lundi 17 avril 2017

Une analyse politique à J-6

L'élection présidentielle s'annonce incertaine. Selon les sondages, 4 candidats peuvent prétendre au 2ème tour.

Examinons la situation sous ses différents angles : au plan politique, d'abord : les candidats vont de l’extrême gauche à l'extrême droite en passant par le centre et la droite classique. Jusque là rien que de très banal, sauf que c'est la première fois que l'extrême gauche peut prétendre au 2 ème tour, que la gauche classique - le PS - est quasiment éliminée, que le centre (autrefois Bayrou) a sa chance et que la droite classique est si faible (les avanies personnelles de Fillon). Une chose est certaine, quelque soit le résultat de la présidentielle, les législatives s'annoncent aussi incertaines.

Sous l'angle de la personnalité des candidats, nous avons un tribun castriste (Jean-Luc Mélanchon) qui harangue des foules de plus en plus nombreuses (mais cela ne fait pas un résultat à la présidentielle). Un jeune homme bien sous tout rapport : Emmanuel Macron, qui s'excuse à tout bout de chant ("pardon de vous dire"). Une Marine Le Pen plus à l'aise en meeting qu'en débat (être femme en talon, c'est difficile ...). Un François Fillon provocateur et droit dans ses bottes(n'est-ce pas Juppé ?)

Au plan économique maintenant, angle non négligeable pour un pays surendetté et au bord du gouffre. Est-il nécessaire de perdre du temps à commenter le programme de Jean-Luc Mélanchon ? Les résultats de la désormais fameuse alliance bolivarienne se suffisent à eux-mêmes. Le programme de François Fillon est celui d'une droite classique tel qu'il a peut-être été tenté seulement par les premiers ministres Barre et Balladur, avec de bons résultats économiques mais sans suite. Les 2 programmes les plus intéressants à commenter me semble-t-il car incertains sont ceux de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Ce dernier va dans la mauvaise direction sur 3 points fondamentaux : la hausse de la CSG vs TVA, l'exonération de la taxe d'habitation et la nationalisation de l'Assedic. Une taxe et 2 nouvelles dépenses susceptibles de renforcer l’asphyxie de l'économie française. Quand au programme du Front National, il mélange le meilleur et le pire. Le pire, les dépenses sociales en hausse financées par le déficit, le meilleur le retour à la souveraineté nationale avant que nous soyons chassés de la zone euro par nos partenaires (le fameux "femmes et schnap" du ministre des finance néerlandais).




mercredi 22 mars 2017

La faute de Macron

Emmanuel Macron a récemment sorti de son chapeau une mesure totalement démagogique et inquiétante : l'exonération de la taxe d'habitation de 80% des contribuables (!). A elle seule, cette idée le discrédite au plan économique à moins qu'elle ne reflète sa vision ultime de la société française idéale : 20% des français payant pour les 80% restants.

D'abord, au plan politique, il faut convenir que si cela pouvait fonctionner, ce serait l'assurance d'être réélu ad vitam, car même si un certain pourcentage des 80% pouvait être déçus par d'autres aspects des programmes, on peut imaginer que le socle des satisfaits serait suffisant pour être toujours réélu.

Bien sûr, c'est une chimère, car cela ne peut pas fonctionner au plan économique. Il n'y a aucune raison que 20% de la population accepte de subventionner les 80% restants. Toutes les expériences entreprises ont montré que le niveau de production et de création de richesse baisse et que les stratégies d'échappement à l'impôt finissent par créer une telle pauvreté que le système meure de lui-même.

Parmi les expériences : l'Angleterre travailliste des années 70, l'Union soviétique et les pays de l'Est, Cuba ou le Venezuela. Dans tous ces pays, la production privée -étouffée sous les taxes où l’Étatisme - a tout simplement renoncé et il a fallu repartir à zéro.

Revenons à notre ami christique ("Emmanuel") : il a trouvé la pierre philosophale : commencer son quinquennat en réduisant les impôts de la moitié des français (en fait une partie des 80% est déjà exonéré mais ce n'est pas grave cela lui permet de faire du buzz ...). L’État compensera nous dit-il. L’État, ce sont les impôts des français de moins en moins nombreux qui en payent.

Comment cela sera-t-il compensé ? Par une forte hausse de la CSG. Entre la hausse de la dette et des taux d'intérêts, les nombreuses mini bombes à retardement laissé par Hollande, le début du quinquennat risquerait d'être vraiment difficile avec ce genre de mesure. Notons que lors du premier débat, les autres candidats - comme incrédules face à une telle proposition - n'ont curieusement fait aucune surenchère dans ce domaine.

En tout cas, cette sortie fiscale curieuse, dangereuse et emblématique confirme la dangerosité de confier le sort du pays à un jeune néophyte illuminé et impulsif comme Macron. Reste qui ?





mercredi 8 mars 2017

L'état de la France

Aux États-Unis, l'état de l'union est présenté chaque début d'année au Congrès par le Président.

Faisons le nôtre

Les indicateurs économiques sont tous au rouge : dette publique qui atteint 2200 milliards d'€, déficit commercial en janvier au plus haut historique à -8  milliards d'€. Déficit budgétaire (hors comptes spéciaux) en forte hausse en janvier sous le poids des dépenses de personnel (+3% !) et de la charge de la dette. La croissance 2016 est finalement nettement moindre que prévue et que l'an dernier, et plus faible que dans la moyenne de l'UE.

Le climat en banlieue est explosif : l'affaire Théo en étant la mèche allumée devant un baril de poudre. Un Lycée a failli être incendié avec ses élèves dedans par d'autres mineurs dont 8 viennent d'être déférés devant la justice.

L'agriculture française est aux abois, coincée entre l'embargo russe et la crise répétée de la grippe aviaire.

Les 3 candidats en tête des sondages sont éclaboussés par des scandales et compromissions qui dégoute une grosse partie des français. Les scandales touchant le candidat Macron, favori des médias, sont pour l'instant savamment occultés, mais jusqu’à quand ?

Si on continue comme ça, on n'aura même pas besoin de sortir de l'Euro pour être en faillite.

lundi 13 février 2017

La triple impasse

Il ne peut échapper à tout observateur lucide que la France est dans une triple impasse : économique, politique et sécuritaire.

Impasse économique d'abord : pas un indicateur qui ne soit en dégradation absolue ou relative (c'est à dire en comparaison de l'Allemagne, notre principal voisin et concurrent). Dettes, déficit budgétaire, déficit des régimes sociaux et du chômage, emploi et commerce extérieur. Sur tous ces plans, les résultats sont catastrophiques. Seule la faiblesse des taux d'intérêts nous permet de tenir, mais pour combien de temps. Un système ou tout passe par la case impôts et cotisations pour être déversé d'une façon égalitaire sur des gens qui ne travaillent pas ou en profitent ne fonctionne pas. Tous les pays qui ont essayé sont allés vers la faillite.

Impasse politique ensuite : l'affaire Fillon achève de jeter le discrédit sur la classe politique française. Des indicateurs simple comme l'évolution des budgets de l'Assemblée Nationale et du Sénat depuis 40 ans sont édifiants : les hommes politiques se sont servis et plus les résultats - droite et gauche confondue - étaient médiocres, plus ils s'augmentaient.

Impasse sécuritaire enfin : on voit l'état de nos banlieues. Sur ce plan, j'aurai une simple suggestion : qu'on arrête de faire semblant. Les contrôles d'identités - impossibles en Grande-Bretagne puisque la carte d'identité n'existe pas - doivent être supprimés : seules les arrestations pour flagrance doivent être autorisées. Le canabis doit être légalisé et encadré comme aux Pays-Bas, pays où on peut d'ailleurs choisir - à ses risques et périls - de conduire un scooter sans casque.

Depuis plus de 40 ans - je situerai avec Giscard - les hommes politiques veulent se mêler de tout. Le problème étant qu'en confondant les causes et les conséquences, à chaque fois qu'ils s'attaquent à un problème ils ne font que l'aggraver. En ce sens - et sans que j'en sois aucunement un partisan - l'idée d'Emmanuel Macron de refuser d'avoir un programme est plutôt novatrice. Problème, c'était une bonne idée il y a 40 ans. Aujourd'hui que nous sommes dans l'impasse, il faudrait peut-être essayer d'en sortir

jeudi 2 février 2017

L'affaire Fillon

Pitoyables avait dit Clinton des électeurs tentés par le vote Trump alors qu'elle était elle-même empêtrée dans de nombreux scandales d'état, on connait le résultat

L'affaire Fillon est à la fois caricaturale et emblématique. L'anathème contre les médias et la gauche est également lancé (les électeurs sont quand même épargnés).

Bien sûr, dans quelques jours, quelques semaines, ou un mois ou deux, François Fillon renoncera à la course présidentielle. Plus tard cela se produira, moins la droite classique aura de chance de le remplacer avec succès.

L'affaire est caricaturale : une personne qui clame partout qu'elle est sans activité aura finalement été payée plus en 10 ans d'inactivité qu'un salarié moyen dans toute sa carrière (2000 € net par mois x 12 x 35 ans = 840 000€). L'absence de transparence se transforme en mensonge familial répété et multiple. Dans beaucoup de pays, ce seul fait vaudrait exclusion immédiate et définitive de la vie publique. Pas en France !

L'affaire est également emblématique, et c'est là qu'elle devient intéressante.

Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs facteurs, d'abord, depuis 40 ans les élus n'ont cessé de se servir : à ce titre, l'analyse des budgets du Sénat et de l'Assemblée Nationale est édifiante. Ce sont de véritables explosions de dépenses. Il est certain que dans ce contexte, on s'habitue à tout.

La jalousie ensuite : beaucoup d'énarques ont des amis qui sont allés dans le privé et "gagnent dix fois plus". Dans ce contexte, on n'en n'a jamais assez. 10 000€ par mois pour quelqu'un sans expérience et qui ne maîtrise même pas le français ne semble pas poser de problème.

Le sentiment d'impunité ensuite : les lois limitant le népotisme sont rares, il n'est pas interdit d'employer des membres de sa famille. Ce que beaucoup de mairie font à petite dose, les députés et sénateurs le pratiquent à haute dose.

Heureusement, il y a encore des journalistes pour sortir ses affaires que les électeurs supportent de moins en moins. A l'inverse, je ne serais pas fier d'avoir signé la tribune du Figaro de ce jour, qui n'honore pas non plus le journal. Gageons que dans peu de temps certains signataires se mordront les doigts d'avoir pris cette initiative. En tout cas, l'histoire des élections présidentielles nous apprend que s'il y a parfois des remontés tardives dans les sondages, les chutes sont toujours irrémédiables et se prolongent dans le temps jusqu'à l'élection.

François Fillon n'a plus aucune chance de gagner l'élection, tant sa chute dans les sondages depuis 2 mois est prononcée. Puisse son affaire permettre de faire progresser la loi et la pratique de l'assistance parlementaire, comme l'affaire Cahuzac avait fait progresser la loi sur la transparence financière des politiques.


mercredi 12 octobre 2016

Pitoyables !

Pitoyables ! C'était le jugement sans appel de Hillary Clinton sur les électeurs de Donald Trump.

Bien sûr, elle pouvait rajouter les vantardises sexistes de Trump dans le lot (Kennedy faisait la même chose avec des starlettes, mais à l'époque les enregistreurs vidéo étaient plus gros et donc plus difficile à utiliser en cachette ...). Et elle aussi, entre l'abandon de l'ambassadeur américain en Libye tué par Daech, les milliers d'e-mail confidentiels échangés sur sa messagerie privée et les mails actuellement sortis par Wikileaks qui achèvent de dresser un portrait particulièrement cynique de la dame ("j'ai 2 avis, un pour le public et un pour Wall Street", entre autre ...). Le pauvre Bernie (Sanders) doit se retourner dans sa tombe (politique).

Assez parlé de nos amis américains. Et nos pitoyables à nous ? Remontons un peu l'histoire et dressons notre Nobel des pitoyables.

Commençons par Giscard et Chirac dont les comportements et combats d'égo ont amené Mitterrand au pouvoir en 81. Ensuite, ce dernier qui baisse l'âge de la retraite et démarre une longue période de démagogie consistant à distribuer de l'argent qu'on n'a pas (mais il se reprendra un peu avec la "rigueur" et le maintien dans l'Europe). Plus près de nous, Jospin et sa dame Aubry avec les 35 heures comme cadeau de noce aux allemands pour fêter l'euro (ils en ont bien profité les bougres), et tout près Hollande avec sa fausse rigueur (surtout que je t'augmente les impôts et les dépenses).

Ah ils sont beaux nos pitoyables, et ils nous coûtent cher en plus même quand ils ont fini de sévir (merci quand même à Hollande qui dans un éclair de clairvoyance en a réduit le coût juste avant de quitte la scène).


vendredi 19 août 2016

Pas de bol !

J'ai pas eu de bol ....

J'ai augmenté les impôts et ça a pesé sur la croissance.

J'ai multiplié les lois anti-entreprises et le chômage a augmenté

J'ai ciblé les classes moyennes par les impôts et la mise sous condition de revenus des allocations familiales et je les ai découragé

J'ai fait arrêté le programme de construction de prisons et nommé ministre de la justice une femme politique révolutionnaire anti répression et j'ai vu exploser la délinquance

J'ai repris les recrutements de fonctionnaires, repris les augmentations générales des fonctionnaires et vu les dépenses de personnel ré-augmenter

J'ai décrété la formation de masse de 700 000 chômeurs pour faire baisser artificiellement le chômage mais je n'avais pas imaginé que les chômeurs seraient attentifs à la qualité de la formation proposée et que cela prendrait autant de temps à mettre en œuvre

Ma ministre de la santé a décrété la CMU pour de plus en plus, la nationalisation de la médecine libérale et l'explosion du reste à charge en limitant les remboursements des mutuelles pour les cochons de payants

J'ai décrété la guerre totale à Daesh sans prendre aucune mesure de protection de la population et je m'étonne de la multiplication des attentats sur le sol français qui fait fuir les touristes. Je n'ose même plus organiser les hommages nationaux qui me remontaient le moral.

J'ai pas eu de bol avec le climat : inondations terribles et récoltes de blé en baisse historique. Cela n'arrange pas l'affaire de mes paysans que j'avais déjà ruiné avec l'embargo russe.

J'ai pas eu de bol, je me suis fait piqué à ma première escapade incognito en scooter pour aller voir ma douce Julie.

Qu'est ce que j'ai fait au bon dieu ? Ah, le mariage pour tous, oui c'est vrai mais c'est y a si longtemps. Et puis je suis quand même retourné voir le Pape depuis !

Pas de bol que ça s'arrête, la place était quand même pas mauvaise. Oui, j'ai pris du poids c'est vrai. Faudra que je le perde.