott du défilé militaire du jour de la république (l'équivalent de notre 14 juillet) et à une justice expéditive, sans parler de multiples avatars comme l'obligation faite aux jeunes écolières de Pondichéry de se survêtir en pleine chaleur (plus de 30 degrés) pour éviter les provocations ...
L'Inde est la plus grande démocratie au monde avec des problèmes de violence méconnues du grand public : la guerre et la guérilla sont omniprésents dans une bonne partie de son territoire : au Cachemire d'abord où les populations musulmanes ont chassé les populations hindoues ("pandits") dans la fin des années 2000, ce qui en fait le plus grand exil interne à un pays de ces dernières années (350 000 personnes vivent actuellement dans des camps de réfugiés). Résultat : une farouche répression de l'armée indienne contre ses populations musulmanes et un terrorisme qui n'en finit pas. Moins connu encore, l'Inde abrite les guérillas maoïstes les plus importantes au monde avec des territoires au nord-est totalement hors contrôle (récemment des touristes italiens s'y étaient fait enlevés pour avoir photographié des autochtones).
Le cinema de Bollywood est imprégné de cette violence : guerre, terrorisme, guérillas et bandits de tous genres sont filmés avec une violence et une actualité sans pareil dans le cinéma occidental, puisque actuels et réels.
Les 2 autres plaies de l'Inde qu'a fait dramatiquement ressortir ce fait divers sont les violences aux femmes et la corruption, toutes deux massives et institutionnalisées. Violences au femme d'abord : cela commence par la sélection du sexe avant la naissance totalement prohibée par la loi mais généralisée (les cliniques détectent le sexe à 10 semaines et pratiquent l'avortement si c'est une fille), les mariages arrangés, la vie difficile des jeunes filles dans les campagnes, l’extrême occurrence des viols et la honte portée tant sur la victime que sur sa famille, qui font que souvent la mort ou le mariage avec le violeur sont les seules solutions.
Corruption massive qui font que la police est souvent le premier violeur ou a tout le moins un témoin passif. Ainsi à Delhi l'an passé sur 600 procès pour viols, une seule condamnation avait pu être prononcée. Dans le film "qui a tué Jessica ?" Bollywood s'était emparé d'un fait divers où un fils de notable avait froidement abattu une jeune serveuse dans une boîte de nuit parce qu’elle lui refusait une consommation. Il avait fallu des années de détermination à une journaliste pour relancer l'affaire et obtenir la condamnation du tueur qui avait réussi à obtenir un non lieu en achetant tous les témoins.
Une des armes de la justice est la requête de l'anonymat : ainsi, et on se demande pourquoi dans ce cas précis, la justice indienne a requis l'anonymat pour la victime dans ce cas, si ce n'est pour lui nier justement son statut de victime tant il est vrai que morte elle leur fait aujourd'hui un tort considérable (elle est morte loin de son pays à Singapour, et la cérémonie de crémation a été expédiée mais cela n'a pas suffit pour la faire oublier). Ainsi, il faudra voir avec quelle rapidité le gouvernement indien accédera à la requête du père de la victime de rendre public son nom. Il est assez étonnant de constater qu'à l'ère d'internet un gouvernement démocratique arrive à imposer un silence à une population d'un milliard d'habitant par la menace d'un article de loi qui prévoit 2 ans de prison ferme pour quiconque dévoilera le nom d'une victime dont la justice a demandé l'anonymat.
Le mauvais traitement réservé par la police et les autorités aux victimes est sans doute lui aussi révélateur d'une réalité qui saute aux yeux des manifestants et qui s'ajoutant à la longue liste de la corruption générale de la classe politique en Inde, est en quelque sorte la goutte qui fait déborder le vase.
Cet horrible fait divers n'a pas fini de secouer et de faire bouger l'Inde. Souhaitons pour les femmes en Inde et pour l'Inde en général qui est un grand et un beau pays que le martyre de Jyoti Sing Pandey n'ait pas été vain.
dimanche 6 janvier 2013
lundi 31 décembre 2012
Voeux 2013
Je présente mes meilleurs vœux à mes lecteurs pour l'année 2013 : santé et bonheur pour vous-mêmes et pour vos proches.
Question prospérité, l'année 2013 sera, c'est mon pronostic, l'année de la vérité pour la France.
Alors que l'Allemagne poursuit la même politique (traiter les problèmes sous l'angle de l’efficacité économique), que le Japon relance la machine économique avec la baisse du yen, que les États-Unis (divisés certes) n'envisagent des hausses d'impôts qu'avec extrême précaution afin de ne pas casser la croissance, notre gouvernement de tartarins continue dans sa lancée de l'imposition tous azimuts et de l'instabilité fiscale permanente. A ce titre, les propos du rapporteur de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, Christian Eckert, à propos de la censure (toute relative) du conseil constitutionnel est un avertissement sans frais à tous ceux qui oseraient continuer à investir et prosperer en France. Il faudra rendre gorge d'une façon ou d'une autre, et même si vous quittez le pays (là c'est du rêve mais qui en dit long à la fois sur l'inculture économique, fiscale et générale de ces fonctionnaires de la politique) !
Jamais un gouvernement n'a autant alourdi les impôts sur l'épargne, sur le patrimoine et sur les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales ....). Le travail enfin a été mis également à forte contribution (taxes sur l'épargne salariale et les heures supplémentaires), tant il est vrai qu'être aujourd'hui épargnant, possesseur d'un patrimoine et/ou salarié est un privilège dans ce pays.
La recherche des économies nécessaires pour financer le crédit impôt compétitivité (dont je ne crois pas qu'il aura un quelconque impact positif dans un environnement si sombre, et notamment de remontée de l'euro) accentuera sans doute encore si on en croit les premières fuites (soumettre les allocations familiales à plafond de ressources) le caractère redistributif fou du système français puisque rappelons quand même en ce qui concerne les allocations familiales que ce sont tous les travailleurs (salariés ou indépendants) qui les financent par leurs cotisations (dites à tort patronales mais pesant sur le coût du travail et étant donc une charge pour les salariés).
Donc, pour résumer, je pense que la France va souffrir en 2013 de 2 conséquences de sa politique économique : d'une part sa symphonie cacophonique sur l'épargne et le patrimoine va se traduire par des baisses de recettes fiscales (au contraire de ce qu'attend le gouvernement, et la baisse des transactions immobilières est un premier signal) et d'autre part le coup d'accélérateur à cette machine à shadocks qu'est devenue le système de redistribution français qui fait qu'un instituteur gagne 1600 € nets par mois mais coûte en charges sociales 2000€, ce qui correspond au RSA+allocations familiales d'un couple sans emplois et avec 3 enfants, ce qui est loin d'être une exception chez nous (et qu'on ne parle ni droit à la retraite : c'est une fiction à moyen terme ni de droit à la santé puisque tous y on droit avec la CMU). Et de cette machine folle ne peut sortir au mieux qu'une croissance zéro.
Alors, avec des recettes fiscales bien loin de son budget, le gouvernement devra chanter aux marchés la petite musique bien connue (au choix : c'est la faute à pas de chance, à l'Allemagne ou à que sais-je). La aussi, je fais le pronostic que les marchés se rendront compte que ce qu'ils prenaient pour un atout : notre merveilleuse administration fiscale connue pour sa capacité à lever les taxes, n'en peut mais. Le roi est nu.
Seule la forte pression des marchés financiers sera capable de faire comprendre au gouvernement qu'on ne peut pas vouloir aider les entreprises tout en tapant sur les entrepreneurs et en gaspillant de l'argent qu'on n'a pas pour acheter une paix sociale. Je forme donc le vœux que celle-ci arrive le plus vite possible.
Question prospérité, l'année 2013 sera, c'est mon pronostic, l'année de la vérité pour la France.
Alors que l'Allemagne poursuit la même politique (traiter les problèmes sous l'angle de l’efficacité économique), que le Japon relance la machine économique avec la baisse du yen, que les États-Unis (divisés certes) n'envisagent des hausses d'impôts qu'avec extrême précaution afin de ne pas casser la croissance, notre gouvernement de tartarins continue dans sa lancée de l'imposition tous azimuts et de l'instabilité fiscale permanente. A ce titre, les propos du rapporteur de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, Christian Eckert, à propos de la censure (toute relative) du conseil constitutionnel est un avertissement sans frais à tous ceux qui oseraient continuer à investir et prosperer en France. Il faudra rendre gorge d'une façon ou d'une autre, et même si vous quittez le pays (là c'est du rêve mais qui en dit long à la fois sur l'inculture économique, fiscale et générale de ces fonctionnaires de la politique) !
Jamais un gouvernement n'a autant alourdi les impôts sur l'épargne, sur le patrimoine et sur les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales ....). Le travail enfin a été mis également à forte contribution (taxes sur l'épargne salariale et les heures supplémentaires), tant il est vrai qu'être aujourd'hui épargnant, possesseur d'un patrimoine et/ou salarié est un privilège dans ce pays.
La recherche des économies nécessaires pour financer le crédit impôt compétitivité (dont je ne crois pas qu'il aura un quelconque impact positif dans un environnement si sombre, et notamment de remontée de l'euro) accentuera sans doute encore si on en croit les premières fuites (soumettre les allocations familiales à plafond de ressources) le caractère redistributif fou du système français puisque rappelons quand même en ce qui concerne les allocations familiales que ce sont tous les travailleurs (salariés ou indépendants) qui les financent par leurs cotisations (dites à tort patronales mais pesant sur le coût du travail et étant donc une charge pour les salariés).
Donc, pour résumer, je pense que la France va souffrir en 2013 de 2 conséquences de sa politique économique : d'une part sa symphonie cacophonique sur l'épargne et le patrimoine va se traduire par des baisses de recettes fiscales (au contraire de ce qu'attend le gouvernement, et la baisse des transactions immobilières est un premier signal) et d'autre part le coup d'accélérateur à cette machine à shadocks qu'est devenue le système de redistribution français qui fait qu'un instituteur gagne 1600 € nets par mois mais coûte en charges sociales 2000€, ce qui correspond au RSA+allocations familiales d'un couple sans emplois et avec 3 enfants, ce qui est loin d'être une exception chez nous (et qu'on ne parle ni droit à la retraite : c'est une fiction à moyen terme ni de droit à la santé puisque tous y on droit avec la CMU). Et de cette machine folle ne peut sortir au mieux qu'une croissance zéro.
Alors, avec des recettes fiscales bien loin de son budget, le gouvernement devra chanter aux marchés la petite musique bien connue (au choix : c'est la faute à pas de chance, à l'Allemagne ou à que sais-je). La aussi, je fais le pronostic que les marchés se rendront compte que ce qu'ils prenaient pour un atout : notre merveilleuse administration fiscale connue pour sa capacité à lever les taxes, n'en peut mais. Le roi est nu.
Seule la forte pression des marchés financiers sera capable de faire comprendre au gouvernement qu'on ne peut pas vouloir aider les entreprises tout en tapant sur les entrepreneurs et en gaspillant de l'argent qu'on n'a pas pour acheter une paix sociale. Je forme donc le vœux que celle-ci arrive le plus vite possible.
lundi 17 décembre 2012
La grande Nation
Les allemands parlent de la France comme de la "grande Nation" quand ils veulent se moquer de nous, et les occasions ne manquent pas en ce moment !
Jamais un gouvernement n'est allé aussi loin dans le déni de la réalité et à contre-courant des solutions mises en place dans tous les pays.
Nous souhaitons l'harmonie fiscale ? Pourquoi pas nous répond le ministre belge des affaires étrangères, mais il faudra baisser vos impôts puisque vous êtes le pays où le niveau des impôts est le plus élevé d'Europe. En attendant, il vous faut assumer les conséquences de votre fiscalité et la Belgique est heureuse d'accueillir les français qui le veulent, en conformité avec le traité européen de libre circulation des biens et des personnes.
La Suède a supprimé l'ISF après le choc du départ du fondateur d'Ikea, nous minimisons les chiffres des départs fiscaux. Tout le monde sait qu'il y a au moins 600 milliards d'euro de capitaux expatriés depuis 1981 : la perte d'impôts en résultant est bien supérieure aux 5 ou 6 milliards de rendement de l'ISF.
Le Cor annonce un déficit de 20 milliards sur les retraites en 2020 alors que le gouvernement vient de réduire l'âge de départ en retraite de certains. Comme le rappelle Marc Fiorentino ce matin dans sa chronique quotidienne sur BFM Business, les ménages français savent bien que la retraite par répartition est en faillite et vit ses derniers jours puisqu'ils ont le plus fort taux d'épargne d'Europe.
François Hollande se répand en déclaration optimiste sur l'avenir de l'Euro pendant qu'Angela Merkel nous rappelle une vérité brutale : une zone (l'Europe) qui représente 25% des richesses mondiales ne peut pas dépenser 50% des dépenses sociales du monde : il faudra travailler dur pour maintenir notre système social.
Après avoir multiplié les dépenses inutiles et non productives (retraites, allocations en tout genre, sécurité sociale gratuite, énergie gratuite, recrutement de fonctionnaires ou de jeunes dans des emplois non productifs), le gouvernement se préoccupe de savoir comment il va financer son crédit d'impôt productivité. Déjà fuitent les informations selon lesquelles les conditions de ressources des allocations familiales seraient dans le collimateur.
Grande Nation vous avez dit ? Pathétique.
Pendant ce temps, l'Allemagne se prépare à accueillir des millions d'européens à la recherche d'un vrai travail.
Jamais un gouvernement n'est allé aussi loin dans le déni de la réalité et à contre-courant des solutions mises en place dans tous les pays.
Nous souhaitons l'harmonie fiscale ? Pourquoi pas nous répond le ministre belge des affaires étrangères, mais il faudra baisser vos impôts puisque vous êtes le pays où le niveau des impôts est le plus élevé d'Europe. En attendant, il vous faut assumer les conséquences de votre fiscalité et la Belgique est heureuse d'accueillir les français qui le veulent, en conformité avec le traité européen de libre circulation des biens et des personnes.
La Suède a supprimé l'ISF après le choc du départ du fondateur d'Ikea, nous minimisons les chiffres des départs fiscaux. Tout le monde sait qu'il y a au moins 600 milliards d'euro de capitaux expatriés depuis 1981 : la perte d'impôts en résultant est bien supérieure aux 5 ou 6 milliards de rendement de l'ISF.
Le Cor annonce un déficit de 20 milliards sur les retraites en 2020 alors que le gouvernement vient de réduire l'âge de départ en retraite de certains. Comme le rappelle Marc Fiorentino ce matin dans sa chronique quotidienne sur BFM Business, les ménages français savent bien que la retraite par répartition est en faillite et vit ses derniers jours puisqu'ils ont le plus fort taux d'épargne d'Europe.
François Hollande se répand en déclaration optimiste sur l'avenir de l'Euro pendant qu'Angela Merkel nous rappelle une vérité brutale : une zone (l'Europe) qui représente 25% des richesses mondiales ne peut pas dépenser 50% des dépenses sociales du monde : il faudra travailler dur pour maintenir notre système social.
Après avoir multiplié les dépenses inutiles et non productives (retraites, allocations en tout genre, sécurité sociale gratuite, énergie gratuite, recrutement de fonctionnaires ou de jeunes dans des emplois non productifs), le gouvernement se préoccupe de savoir comment il va financer son crédit d'impôt productivité. Déjà fuitent les informations selon lesquelles les conditions de ressources des allocations familiales seraient dans le collimateur.
Grande Nation vous avez dit ? Pathétique.
Pendant ce temps, l'Allemagne se prépare à accueillir des millions d'européens à la recherche d'un vrai travail.
samedi 15 décembre 2012
La fuite de la richesse
Gérard Depardieu vient de rendre son passeport français et il n'est pas le seul. Selon l'agent immobilier de luxe Daniel Féau, les ventes liées aux départs fiscaux n'ont jamais été aussi élevées. Tous les avocats fiscalistes en témoignent. Nous connaissons tous des personnes qui s'installent qui en Belgique, qui à Londres ou qui au Canada ... La fuite de la richesse devant le trop d'impôt est une réalité qui ne pourra pas être niée très longtemps par le gouvernement. La remarque de François Hollande souhaitant que la Belgique augmente ses impôts est bien révélatrice de l'inconscience du gouvernement qui s'imagine pouvoir faire la loi en Europe et s'essuyer les pieds sur les traités européens (libre circulation des biens et des personnes).
Mais il y a une autre fuite de la richesse plus dangereuse à mon avis car portant sur des montants beaucoup plus importants et se produisant d'une façon plus insidieuse : c'est la déstabilisation de pans entiers de l'économie devant les coups de boutoirs fiscaux. Le marché immobilier en France est totalement bloqué un an après la forte hausse de la taxation des plus-value. L'épargne fuit les placements taxés et se réfugie vers les placements défiscalisés (explosion des collectes sur le livret A). Je ne doute pas que les grandes entreprises sauront contourner l'hyper-taxation des hauts salaires ("salary split" ou localisation des cadres en Suisse par exemple), quand aux petites entreprises et aux entrepreneurs individuels qui subissent déjà les effets récessifs de l'explosion de la concurrence liée aux ventes sur internet (dont Amazon est la figure de proue), la baisse des salaires de gérant sera une nécessité permettant de compenser la forte hausse des impôts et taxes, pour ceux que la forte hausse (voire explosion parfois) de la CFE n'aura pas découragés ou achevés.
Enfin, tout laisse à penser que - contrairement aux espoirs du gouvernement - c'est la consommation, et non l'épargne qui fera les frais des hausses d'impôts non évitables (ce que j'appelle les prises par surprise : ISF et taxation des dividendes en 2012) et non l'épargne. Bien sûr, en 2013, les ménages s'organiseront et la base taxable se réduira (transfert d'épargne et fuite des capitaux).
Dans un contexte macro-économique difficile (explosion du chômage et hausse de l'euro), il faudra attendre les chiffres de la croissance du 1er trimestre 2013 pour que l'évidence apparaisse : le gouvernement qui a multiplié les dépenses dites sociales (abaissement de l'âge de la retraite pour les carrières dites longues, allocations en tout genre, extension de la CMU et des tarifs sociaux d'énergie ...) se retrouve devant une perte de recette non prévue qui menace non seulement l'objectif de déficit de 3% mais surtout la qualité de la signature de la dette française.
Alors les prédictions de "The Economist" et de nombreux économistes ou organismes de qualité (dont le dernier, l' "IFO" en Allemagne qui prévoit 10 ans de marasme en France) se réaliseront : la France sera en défaut de paiement et devra repenser tout son modèle économique puisque ses dépenses devront alors être réduites de moitié faute d'un financement par l'emprunt. Une révolution certainement dans les larmes et le sang (au sens propre). Et il n'est pas certain alors que la libre circulation des biens et des personnes perdure, l'Euro et l'Union Européenne ayant vécu.
La fuite des riches actuellement me fait penser à la fuite des juifs de l'Allemagne nazie : seuls les plus clairvoyants ont pu s'échapper, les autres ont été piégés. Après coup on se demande pourquoi plus ne se sont pas sauvés tant que c'était possible, mais lorsqu'on se retrouve dans une situation similaire on ne fait pas mieux (il y a toujours de bonnes raisons de rester ...)
Bravo Monsieur Depardieu, vous faites partie des clairvoyants !
Mais il y a une autre fuite de la richesse plus dangereuse à mon avis car portant sur des montants beaucoup plus importants et se produisant d'une façon plus insidieuse : c'est la déstabilisation de pans entiers de l'économie devant les coups de boutoirs fiscaux. Le marché immobilier en France est totalement bloqué un an après la forte hausse de la taxation des plus-value. L'épargne fuit les placements taxés et se réfugie vers les placements défiscalisés (explosion des collectes sur le livret A). Je ne doute pas que les grandes entreprises sauront contourner l'hyper-taxation des hauts salaires ("salary split" ou localisation des cadres en Suisse par exemple), quand aux petites entreprises et aux entrepreneurs individuels qui subissent déjà les effets récessifs de l'explosion de la concurrence liée aux ventes sur internet (dont Amazon est la figure de proue), la baisse des salaires de gérant sera une nécessité permettant de compenser la forte hausse des impôts et taxes, pour ceux que la forte hausse (voire explosion parfois) de la CFE n'aura pas découragés ou achevés.
Enfin, tout laisse à penser que - contrairement aux espoirs du gouvernement - c'est la consommation, et non l'épargne qui fera les frais des hausses d'impôts non évitables (ce que j'appelle les prises par surprise : ISF et taxation des dividendes en 2012) et non l'épargne. Bien sûr, en 2013, les ménages s'organiseront et la base taxable se réduira (transfert d'épargne et fuite des capitaux).
Dans un contexte macro-économique difficile (explosion du chômage et hausse de l'euro), il faudra attendre les chiffres de la croissance du 1er trimestre 2013 pour que l'évidence apparaisse : le gouvernement qui a multiplié les dépenses dites sociales (abaissement de l'âge de la retraite pour les carrières dites longues, allocations en tout genre, extension de la CMU et des tarifs sociaux d'énergie ...) se retrouve devant une perte de recette non prévue qui menace non seulement l'objectif de déficit de 3% mais surtout la qualité de la signature de la dette française.
Alors les prédictions de "The Economist" et de nombreux économistes ou organismes de qualité (dont le dernier, l' "IFO" en Allemagne qui prévoit 10 ans de marasme en France) se réaliseront : la France sera en défaut de paiement et devra repenser tout son modèle économique puisque ses dépenses devront alors être réduites de moitié faute d'un financement par l'emprunt. Une révolution certainement dans les larmes et le sang (au sens propre). Et il n'est pas certain alors que la libre circulation des biens et des personnes perdure, l'Euro et l'Union Européenne ayant vécu.
La fuite des riches actuellement me fait penser à la fuite des juifs de l'Allemagne nazie : seuls les plus clairvoyants ont pu s'échapper, les autres ont été piégés. Après coup on se demande pourquoi plus ne se sont pas sauvés tant que c'était possible, mais lorsqu'on se retrouve dans une situation similaire on ne fait pas mieux (il y a toujours de bonnes raisons de rester ...)
Bravo Monsieur Depardieu, vous faites partie des clairvoyants !
dimanche 25 novembre 2012
Dogmes ?
La jeune (mais est-ce une excuse ?) porte-parole du gouvernement se vante qu'avec sa politique fiscale le gouvernement a refusé le dogme selon lequel "si vous taxez la richesse, elle fuira le pays" (ou à peu près : je cite de mémoire !).
C'est idiot bien sûr car il n'y a rien de plus vérifié (et donc est-ce encore un dogme ?) : 600 milliards d'euro de richesse délocalisée depuis la création de l'ISF en 1981, 600 redevables à l'ISF ont quitté le pays en 2009 (dernières statistiques disponibles ?). L’hebdomadaire "Challenges" vient de faire sa une sur les contribuables les plus célèbres qui viennent de quitter la France. En disant cela, c'est sans doute à la courbe de Laffer ("trop d'impôt tue l'impôt") qu'elle pensait, et on comprend que le gouvernement veuille, par la méthode Coué, se rassurer car si cette théorie est vraie, alors le pays est dans de beaux draps ! Réponse dans quelques mois, par exemple lorsque sera connu le chiffre de la croissance du 1er trimestre 2013.
Dogmes ? vous avez dit dogme ? S'il y a bien un pays qui étouffe sous les dogmes, c'est bien la France : avec dans le désordre "la réduction du temps de travail", "le logement social", "le CDI", "la justice sociale", "la défense du locataire", "la juste taxation des plus-values", etc, etc ... Résultats bien réels et donc non mis entre parenthèses dans le texte : le chômage, le CDD comme standard de recrutement, la bulle immobilière, la difficulté à se loger, le gel du marché immobilier, bref des résultats contraires au but recherché.
Dans 6 mois, il vous faudra, je le crains, débloquer votre logiciel interne après avoir appuyé sur la touche "reset". Alors, il sera peut-être temps de refuser tous les dogmes.
C'est idiot bien sûr car il n'y a rien de plus vérifié (et donc est-ce encore un dogme ?) : 600 milliards d'euro de richesse délocalisée depuis la création de l'ISF en 1981, 600 redevables à l'ISF ont quitté le pays en 2009 (dernières statistiques disponibles ?). L’hebdomadaire "Challenges" vient de faire sa une sur les contribuables les plus célèbres qui viennent de quitter la France. En disant cela, c'est sans doute à la courbe de Laffer ("trop d'impôt tue l'impôt") qu'elle pensait, et on comprend que le gouvernement veuille, par la méthode Coué, se rassurer car si cette théorie est vraie, alors le pays est dans de beaux draps ! Réponse dans quelques mois, par exemple lorsque sera connu le chiffre de la croissance du 1er trimestre 2013.
Dogmes ? vous avez dit dogme ? S'il y a bien un pays qui étouffe sous les dogmes, c'est bien la France : avec dans le désordre "la réduction du temps de travail", "le logement social", "le CDI", "la justice sociale", "la défense du locataire", "la juste taxation des plus-values", etc, etc ... Résultats bien réels et donc non mis entre parenthèses dans le texte : le chômage, le CDD comme standard de recrutement, la bulle immobilière, la difficulté à se loger, le gel du marché immobilier, bref des résultats contraires au but recherché.
Dans 6 mois, il vous faudra, je le crains, débloquer votre logiciel interne après avoir appuyé sur la touche "reset". Alors, il sera peut-être temps de refuser tous les dogmes.
mardi 6 novembre 2012
De retour d'Allemagne
Quelques jours pour le week-end de la Toussaint en Allemagne : Aix La Chapelle, Dusseldorf et Cologne.
L’Allemagne est un pays qui fonctionne bien : y conduire est agréable et moins coûteux qu'en France : Essence moins chère, autoroutes gratuites (et donc sans les bouchons des péages), vitesse libre (quand c'est possible, et limitée en fonction du danger), conducteurs (trices) respectueux des autres et attentifs en raison des bolides assez fréquents. Les restaurants sont beaucoup moins chers qu'à Paris et les selfs-services des grands magasins (type Galeria Kaufhof) sont excellents. Le sentiment de sécurité dans les villes y est bien supérieur à celui qu'on peut éprouver en France. Le commerce, quoi qu'on en dise (la consommation serait le dernier atout de la France ?) semble très bien se porter. C'est vrai, cette région n'est sans doute pas la moins riche d'Allemagne mais quand même.
Le succès de l'Allemagne, avec un chômage au plus bas depuis la réunification, est indéniable et incontesté. Les ingrédients sont connus : forte productivité du travail par un contrôle des dépenses publiques permettant des taux de charges sociales contenus, baisse du salaire minimum permettant l'essor du travail non qualifié, flexibilité du travail par des accords intra-entreprises (cf accord chez BMW permettant de faire face à une baisse de la demande), des entreprises rentables et bénéficiant de l'image du "made in Germany" et de forts niveaux d' investissements. La moindre intervention de l’État et de l'administration dans la vie des entreprises est certainement l'atout majeur de l'Allemagne (les allemands il est vrai ont payé le prix fort et savent de quoi il en retourne ...)
Les allemands ne sont pas tendres avec les errements du gouvernement français et Schroder en particulier (dont une socialiste a rappelé que même s'il avait peut être sauvé l'Allemagne, il avait quand même fait perdre son parti, exprimant tout haut son ordre des priorités ...)
La supplique de Schroder pour que la France échappe au destin de la Grèce : Fin immédiate des 35 heures, baisse immédiate des dépenses publiques et des charges sociales ... On en est très loin avec le plan lointain et compliqué annoncé hier. On nage en pleine politique politicienne .... Louis Gallois et Laurence Parisot sont heureux et je le suis pour eux, mais pas plus.
Rendez-vous dans 6 mois : le juge de paix sera le niveau des taux d’intérêt sur la dette française. Mon pronostic reste inchangé : la France ne peut pas s'en sortir avec cette politique et nous n'arriverons pas sain et sauf à l'échéance 2014 (de la baisse des charges). Il faut que je me remette à l'allemand !
L’Allemagne est un pays qui fonctionne bien : y conduire est agréable et moins coûteux qu'en France : Essence moins chère, autoroutes gratuites (et donc sans les bouchons des péages), vitesse libre (quand c'est possible, et limitée en fonction du danger), conducteurs (trices) respectueux des autres et attentifs en raison des bolides assez fréquents. Les restaurants sont beaucoup moins chers qu'à Paris et les selfs-services des grands magasins (type Galeria Kaufhof) sont excellents. Le sentiment de sécurité dans les villes y est bien supérieur à celui qu'on peut éprouver en France. Le commerce, quoi qu'on en dise (la consommation serait le dernier atout de la France ?) semble très bien se porter. C'est vrai, cette région n'est sans doute pas la moins riche d'Allemagne mais quand même.
Le succès de l'Allemagne, avec un chômage au plus bas depuis la réunification, est indéniable et incontesté. Les ingrédients sont connus : forte productivité du travail par un contrôle des dépenses publiques permettant des taux de charges sociales contenus, baisse du salaire minimum permettant l'essor du travail non qualifié, flexibilité du travail par des accords intra-entreprises (cf accord chez BMW permettant de faire face à une baisse de la demande), des entreprises rentables et bénéficiant de l'image du "made in Germany" et de forts niveaux d' investissements. La moindre intervention de l’État et de l'administration dans la vie des entreprises est certainement l'atout majeur de l'Allemagne (les allemands il est vrai ont payé le prix fort et savent de quoi il en retourne ...)
Les allemands ne sont pas tendres avec les errements du gouvernement français et Schroder en particulier (dont une socialiste a rappelé que même s'il avait peut être sauvé l'Allemagne, il avait quand même fait perdre son parti, exprimant tout haut son ordre des priorités ...)
La supplique de Schroder pour que la France échappe au destin de la Grèce : Fin immédiate des 35 heures, baisse immédiate des dépenses publiques et des charges sociales ... On en est très loin avec le plan lointain et compliqué annoncé hier. On nage en pleine politique politicienne .... Louis Gallois et Laurence Parisot sont heureux et je le suis pour eux, mais pas plus.
Rendez-vous dans 6 mois : le juge de paix sera le niveau des taux d’intérêt sur la dette française. Mon pronostic reste inchangé : la France ne peut pas s'en sortir avec cette politique et nous n'arriverons pas sain et sauf à l'échéance 2014 (de la baisse des charges). Il faut que je me remette à l'allemand !
lundi 1 octobre 2012
Haro sur les indépendants !
En Mai, quand Hollande a été élu, j'ai écouté son discours le soir même et j'ai coupé le son au bout de 3 minutes. Non, le Saint-Esprit ou une potion magique ne lui était pas tombé dessus par miracle ! Ridicule et démagogique il avait été pendant la campagne, ridicule et démagogique il serait pendant son quinquennat.
Depuis, cela m'arrive vraiment très rarement de l'écouter - ni ses ministres d'ailleurs - car c'est trop pénible. Partant de là, je me suis dit que je commenterai peu les décisions prises car convaincu qu'elles iraient dans le mauvais sens, c'est un peu comme enfoncer une porte ouverte ou se battre contre des moulins à vent en Espagne. Assez inutile. Et puis BFM Business - qui reprend la lamentation de nos économistes et chefs d'entreprise le fait si bien (récession et marasme au bout du chemin).
Mais là, devant le massacre des indépendants en ce jour de Saint Barthélemy fiscale, les bras m'en tombent ou plutôt mes doigts tombent sur le clavier comme un noyé qui se débattrait avant de boire la dernière tasse.
Si j'ai bien compris les mesures annoncées, les indépendants (artisans, commerçants et professions libérales) vont voir leurs cotisations sociales augmenter ainsi que leurs impôts sur le revenu (par l'arrêt de la réduction de 10% pour frais professionnels). Mesures de double peine s'ajoutant à la potion amère largement commentée du budget 2013 sur laquelle je ne reviens pas.
Bien sûr, ces mesures sont injustes car elles ciblent une catégorie qui ne bénéficie d'aucune sécurité d'emploi ni de statut. Le discours justificateur (moralisateur ?) qu'il faut égaliser par le haut les cotisations de tous ne sera entendu que par les fonctionnaires qui ne savent pas ce qu'incertitude sur son chiffre d'affaires ou ses revenus veut dire. Par ailleurs, ces mesures envoient un message fort de mépris et de dédain qui sera retenu par des décideurs et des gens avec qui il faut compter, enfin elles seront inefficaces s'agissant de contribuables qui peuvent (par lassitude, par calcul ou par représailles) décider de moins travailler, de moins facturer ou de moins se verser de salaire. Sans parler du travail au noir ...
Dans mon cas personnel par exemple, le gouvernement me dit : tu vas payer plus d'impôt sur ton épargne, tu cotiseras plus et tu ne déduiras plus tes frais professionnels. Ma réponse : je dois donc renoncer à remplacer ma voiture, l'an prochain je me verserai moins de revenus et je travaillerai moins, et dès que mes derniers enfants seront grands, je partirai en Belgique pour y établir ma société.
Les experts fiscaux du gouvernement ne connaissent manifestement pas la fable de la grenouille (trempez là dans l'eau froide et chauffez l'eau progressivement, elle s'y habitue, et meurt. Jetez la grenouille dans l'eau chaude et elle s'en échappera par réflexe).
Depuis, cela m'arrive vraiment très rarement de l'écouter - ni ses ministres d'ailleurs - car c'est trop pénible. Partant de là, je me suis dit que je commenterai peu les décisions prises car convaincu qu'elles iraient dans le mauvais sens, c'est un peu comme enfoncer une porte ouverte ou se battre contre des moulins à vent en Espagne. Assez inutile. Et puis BFM Business - qui reprend la lamentation de nos économistes et chefs d'entreprise le fait si bien (récession et marasme au bout du chemin).
Mais là, devant le massacre des indépendants en ce jour de Saint Barthélemy fiscale, les bras m'en tombent ou plutôt mes doigts tombent sur le clavier comme un noyé qui se débattrait avant de boire la dernière tasse.
Si j'ai bien compris les mesures annoncées, les indépendants (artisans, commerçants et professions libérales) vont voir leurs cotisations sociales augmenter ainsi que leurs impôts sur le revenu (par l'arrêt de la réduction de 10% pour frais professionnels). Mesures de double peine s'ajoutant à la potion amère largement commentée du budget 2013 sur laquelle je ne reviens pas.
Bien sûr, ces mesures sont injustes car elles ciblent une catégorie qui ne bénéficie d'aucune sécurité d'emploi ni de statut. Le discours justificateur (moralisateur ?) qu'il faut égaliser par le haut les cotisations de tous ne sera entendu que par les fonctionnaires qui ne savent pas ce qu'incertitude sur son chiffre d'affaires ou ses revenus veut dire. Par ailleurs, ces mesures envoient un message fort de mépris et de dédain qui sera retenu par des décideurs et des gens avec qui il faut compter, enfin elles seront inefficaces s'agissant de contribuables qui peuvent (par lassitude, par calcul ou par représailles) décider de moins travailler, de moins facturer ou de moins se verser de salaire. Sans parler du travail au noir ...
Dans mon cas personnel par exemple, le gouvernement me dit : tu vas payer plus d'impôt sur ton épargne, tu cotiseras plus et tu ne déduiras plus tes frais professionnels. Ma réponse : je dois donc renoncer à remplacer ma voiture, l'an prochain je me verserai moins de revenus et je travaillerai moins, et dès que mes derniers enfants seront grands, je partirai en Belgique pour y établir ma société.
Les experts fiscaux du gouvernement ne connaissent manifestement pas la fable de la grenouille (trempez là dans l'eau froide et chauffez l'eau progressivement, elle s'y habitue, et meurt. Jetez la grenouille dans l'eau chaude et elle s'en échappera par réflexe).
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