jeudi 6 juin 2013

Une bande de copains dans un restaurant ...

Tout le monde (ou presque ?) connait cette histoire idiote d'une bande de copains qui se réunissaient depuis des années une fois par mois dans un restaurant.

Un jour, l'un d'eux proposa de payer la note en fonction des possibilités de chacun : ceux qui avaient bien réussi dans la vie paieraient un peu plus pour permettre à ceux qui avaient des soucis d'argent de payer moins. Un autre jour ils décidèrent d'exonérer de paiement le plus pauvre en demandant au plus riche de payer pour deux, ce qu'il accepta.

Le restaurant eut l'idée un jour d'offrir une ristourne de 10% sur l'addition pour les remercier de leur fidélité.

Au moment de payer, le plus riche mis sur la table sa contribution habituelle moins 10%.

Ce n'est pas juste, clama celui qui ne payait rien : pour moi, ça ne fait aucune différence. Celui qui payait un peu moins trouva curieux que la réduction lui profite moins. Finalement, ils décidèrent que tout le monde paierait comme avant et que la réduction serait divisée par le nombre de participant et rendu en espèces.

Le mois suivant, le plus riche n'était plus là et les copains s'aperçurent vite qu'ils n'auraient pas assez d'argent pour payer l'addition sans lui.

J'adore cette histoire, elle est idiote c'est vrai. C'est juste l'histoire de la France depuis plus de 30 ans.

55% des français approuvent la diminution du quotient familial. Pas grave, quand ils ne seront plus qu'entre eux, ils devront payer beaucoup plus ! 

samedi 11 mai 2013

La fin des paradis fiscaux ?

Notre ministre de l'économie Moscovici rêve tout haut à la fin des paradis fiscaux. On a les rêves qu'on peut !

S'il était un tant soit peu honnête et intelligent, il s'inquiéterait d'abord des enfers fiscaux et d'un des premiers sur la liste : son pays la France, mais en bon démagogue doctrinaire ça fait du bien de taper sur "ces riches qui n'aiment pas leur pays au point de frauder" (néologisme).

Le double désastre induit par la politique de hausse tous azimuts des impôts : fuite des riches qui le peuvent et freinage massif de l'activité pour les autres est déjà oublié. Enterrées les bonnes résolutions pour revenir à un déficit à 3%. Bruxelles nous donne 2 ans de plus, le mauvais élève triomphe. Le conseil de discipline pourrait se révéler moins facile que prévu cependant ....(car il faudra dire à quoi on utilise le répit, et à part rêvasser ?)

Encore un séjour en Allemagne au cours duquel nous avons vu des norias de poids lourds comme jamais (après ce que nous appellons notre désert de Gobie : l'autoroute Paris-Metz !) sur une autoroute transversale ouest-est qui illustre les propos d'un économiste de Xerfi disponibles sur leur site selon lesquels l'Allemagne s'est depuis longtemps éloignée de la France par un mouvement de dévaluation compétitive initié il y a une dizaine d'années (lois Schroder Hartz), suivi de l'élimination des sous-traitants et fournisseurs français remplacés par des fournisseurs situés en Europe de l'Est et par un développement effréné du business en Asie.

On comprend l'angoisse du gouvernement allemand qui voit avec inquiétude son gouvernement voisin se lancer dans une politique économique suicidaire risquant de se traduire par une rupture de l'équilibre fragile d'une zone euro constituée d'un gagnant l'Allemagne et de perdants, les autres. En effet, ils n'avaient pas prévu qu'un grand pays de la zone euro pourrait risquer le suicide économique entraînant toute la zone dans son destin funèbre.

A propos de paradis, nous sommes rentrés par Luxembourg, dont les murailles (ou ce qu'il en reste après la destruction faisant suite au traité de Londres) et la vieille ville on été inscrites au patrimoine de l'humanité. Avec du soleil, un dimanche matin, un vrai paradis effectivement. Et les banques étaient fermées, comme chez nous. 




samedi 6 avril 2013

Le choc de la simplification



Arrêt maladie d'une journée d'un enseignant de l'éducation nationale :

Ministère de l'éducation nationale
Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

Objet : octroi de congé maladie

Académie : XXXX

DSDEN de YYYY
DID - Gestion individuelle

Programme ; 0140 Enseignement scolaire public du 1er degré

IEN ZZZZZ

Le recteur de l'académie de WWWWW,

Vu la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires,
Vu la loi du 11 janvier 1984 modifiée portant disposition statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, notamment son article 34-2
Vu la loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012 et notamment l'article 105
Vu le décret n°85-899 du 21 août 1985 modifié relatif à la déconcentration de certaines opérations de gestion du personnel relevant du ministère de l'éducation nationale
Vu le décret n°2012-16 du 5 janvier 2012 relatif à l'organisation académique
Vu le décret 86-442 du 14 mars 1986 modifié relatif à la désignation de médecins agrées, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congé de maladie des fonctionnaires
Vu l'arrêté rectoral du 01/02 2012 portant délégation de signature au directeur académique des services de l'éducation nationale pour prononcer les décisions relatives à la gestion des instituteurs et des professeurs des écoles, vu la demande de l'intéressé en date de AAAA

Arrête

Article premier :
Trucmuche né le ...

Grade : BBBB
enseignant : CCCC
Affectation : .........

Est placé en congé du  05/1/2013 au 05/01/2013 (régularisation)

Le 1er jour de ce congé fait l'objet d'une retenue de sa rémunération au titre du jour de carence conformément à l'article de l'article 105 de la loi du 28 décembre 2011

Destinataire : intéressé, Dossier, ....

Voie et délais de recours :

10 lignes

Tampon reçu de l'adminitration

Le secrétaire général est chargé de l'exécution du présent arrêté

Signé : Pour le recteur et par délégation, le directeur académique de l'éducation nationale de CCCC
Tartenpion

Document de 2 pages reçu en 2 exemplaires : un pour l'intéressé et l'autre pour sa mutuelle.
2 agrafes (!)

OUF, N'EN JETEZ PLUS
Vivement la faillite, c'est la seule chose qui pourra simplifier tout ça !

mercredi 13 mars 2013

L'Allemagne triomphe !

A l'occasion de la présentation du projet de budget 2014 qui vise l'excédent, les ministres concernés du gouvernement allemand n'ont pas fait assaut de modestie, vantant un succès que le monde entier leur envie et renvoyant les pays européens en difficultés dans leurs murs et à leurs chères études (n'est-ce pas François Hollande ?).

Rentrant d'un week-end prolongé en Allemagne perturbé par la neige mais au cours duquel nous avons pu en quelques jours visiter Metz, Trèves et Sarrebruck ces paroles raisonnent encore plus fort et font échos à nos découvertes.

Metz : occupée entre 1871 et 1918 par l'empire allemand qui a laissé en cadeau une "superbe" gare teutonne unique dans son genre et quelques belles maisons d'art nouveau. Cadeaux impériaux qui n'ont bien évidemment pas réussi à s’attirer les bonnes grâces de la population à l'époque.

Sarrebruck : situation identique mais inversée pour Sarrebruck, ville qui a changé 5 fois de rattachement au cours du siècle dernier. Notre hôtel donnait face à l'Opéra, cadeau (empoisonné car coûteux) du Führer pour remercier la ville de son choix lors du référendum de 1935 ayant conduit au rattachement de la Sarre au Reich. En 1945, la France utilisera la carotte et non plus le bâton pour s'attirer les bonnes grâces des sarrois (autrement dit la politique du lard, pour signifier la priorité donnée dans l'approvisionnement de la population du Land notamment par rapport à la population française qui ne mangeait toujours pas à sa faim). Nous avons visité une magnifique exposition sur cette période : j'ai été stupéfait de lire que dès 1950 les sarrois faisaient de l'importation de contrebande des produits de consommation courante allemands, achetés en deutschemark alors qu'en Sarre le franc français avait cours officiel, car jugés de meilleur qualité. Quelques années plus tard, la Sarre rejoignait la jeune République Fédérale Allemande et disait au revoir à la France.

Aujourd'hui, il me semble qu'il n'y a pas de comparaison entre le développement de Metz et de Sarrebruck. Metz est une ville superbe (sa cathédrale surtout et son musée Beaubourg aussi) mais c'est Sarrebruck qui donne l'impression d'être une ville riche aujourd'hui. Pas Metz.

A Sarrebruck on peut également découvrir une exposition rassemblant 40 ans de dessins de Plantu sur la relation Franco-allemande avec des petits Mitterand, Chirac (même lui) et Sarkozy et des grands  Kohl, Schroder et Merkel. Très amusant ...pour le public allemand, sans doute.


Immodestes nos amis allemands ?certainement. 
Sauf quand ils visitent la cathédrale de Metz. Nous fûmes un grand peuple.

mercredi 27 février 2013

Le V day ?

Pour ceux de mes lecteurs qui connaissent mal l'Italie, rappelons que Beppe Grillo est l’initiateur des "V day", pour Va fan culo, littéralement allez vous faire foutre. Ces V day ont réuni pendant des années des millions de participants au total dans toute l'Italie, et encore tout récemment 500 000 personnes à Rome alors que Bersani réunissait 400 personnes dans un théatre. Certes, pour augmenter ses chances de succès, le mouvement s'est renommé "Mouvement 5 étoiles", mais avec un V d'une couleur différente comme pour en rappeler l'origine.

Aujourd'hui, le moVimento est le premier parti politique d'Italie (le PD et le PDL étant derrières). Bersani, dont la coalition est arrivée en tête de 125000 votants (0,3%) à la chambre des députés lui demande ce qu'il veut. Faire exploser le système ? Certains (Robeco ce matin sur BFM Business) pensent que le fait d'envoyer 160 députés et sénateurs vont le faire rentrer dans le système. Je ne le crois pas, c'est méconnaître le particularisme de la politique en Italie et la puissance des idées utopiques et romantiques - à l'extrême gauche comme à l'extrême droite - qui en font parfois un pays hors contrôle.

La vraie question est la suivante : ce succès incroyable d'un mouvement contestataire est-il un avatar strictement limité à l'Italie ou un fait prédictif d'une implosion de l'Europe. Personnellement, je penche plutôt pour la deuxième hypothèse : l'explosion du chômage dans les pays du Sud et en France amènera tôt ou tard au pouvoir un parti politique qui mettra en œuvre sa plate-forme électorale de sortie de l'Euro. Qui pourra alors s'opposer à un choix démocratique ? En attendant, regardons et apprécions cette expérience italienne qui n'a vraiment rien d'une Comedia dell arte.

lundi 18 février 2013

Revenir sur terre ...

L'abandon de l'objectif de déficit de 3% pour 2013 et les commentaires du gouvernement sur la nécessaire distinction entre déficit structurel et déficit conjoncturel pour relativiser le problème oblige à un certain nombre de remises en perspective.

D'abord, que signifie l'atteinte de l'objectif : un soulagement pour nos créanciers, certainement. Une solution aux problèmes de l'économie française ? certainement pas, il suffit d'ailleurs de regarder les chiffres dans un passé récent pour s'apercevoir qu'avant la crise de 2008, la France a eu pendant 4 ans un déficit moyen proche des 3% sans qu'on se souvienne de cette période positivement pour l'économie française. Autrement dit, même si on arrivait à cet objectif, on ressemblerait un peu au malade qui meurt guéri.

Avait-on une chance d'y arriver ? 2012 fut soi-disant une année de rigueur. Il est vraisemblable que le déficit dépassera les 4,5% annoncés (4,7 ?) soit une timide baisse de 0,5% sur l'année par rapport à 2011. Certes, les hausses d'impôts devraient avoir un effet plein sur 2013 mais il est possible que les rendements soient décevants vu le maintien d'un certain nombre de niches fiscales et de secteurs non taxés sur lesquels l'argent va certainement se ré-allouer. L'effort de rigueur des ministères sera difficile sans réduction du nombre et des salaires des fonctionnaires, il est d'ailleurs symptomatique que le débat sur le complément de rigueur se soit tout de suite arrêté au problème des allocations familiales, comme s'il n'y avait pas d'autres sujets. Un certain nombre de dépenses ont été engagées par ailleurs qui vont finir par peser. Enfin, le gouvernement prévoit une reprise de la croissance sur la fin 2013 mais quid de l'effet récessif des hausses d'impôts ? Au final, il ne me surprendrait pas que le déficit 2013 soit plus proche des 4% que des 3%, marquant à nouveau une amélioration timide (surtout par rapport aux effets d'annonce et aux hausses d'impôts).

Le vrai problème n'est pas là mais plutôt quel sera l'état de l'économie française fin 2013 ? C'est la question qui compte et qui déterminera l'attitude des marchés financiers sur l'évaluation de la dette française. Il est certain qu'une faiblesse relative durable serait de mauvais augure. A ce sujet, il faut s'arrêter un moment sur la dernière trouvaille de notre gouvernement, filou une fois de plus : la différence entre déficit structurel et conjoncturel. Le déficit structurel étant celui que nous aurions si la conjoncture était bonne (avec des si ....). François Hollande a provoqué une hilarité gênée en Inde quand il a "benoîtement" expliqué aux hommes d'affaires indiens qu'en France on lutte pour avoir une croissance qui ne soit pas en dessous de zéro ! Cela, c'est le structurel. Le conjoncturel, c'est si l'Inde descend en dessous de 5% et la Chine de 8%. Je crains que la subtilité de l'argument ne se retourne contre nous. En tout cas, cela me fait penser à la mauvaise foi que les cancres peuvent parfois déployer pour masquer leur manque de travail ....

"Wait and See" j'ai dit ?

vendredi 15 février 2013

Matrubhoomi, un monde sans femmes

Non, je ne commenterai pas le mauvais chiffre de la croissance en France : zéro en 2013 après -0,3% sur le 4ème trimestre. Disons simplement que ce n'est évidemment pas glorieux, c'est légèrement moins bien qu'attendu mais pas forcément pire que dans les autres pays d’Europe. En tout cas, cela n'affole pas encore les marchés financiers, de même que le report de l'objectif de réduction des déficits à 3% en 2013.

Wait and See !

En échos à mon dernier billet sur l'Inde, aujourd'hui d'actualité avec le voyage de François Hollande et la possible vente des Rafales à l'armée de l'air indienne, je termine un cycle sur le cinéma indien (qui ne se limite pas au seul "Bollywood") avec le film sorti en 2003 du réalisateur indien Manish Ja, intitulé : "Matrubhoomi, un monde sans femmes" (Matrubhoomi voulant dire la mère patrie). Ce film qui commence avec le rappel qu'il manque à l'Inde actuellement 35 millions de femmes, avortées ou tuées juste après la naissance, raconte le martyre d'une femme mariée contre de l'argent non pas à un seul homme mais à une famille de 5 garçons. Le film qui débute avec la noyade d'une petite fille dans une bassine de lait par son père (je pensais que c'était un baptême ...) tout en disant :"l'année prochaine, un garçon" se termine en bain de sang généralisé suite au meutre d'un intouchable du village par la belle-famille de la mariée, d'une classe supérieure, qui paradoxalement met fin à son supplice en tuant tous ses tourmenteurs.

Le film présente les hommes d'une façon tellement odieuses qu'on se dit que ce n'est pas possible, mais pourquoi un réalisateur indien caricaturerait-il la réalité ? Malheureusement, les statistiques et les informations apportées sur cette dramatique affaire de viol confirment cet état de violence permanente faite au femmes. La dernière polémique portant sur des examens barbares imposés aux victimes consistant à vérifier par le test dit des 2 doigts l'existence ou non de relations sexuelles régulières en dehors du viol ....

Sur l'autre sujet d'actualité : la vente des Rafales, là aussi le cinéma nous éclaire. Le film Line of Control relate la dernière guerre indo-pakistainaise dite des glaciers de Kargill. Environ mille morts de chaque coté, et aucun prisonnier. Quand on voit le film, on comprend pourquoi. La vente possible de nos Rafale en Inde fait naturellement l'objet de beaucoup de commentaires dans la presse indienne et sur les réseaux sociaux. Il en ressort, si l'on met de coté les doutes toujours possibles quant au choix : est-ce vraiment le meilleur avion ou le meilleur choix pour l'armée Indienne ?, avant tout l'extraordinaire sentiment d'insécurité des indiens coincés entre 2 voisins pakistanais et chinois vus comme belliqueux et dangereux. La question du prix de l'avion est souvent bottée en touche dans les réseaux sociaux, considérant qu'il en va de la survie de l'Inde d'avoir une armée de l'air capable de combattre sur 2 fronts. A ce sujet, les indiens n'oublient pas que lors de la guerre du Pakistan oriental qui vit la victoire de l'Inde, le Pakistan avait tenté une attaque aérienne massive et soudaine copiée sur les méthodes de l'armée de l'air israélienne qui échoua finalement mais qui laissa une peur rétrospective très forte en Inde. Nul doute que dans l'esprit des indiens, ces avions seront appelés à servir un jour.