samedi 6 avril 2013

Le choc de la simplification



Arrêt maladie d'une journée d'un enseignant de l'éducation nationale :

Ministère de l'éducation nationale
Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

Objet : octroi de congé maladie

Académie : XXXX

DSDEN de YYYY
DID - Gestion individuelle

Programme ; 0140 Enseignement scolaire public du 1er degré

IEN ZZZZZ

Le recteur de l'académie de WWWWW,

Vu la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires,
Vu la loi du 11 janvier 1984 modifiée portant disposition statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, notamment son article 34-2
Vu la loi n° 2011-1977 du 28 décembre 2011 de finances pour 2012 et notamment l'article 105
Vu le décret n°85-899 du 21 août 1985 modifié relatif à la déconcentration de certaines opérations de gestion du personnel relevant du ministère de l'éducation nationale
Vu le décret n°2012-16 du 5 janvier 2012 relatif à l'organisation académique
Vu le décret 86-442 du 14 mars 1986 modifié relatif à la désignation de médecins agrées, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congé de maladie des fonctionnaires
Vu l'arrêté rectoral du 01/02 2012 portant délégation de signature au directeur académique des services de l'éducation nationale pour prononcer les décisions relatives à la gestion des instituteurs et des professeurs des écoles, vu la demande de l'intéressé en date de AAAA

Arrête

Article premier :
Trucmuche né le ...

Grade : BBBB
enseignant : CCCC
Affectation : .........

Est placé en congé du  05/1/2013 au 05/01/2013 (régularisation)

Le 1er jour de ce congé fait l'objet d'une retenue de sa rémunération au titre du jour de carence conformément à l'article de l'article 105 de la loi du 28 décembre 2011

Destinataire : intéressé, Dossier, ....

Voie et délais de recours :

10 lignes

Tampon reçu de l'adminitration

Le secrétaire général est chargé de l'exécution du présent arrêté

Signé : Pour le recteur et par délégation, le directeur académique de l'éducation nationale de CCCC
Tartenpion

Document de 2 pages reçu en 2 exemplaires : un pour l'intéressé et l'autre pour sa mutuelle.
2 agrafes (!)

OUF, N'EN JETEZ PLUS
Vivement la faillite, c'est la seule chose qui pourra simplifier tout ça !

mercredi 13 mars 2013

L'Allemagne triomphe !

A l'occasion de la présentation du projet de budget 2014 qui vise l'excédent, les ministres concernés du gouvernement allemand n'ont pas fait assaut de modestie, vantant un succès que le monde entier leur envie et renvoyant les pays européens en difficultés dans leurs murs et à leurs chères études (n'est-ce pas François Hollande ?).

Rentrant d'un week-end prolongé en Allemagne perturbé par la neige mais au cours duquel nous avons pu en quelques jours visiter Metz, Trèves et Sarrebruck ces paroles raisonnent encore plus fort et font échos à nos découvertes.

Metz : occupée entre 1871 et 1918 par l'empire allemand qui a laissé en cadeau une "superbe" gare teutonne unique dans son genre et quelques belles maisons d'art nouveau. Cadeaux impériaux qui n'ont bien évidemment pas réussi à s’attirer les bonnes grâces de la population à l'époque.

Sarrebruck : situation identique mais inversée pour Sarrebruck, ville qui a changé 5 fois de rattachement au cours du siècle dernier. Notre hôtel donnait face à l'Opéra, cadeau (empoisonné car coûteux) du Führer pour remercier la ville de son choix lors du référendum de 1935 ayant conduit au rattachement de la Sarre au Reich. En 1945, la France utilisera la carotte et non plus le bâton pour s'attirer les bonnes grâces des sarrois (autrement dit la politique du lard, pour signifier la priorité donnée dans l'approvisionnement de la population du Land notamment par rapport à la population française qui ne mangeait toujours pas à sa faim). Nous avons visité une magnifique exposition sur cette période : j'ai été stupéfait de lire que dès 1950 les sarrois faisaient de l'importation de contrebande des produits de consommation courante allemands, achetés en deutschemark alors qu'en Sarre le franc français avait cours officiel, car jugés de meilleur qualité. Quelques années plus tard, la Sarre rejoignait la jeune République Fédérale Allemande et disait au revoir à la France.

Aujourd'hui, il me semble qu'il n'y a pas de comparaison entre le développement de Metz et de Sarrebruck. Metz est une ville superbe (sa cathédrale surtout et son musée Beaubourg aussi) mais c'est Sarrebruck qui donne l'impression d'être une ville riche aujourd'hui. Pas Metz.

A Sarrebruck on peut également découvrir une exposition rassemblant 40 ans de dessins de Plantu sur la relation Franco-allemande avec des petits Mitterand, Chirac (même lui) et Sarkozy et des grands  Kohl, Schroder et Merkel. Très amusant ...pour le public allemand, sans doute.


Immodestes nos amis allemands ?certainement. 
Sauf quand ils visitent la cathédrale de Metz. Nous fûmes un grand peuple.

mercredi 27 février 2013

Le V day ?

Pour ceux de mes lecteurs qui connaissent mal l'Italie, rappelons que Beppe Grillo est l’initiateur des "V day", pour Va fan culo, littéralement allez vous faire foutre. Ces V day ont réuni pendant des années des millions de participants au total dans toute l'Italie, et encore tout récemment 500 000 personnes à Rome alors que Bersani réunissait 400 personnes dans un théatre. Certes, pour augmenter ses chances de succès, le mouvement s'est renommé "Mouvement 5 étoiles", mais avec un V d'une couleur différente comme pour en rappeler l'origine.

Aujourd'hui, le moVimento est le premier parti politique d'Italie (le PD et le PDL étant derrières). Bersani, dont la coalition est arrivée en tête de 125000 votants (0,3%) à la chambre des députés lui demande ce qu'il veut. Faire exploser le système ? Certains (Robeco ce matin sur BFM Business) pensent que le fait d'envoyer 160 députés et sénateurs vont le faire rentrer dans le système. Je ne le crois pas, c'est méconnaître le particularisme de la politique en Italie et la puissance des idées utopiques et romantiques - à l'extrême gauche comme à l'extrême droite - qui en font parfois un pays hors contrôle.

La vraie question est la suivante : ce succès incroyable d'un mouvement contestataire est-il un avatar strictement limité à l'Italie ou un fait prédictif d'une implosion de l'Europe. Personnellement, je penche plutôt pour la deuxième hypothèse : l'explosion du chômage dans les pays du Sud et en France amènera tôt ou tard au pouvoir un parti politique qui mettra en œuvre sa plate-forme électorale de sortie de l'Euro. Qui pourra alors s'opposer à un choix démocratique ? En attendant, regardons et apprécions cette expérience italienne qui n'a vraiment rien d'une Comedia dell arte.

lundi 18 février 2013

Revenir sur terre ...

L'abandon de l'objectif de déficit de 3% pour 2013 et les commentaires du gouvernement sur la nécessaire distinction entre déficit structurel et déficit conjoncturel pour relativiser le problème oblige à un certain nombre de remises en perspective.

D'abord, que signifie l'atteinte de l'objectif : un soulagement pour nos créanciers, certainement. Une solution aux problèmes de l'économie française ? certainement pas, il suffit d'ailleurs de regarder les chiffres dans un passé récent pour s'apercevoir qu'avant la crise de 2008, la France a eu pendant 4 ans un déficit moyen proche des 3% sans qu'on se souvienne de cette période positivement pour l'économie française. Autrement dit, même si on arrivait à cet objectif, on ressemblerait un peu au malade qui meurt guéri.

Avait-on une chance d'y arriver ? 2012 fut soi-disant une année de rigueur. Il est vraisemblable que le déficit dépassera les 4,5% annoncés (4,7 ?) soit une timide baisse de 0,5% sur l'année par rapport à 2011. Certes, les hausses d'impôts devraient avoir un effet plein sur 2013 mais il est possible que les rendements soient décevants vu le maintien d'un certain nombre de niches fiscales et de secteurs non taxés sur lesquels l'argent va certainement se ré-allouer. L'effort de rigueur des ministères sera difficile sans réduction du nombre et des salaires des fonctionnaires, il est d'ailleurs symptomatique que le débat sur le complément de rigueur se soit tout de suite arrêté au problème des allocations familiales, comme s'il n'y avait pas d'autres sujets. Un certain nombre de dépenses ont été engagées par ailleurs qui vont finir par peser. Enfin, le gouvernement prévoit une reprise de la croissance sur la fin 2013 mais quid de l'effet récessif des hausses d'impôts ? Au final, il ne me surprendrait pas que le déficit 2013 soit plus proche des 4% que des 3%, marquant à nouveau une amélioration timide (surtout par rapport aux effets d'annonce et aux hausses d'impôts).

Le vrai problème n'est pas là mais plutôt quel sera l'état de l'économie française fin 2013 ? C'est la question qui compte et qui déterminera l'attitude des marchés financiers sur l'évaluation de la dette française. Il est certain qu'une faiblesse relative durable serait de mauvais augure. A ce sujet, il faut s'arrêter un moment sur la dernière trouvaille de notre gouvernement, filou une fois de plus : la différence entre déficit structurel et conjoncturel. Le déficit structurel étant celui que nous aurions si la conjoncture était bonne (avec des si ....). François Hollande a provoqué une hilarité gênée en Inde quand il a "benoîtement" expliqué aux hommes d'affaires indiens qu'en France on lutte pour avoir une croissance qui ne soit pas en dessous de zéro ! Cela, c'est le structurel. Le conjoncturel, c'est si l'Inde descend en dessous de 5% et la Chine de 8%. Je crains que la subtilité de l'argument ne se retourne contre nous. En tout cas, cela me fait penser à la mauvaise foi que les cancres peuvent parfois déployer pour masquer leur manque de travail ....

"Wait and See" j'ai dit ?

vendredi 15 février 2013

Matrubhoomi, un monde sans femmes

Non, je ne commenterai pas le mauvais chiffre de la croissance en France : zéro en 2013 après -0,3% sur le 4ème trimestre. Disons simplement que ce n'est évidemment pas glorieux, c'est légèrement moins bien qu'attendu mais pas forcément pire que dans les autres pays d’Europe. En tout cas, cela n'affole pas encore les marchés financiers, de même que le report de l'objectif de réduction des déficits à 3% en 2013.

Wait and See !

En échos à mon dernier billet sur l'Inde, aujourd'hui d'actualité avec le voyage de François Hollande et la possible vente des Rafales à l'armée de l'air indienne, je termine un cycle sur le cinéma indien (qui ne se limite pas au seul "Bollywood") avec le film sorti en 2003 du réalisateur indien Manish Ja, intitulé : "Matrubhoomi, un monde sans femmes" (Matrubhoomi voulant dire la mère patrie). Ce film qui commence avec le rappel qu'il manque à l'Inde actuellement 35 millions de femmes, avortées ou tuées juste après la naissance, raconte le martyre d'une femme mariée contre de l'argent non pas à un seul homme mais à une famille de 5 garçons. Le film qui débute avec la noyade d'une petite fille dans une bassine de lait par son père (je pensais que c'était un baptême ...) tout en disant :"l'année prochaine, un garçon" se termine en bain de sang généralisé suite au meutre d'un intouchable du village par la belle-famille de la mariée, d'une classe supérieure, qui paradoxalement met fin à son supplice en tuant tous ses tourmenteurs.

Le film présente les hommes d'une façon tellement odieuses qu'on se dit que ce n'est pas possible, mais pourquoi un réalisateur indien caricaturerait-il la réalité ? Malheureusement, les statistiques et les informations apportées sur cette dramatique affaire de viol confirment cet état de violence permanente faite au femmes. La dernière polémique portant sur des examens barbares imposés aux victimes consistant à vérifier par le test dit des 2 doigts l'existence ou non de relations sexuelles régulières en dehors du viol ....

Sur l'autre sujet d'actualité : la vente des Rafales, là aussi le cinéma nous éclaire. Le film Line of Control relate la dernière guerre indo-pakistainaise dite des glaciers de Kargill. Environ mille morts de chaque coté, et aucun prisonnier. Quand on voit le film, on comprend pourquoi. La vente possible de nos Rafale en Inde fait naturellement l'objet de beaucoup de commentaires dans la presse indienne et sur les réseaux sociaux. Il en ressort, si l'on met de coté les doutes toujours possibles quant au choix : est-ce vraiment le meilleur avion ou le meilleur choix pour l'armée Indienne ?, avant tout l'extraordinaire sentiment d'insécurité des indiens coincés entre 2 voisins pakistanais et chinois vus comme belliqueux et dangereux. La question du prix de l'avion est souvent bottée en touche dans les réseaux sociaux, considérant qu'il en va de la survie de l'Inde d'avoir une armée de l'air capable de combattre sur 2 fronts. A ce sujet, les indiens n'oublient pas que lors de la guerre du Pakistan oriental qui vit la victoire de l'Inde, le Pakistan avait tenté une attaque aérienne massive et soudaine copiée sur les méthodes de l'armée de l'air israélienne qui échoua finalement mais qui laissa une peur rétrospective très forte en Inde. Nul doute que dans l'esprit des indiens, ces avions seront appelés à servir un jour.



dimanche 6 janvier 2013

Comprendre l'Inde ?

La violence et l'étendue des manifestations d'indignation en Inde suite au martyre de la jeune indienne dont le père à révélé ce jour le nom à la presse britannique peut surprendre celui qui ne connait pas bien l'Inde : manifestations violentes contre la corruption du système ayant causé la mort de plusieurs manifestants et policiers, appels au boycott du défilé militaire du jour de la république (l'équivalent de notre 14 juillet) et à une justice expéditive, sans parler de multiples avatars comme l'obligation faite aux jeunes écolières de Pondichéry de se survêtir en pleine chaleur (plus de 30 degrés) pour éviter les provocations ...

L'Inde est la plus grande démocratie au monde avec des problèmes de violence méconnues du grand public : la guerre et la guérilla sont omniprésents dans une bonne partie de son territoire : au Cachemire d'abord où les populations musulmanes ont chassé les populations hindoues ("pandits") dans la fin des années 2000, ce qui en fait le plus grand exil interne à un pays de ces dernières années (350 000 personnes vivent actuellement dans des camps de réfugiés). Résultat : une farouche répression de l'armée indienne contre ses populations musulmanes et un terrorisme qui n'en finit pas. Moins connu encore, l'Inde abrite les guérillas maoïstes les plus importantes au monde avec des territoires au nord-est totalement hors contrôle (récemment des touristes italiens s'y étaient fait enlevés pour avoir photographié des autochtones).

Le cinema de Bollywood est imprégné de cette violence : guerre, terrorisme, guérillas et bandits de tous genres sont filmés avec une violence et une actualité sans pareil dans le cinéma occidental, puisque actuels et réels.

Les 2 autres plaies de l'Inde qu'a fait dramatiquement ressortir ce fait divers sont les violences aux femmes et la corruption, toutes deux massives et institutionnalisées. Violences au femme d'abord : cela commence par la sélection du sexe avant la naissance totalement prohibée par la loi mais généralisée (les cliniques détectent le sexe à 10 semaines et pratiquent l'avortement si c'est une fille), les mariages arrangés, la vie difficile des jeunes filles dans les campagnes, l’extrême occurrence des viols et la honte portée tant sur la victime que sur sa famille, qui font que souvent la mort ou le mariage avec le violeur sont les seules solutions.

Corruption massive qui font que la police est souvent le premier violeur ou a tout le moins un témoin passif. Ainsi à Delhi l'an passé sur 600 procès pour viols, une seule condamnation avait pu être prononcée. Dans le film "qui a tué Jessica ?" Bollywood s'était emparé d'un fait divers où un fils de notable avait froidement abattu une jeune serveuse dans une boîte de nuit parce qu’elle lui refusait une consommation. Il avait fallu des années de détermination à une journaliste pour relancer l'affaire et obtenir la condamnation du tueur qui avait réussi à obtenir un non lieu en achetant tous les témoins.

Une des armes de la justice est la requête de l'anonymat : ainsi, et on se demande pourquoi dans ce cas précis, la justice indienne a requis l'anonymat pour la victime dans ce cas, si ce n'est pour lui nier justement son statut de victime tant il est vrai que morte elle leur fait aujourd'hui un tort considérable (elle est morte loin de son pays à Singapour, et la cérémonie de crémation a été expédiée mais cela n'a pas suffit pour la faire oublier). Ainsi, il faudra voir avec quelle rapidité le gouvernement indien accédera à la requête du père de la victime de rendre public son nom. Il est assez étonnant de constater qu'à l'ère d'internet un gouvernement démocratique arrive à imposer un silence à une population d'un milliard d'habitant par la menace d'un article de loi qui prévoit 2 ans de prison ferme pour quiconque dévoilera le nom d'une victime dont la justice a demandé l'anonymat.

Le mauvais traitement réservé par la police et les autorités aux victimes est sans doute lui aussi révélateur d'une réalité qui saute aux yeux des manifestants et qui s'ajoutant à la longue liste de la corruption générale de la classe politique en Inde, est en quelque sorte la goutte qui fait déborder le vase.

Cet horrible fait divers n'a pas fini de secouer et de faire bouger l'Inde. Souhaitons pour les femmes en Inde et pour l'Inde en général qui est un grand et un beau pays que le martyre de Jyoti Sing Pandey n'ait pas été vain. 


lundi 31 décembre 2012

Voeux 2013

Je présente mes meilleurs vœux à mes lecteurs pour l'année 2013 : santé et bonheur pour vous-mêmes et pour vos proches.

Question prospérité, l'année 2013 sera, c'est mon pronostic, l'année de la vérité pour la France.

Alors que l'Allemagne poursuit la même politique (traiter les problèmes sous l'angle de l’efficacité économique), que le Japon relance la machine économique avec la baisse du yen, que les États-Unis (divisés certes) n'envisagent des hausses d'impôts qu'avec extrême précaution afin de ne pas casser la croissance, notre gouvernement de tartarins continue dans sa lancée de l'imposition tous azimuts et de l'instabilité fiscale permanente. A ce titre, les propos du rapporteur de la commission des finances de l'Assemblée Nationale, Christian Eckert, à propos de la censure (toute relative) du conseil constitutionnel est un avertissement sans frais à tous ceux qui oseraient continuer à investir et prosperer en France. Il faudra rendre gorge d'une façon ou d'une autre, et même si vous quittez le pays (là c'est du rêve mais qui en dit long à la fois sur l'inculture économique, fiscale et générale de ces fonctionnaires de la politique) !

Jamais un gouvernement n'a autant alourdi les impôts sur l'épargne, sur le patrimoine et sur les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales ....). Le travail enfin a été mis également à forte contribution (taxes sur l'épargne salariale et les heures supplémentaires), tant il est vrai qu'être aujourd'hui épargnant, possesseur d'un patrimoine et/ou salarié est un privilège dans ce pays.

La recherche des économies nécessaires pour financer le crédit impôt compétitivité (dont je ne crois pas qu'il aura un quelconque impact positif dans un environnement si sombre, et notamment de remontée de l'euro) accentuera sans doute encore si on en croit les premières fuites (soumettre les allocations familiales à plafond de ressources) le caractère redistributif fou du système français puisque rappelons quand même en ce qui concerne les allocations familiales que ce sont tous les travailleurs (salariés ou indépendants) qui les financent par leurs cotisations (dites à tort patronales mais pesant sur le coût du travail et étant donc une charge pour les salariés).

Donc, pour résumer, je pense que la France va souffrir en 2013 de 2 conséquences de sa politique économique : d'une part sa symphonie cacophonique sur l'épargne et le patrimoine va se traduire par des baisses de recettes fiscales (au contraire de ce qu'attend le gouvernement, et la baisse des transactions immobilières est un premier signal) et d'autre part le coup d'accélérateur à cette machine à shadocks qu'est devenue le système de redistribution français qui fait qu'un instituteur gagne 1600 € nets par mois mais coûte en charges sociales 2000€, ce qui correspond au RSA+allocations familiales d'un couple sans emplois et avec 3 enfants, ce qui est loin d'être une exception chez nous (et qu'on ne parle ni droit à la retraite : c'est une fiction à moyen terme ni de droit à la santé puisque tous y on droit avec la CMU). Et de cette machine folle ne peut sortir au mieux qu'une croissance zéro.

Alors, avec des recettes fiscales bien loin de son budget, le gouvernement devra chanter aux marchés la petite musique bien connue (au choix : c'est la faute à pas de chance, à l'Allemagne ou à que sais-je). La aussi, je fais le pronostic que les marchés se rendront compte que ce qu'ils prenaient pour un atout : notre merveilleuse administration fiscale connue pour sa capacité à lever les taxes, n'en peut mais. Le roi est nu.

Seule la forte pression des marchés financiers sera capable de faire comprendre au gouvernement qu'on ne peut pas vouloir aider les entreprises tout en tapant sur les entrepreneurs et en gaspillant de l'argent qu'on n'a pas pour acheter une paix sociale. Je forme donc le vœux que celle-ci arrive le plus vite possible.